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Nous publions ce verre d'ap

DE ROME

Saint Pierre est à la droite de la vierge, et saint Paul à sa gauche. Sainte Agnès est revêtue de riches draperies #; un voile couvre sa tête. Dans le champ, entre les personnages, se voient des flammes figurées d'une manière très-imparfaite. Cette héroïque vierge est debout et les bras étendus. En la représentant ainsi, les artistes se sont conformés à la tradition, qui nous la

montre dans celte attitude, lorsqu'elle fut exposée à l'épreuve

du feu : Tendere Christo inter ignes manus, alque in ipsis sacrile-

gis focis trophœum Domini signare victoris5. Le signe 1 se voit

sur les vêtements des trois personnages. Le médaillon est richement orné,

N° 115. Notre-Seigneur entre saint Pierre et saint Paul Nous publions ce verre d’après Boldettif. On ne lit que les noms PETRYS PAVUVS. La tête de Notre-Seigneur est seule nimbée. IL paraît s’entretenir avec les deux apôtres, qui tournent

vers lui leurs regards

éclairent le sujet de nos labeurs; sans donte, nous avons cité avec reconnaissance, non-seulement les écrivains anciens dont

la renommée est européenne, les Bosio, les Aringhi; mais les

teurs plus modernes et non moins célèbres :

»s Fabretti, les Buonarruoti, les Boldetti, les Lupi, les Bottari, les Maran-

goni, les Ciampini, les Mamachi, les Pelliccia, les d’Agin-

cou

t, etc.; et enfin les contemporains illustres qui méritent ï noblement de l'Église et des lettres, et dont nous saluons vec bonheur les travaux et les découvertes : les Marchi, les

de Rossi, les Visconti, les Ge 1, les Raoul-Rochette, Leurs

noms, figurant à chacune de nos f Mais, nou

n'avons

s, Sont nos garants.

clarons, simple artiste, simple architecte, nous

1 prétendre à donner des exposés scientifiques et à

tirer des conclusions d'histoire ou d’érudition, et nous recon-

naissons volontiers qu'il a pu et dû nous échapper bien des lacunes, bien des imperfections, bien des interprétations incomplètes ou insuflisantes.

De même aussi, nous nous empressons de déclar

dans toutes nos récialions, nous avons voulu rester ferme-

ment soumis à l’enseignement infaillible de l'Église, rétractant par avance et solennellement toute parole qui aurait pu nous

ont celte sainte Église a le dépôt. Nous n'avons voulu

er et qui s’éloignerait en quoi que ce soit des doctrines qu'ajouter une page à l’histoire de l’art chrétien, que mettre en lumière une gloire peu connue des âges primitifs, que fair vénérer et aimer les vivants souvenirs de nos ancêtres dans la foi

Certes, rien n’est plus grandiose, rien n’est plus touchant que la vue des Catacombes; l'âme s’y sent toute pénétrée d’une impression indicible, d’un attendrissement profond, et d’une

vénération mêlée de larmes et d'enthousiasme. Ainsi que

8. Auro teztis cycladibus intuta (S. Ambr., Serm. XC) i. S. Ambr,, De virgin., L.1, c. 2 6. Osservaz. sopra à cimit,, p.92, av. 3, n°2, — Mamachi, Orig. antig. chris,

te V, p. 485:

l'exprime si bien M. l'abbé Greppo dans une de ses dissertations sur l'histoire du culte des reliques, « dans le culte de vénération rendu aux saints, il y a plus qu'un sentiment d'amour et de respect, plus que cet instinct naturel à l’homme,

démontré par le témoignage universel des temps. Ces hommes

ne furent pas seulement chéris, estimés, grands, puissants,

cou

ux, savants, vertueux, admirables aux yeux du monde; ils sont des saints, et ce seul mot dit tout. Sur la terre, ils ont été les amis de Dieu, comme Samuel; de leurs tombeaux, leurs corps, comme celui d'Élisée?, opéraient des miracles ; dans le ciel, ils prient pour leurs frères, comme le pontife Onias et le prophète Jérémie®, 11 nous est bien permis d’honorer leurs restes , de croire à leur intercession autrefois si efficace, et qui

n’a rien perdu de son pouvoir dans l'éternelle patrie!

Tel est le sentiment qui nous a dominé, aidé, fortifié dans

tout le cours de ce travail; l’honneur des saints et la gloire de Dieu, voilà quel a été notre unique mobile et la seule source de notre persévérance.

