SUR LES OBJETS TROUVÉS DANS LES CATACOMBES
faits les plus honorables à la mémoire du célèbre académicien, dont elle atteste la droiture
et l'amour pour la vérité !
« Mon RÉv
ÉREND PÈRE,
« Je viens de recevoir d’une main amie votre dissertation d'archéologie chrétienne
publiée à l’occasion de la dé
‘ouverte du corps de saint Sabinianus , martyr, et je ne puis m'empêcher de vous faire part de l'intérêt avec lequel j'ai lu cette nouvelle production de
votre plume savante, J'ai d’ailleurs un autre motif pour vous faire cette communication ,
qui vous paraîtrait peut-être indiscrète, si elle n’avait pour objet que de donner des élos
à votre travail : c’est l'occasion toute naturelle qu’elle me fournit de réparer une faute que
j'ai commise, et que vous avez justement relevée. Il s'agit du vase de verre, en forme de
dans les Catacombes
lacrymatoire scellé à l'extrémité de la niche sépulcrale, et regarde
chrétiennes comme un signe indubitable du martyre. En contestant ce point
d'archéologie chrétienne, je n'avais pas suffisamment, j'en fais l'aveu sans la moindre peine, pesé les circonstances qui accompagnent ordinairement l'insertion du vase en question , et qui ne peuvent pas ne point se rapporter à une tout autre intention que celle des vases à parfums déposés dans le sein de la tombe, conséquemment dans l'intérieur de la niche, loculus. Cette distinction seule, appréciée comme elle devait l'être, eût sufli pour prévenir la méprise où je suis tombé; et les témoignages de l'histoire ecclésiastique, sur
ir tous les moyens qui étaient en leur pouvoir, le sang
l'usage des fidèles de recueillir, F
des martyrs, ces témoi
gnages auxquels vous avez ajouté des citations nouvelles tout aussi dignes de foi, auraient dû dissiper entièrement mes doutes. Maintenant, mon révérend Père, il ne subsiste plus, après vous avoir lu, aucun de ces doutes dans mon esprit; l'assentiment que je donne à vos idées est complet et sans réserve, et c’est surtout pour vous adresser cet aveu et celte réparation de ma faute, que j'ai pris la plume, encore
plus que ‘pour vous procurer la vaine satisfaction de louer le savoir et la sagacité qui
règnent dans toute votre dissertation. Après cette déclaration, qui est assurément bien spontanée de ma part, bien que, d'après quelques mots où j'ai cru me reconnaître
page 12, elle fût en quelque sorte devenue nécessaire, vous me permettrez, mon révérend
Père, de vous dire que j'avais déjà retiré une opinion qui m'avait loujours laissé de
nale de
grands scrupules; car voici comment je m'exprimais, page 255 de l'édition oris
mon Tableau des Catacombes publié à Paris en 1837 : « Les vases de verres peints sont au premier rang des objets d'antiquité chrétienne qu'on a recueillis dans les Catacombes. Sans parler de ceux de la forme dite vulgairement lacrymatoire, qui servirent, dans l'opinion commune des antiquaires romains, à recueillir le sang des martyrs, et qui ont acquis à ce titre, sous le nom d'ampolla di sangue, une si grande importance religieuse, il en est d’autres, etc. » J'énonçais ainsi, sans le contester, l'usage auquel on est convenu de rapporter les vases dont il s'agit, et par ce motif je m'abstenais d'en parler comme des autres objets d'antiquité chrétienne dérivés plus ou moins directement d'une
coutume profane, avec lesquels l'ampolla di sangue, comme objet essentiellement sacré ,
— Voyez aussi Cavedoni, Ragguaglio critic
1 Cette lettre a été insérée dans l'Univers, et dans les Annal. delle sciense relig., vol. XII, | dei monum del
art. crist. primit,,
XATIONS GÉNÉRALES