Pourquoi faut-il que ce sentiment ait été si peu et si mal compris par quelques personnes, et que nous nous soyons vu exposé à des attaques, à des reproches même de profanation, contre lesquels notre œuvre elle-même devait suffire à nous défendre

tacombes ont dédai-

Les ma

yrs qui dorment au fond des C:

gné toute apologie et toute plainte; nous l'avons remarqué avec

admiration, et ce modèle eût dû peut-être nous servir de

leçon. Toutefois le zèle de la vérité, le devoir de gratitude contracté par nous envers la France, protectrice de notre œuvre,

nous ont semblé exiger quelque chose de plus que le silenc

Un homme entouré de la considération universelle, honoré

de la confiance du gouvernement francais et de l’affectueuse

bienveillance du Souverain Pontife, notre ambassadeur près le

Saint-Siége en des jours si mémorables et si difficiles, M. de

Corcelle avait suivi de ses yeux nos explorations et nos travaux

C'est à son témoignage que nous avons fait appel, et il a bien

voulu nous donner la déclaration qu’on va lire. Assurément

nous nous reconnaissons très-peu digne des hautes marques

de bonté qui nous y sont données; mais le chrétien et l’homme de goût y parlent si éloquemment des Catacombes, que nous

n'aurions jamais pu trouver un plus bel épilogue à notre œuvre.

Ce lan

e si élevé et si pur suppléera à notre insuffisance

« Monsieur,

I me sera doux et facile de répondre à votre appel. Votre

erain Pontife, qui a bien voulu

reconnaissance envers le Sc

vous ouvrir les saints lieux où sont r

nos ancêtres dans la foi, l'attachement que vous avez témoigné

à l'Église en abandonnant les intérêts d'une profession consi

ssociant pendant cinq années au dévouement

ires de la Nouvelle-Zélande, et

dérée, en vous apostolique de nos missionna en vous efforçant, pendant cinq années encore, d'offrir au

monde chrétien un ouvrage digne de ses méditations : voilà

1. Eccli., XLVI, 16, 2, IV Reg., XII, 21. — Ecoli., XLNIL, 14 et 45.

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sans doute des titres qui réfutent hautement les propos que personne d’ailleurs n’avoue.

Comment auriez-vous ressenti si ardemment la sainteté

de votre œuvre, vécu dix ans d’une vie de sacrifice, consacré

tous vos instants à la rel à

sion des Catacombes, pour aboutir

des profanations ingrates et sacriléges? Ces réflexions rassurent ceux qui vous connaissent ; elles doivent suffire à ceux qui, ne sachant de vous que ces antécédents incontestables, voudraient

vous juger, je ne dis pas seulement avec équité, mais avec le

simple bon sens. Quand on engage son cœur et sa réputation

dans une entreprise telle que la vôtre, ce n’est pas afin de se déshonorer par des actes dont la preuve est trop facile en face des monuments les plus illustres et les plus visités de l'univers. On ne mutile pas ce que l'on aime et ce que l'on veut faire aimer,

Bien des noms honorables pourraient être opposés à ces tristes murmures. Je suis heureux, avec vous, de citer celui d’un de vos collaborateurs, M. Savinien Petit, dont le talent

le la piété.

« En vous abstenant de toute récrimination personnelle, vous vous conformez, Monsieur, aux habitudes des dmes trèsdouces, avec lesquelles vous avez entretenu d'excellentes rela-

tions et vous nous faites faire connaissance. Là, en effet, sur

ces physionomies, dans le charmant langage des inscriptions, aucun oubli de charité ni même une plainte. Dulcissimæ anime in pace — in Deo.

Les profanations qu'il faut rappeler sont celles qui affligeaient Rome, au grand jour, dans le moment où vous dessiniez, sous la basilique de Saint-Sébastien, les figures de la

première tombe de saint Pierre et de saint Paul. Vos soins

religieux contrastaient alors avec les violences du dehors. » Les corps sacrés de saint Pierre et de saint Paul, s'écriait au IVe siècle saint Jean Chrysostôme, défendent plus puissamment Rome que les tours et les bastions ne défendent les plus fortes villes. Ce qui me l'a fait aimer el estimer, autant que je l'aime et

l'estime, c'est l'amour de ces bienheureux apôtres pour elle, leurs

entretiens pleins du feu du Saint-Esprit, et enfin leur charité qui les a fait mourir dans cette ville véritablement auguste. Oh! qui me fera la grdce d'aller me prosterner devant ces sépuleres et d'y demeurer attaché !… Que je voudrais voir les cendres qui nous restent de ces pieds qui ont été si souvent enchaïnés pour Jésus-Christ, et

he, de ces membres

ont parcouru la terre sans se donner de rel en qui notre Rédempteur vivait, que le Saint-Esprit avait rendus comme son temple, el qui étaïent tellement soumis à la loi de l'esprit, qu'ils semblaient transpercés par la chaste crainte de Dieu! » XXXIII Serm., chap. 16. Épit. aux Rom

Vous voyez, Monsieur, avec quelle éloquente tendresse et prévoyance le saint évêque de Constantinople exprimait, il y

a quinze cents ans, la prééminence de Rome comme patrie

universelle, la grandeur qui la recommandait et qui la défend encore. Saint Jean Chrysostôme n’eût guère compris les petites

jalousies locales occupées à vous contester l’un des plus sen-

sibles caractères de vos études : la vénération des reliques lais:

sées par la société des martyrs.

« Consolez-vous. Non-seulement vous n'avez rien effacé ni dégradé, mais vous avez admirablement conservé, propagé c«

qui va échapper désormais aux ténèbres, à l'humidité, aux

ntes démolitions du temps. Je doute qu'un meilleur Custode puisse rendre de plus signalés services aux Catacombes; c’està-dire à la foi, à l’histoire, à l’art chrétien.

« Assurément, je souhaite comme vous que de savants archéologues romains vous surpassent dans leurs explications

et commentaires. Quoique ce ne soit pas la principale partie

de votre tâche, vous puisez volontiers aux sources qu'ils ont ouvertes, vous vous plaisez à reconnaître leur mérite, car ces divers travaux doivent être un sujet d’édification , d'émulation, non de médisance

« Encore une fois, consolez-vous, Vous avez élevé à l'honneur de l'intervention française un durable monument; il était impossible d'en marquer la trace par de plus beaux et plus touchants souvenirs

« Je vous prie, Monsieur, d'ajouter à ma déclaration sincère

l'assurance de mon attachement

« Fr. pe CoRcELLE. »

Je déclare que dans le cours de ma mission auprès du Saint-Siége, j'ai eu souvent l’occasion de recueillir à Rome sur les travaux de M. Perret, auprès de tous les Français

ers, on ne peut plus distingués et

dévoués à l'Église et de plusieurs savants, prélats, prêtres et

laïques, italiens et étrar

QYI KEGERIT VIVAT IH CRISTY.

DE ROME

compétents dans des appréciations de ce genre, de vifs témoi gnages d'affection et d'estime:

« Si M. Perret avait abusé de l'autorisation si gracieusement

accordée par Sa Sainteté, en dégradant les fresques et inscrip.

tions reproduites dans le magnifique ouvrage des Catacombes avec une admirable fidélité et persévérance, je l'aurais certai-

nement appris, et j'ajoute que je me serais cru responsable,

ainsi que l'autorité française, de telles profanatio

« Bien loin de là, j'ai constaté l’unanimité d’un témoignage contraire par mes informations personnelles , et en comparant moi-même les dessins de l'ouvrage dont il s’agit avec les fresques des Catacombes, j'ai la conviction profonde que celles-ci ont été religieusement respectées dans l'opération fort simple et inoffensive des calques ou copies auxquelles elles ont donné lieu. Le Bon Pasteur, en particulier, dans le cimetière de Sainte- Agnès, m'a paru aussi bien conservé que les autres fresques

des mêmes galeries souterraines. J'ai visité Sainte-Agnès au

mois de novembre 1849, avec M. Darembe bibliothécaire à

la bibliothèque Mazarine, M. E. Renan, employé à la bibliothèque impériale, et un autre savant français. Les travaux de M. Perret nous ont inspiré les mêmes sentiments, que je suis heureux d'exprimer ici comme l'un de mes meilleurs souvenirs.

« Fr. pE CoRcELLE. »

Après de telles paroles et à la fin de notre œuvre, nous n’avons plus qu'à formuler le vœu si simple et si vrai que renferme cette ligne d’une inscription des Catacombes, publiée par

Boldetti, p. 420 :

INSCRIPTIONS

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