COUP D'ŒIL GÉNÉRAL
carrière qu'on exploita jadis? Les voies
non pas une Elles ont
qu'on à voulu dissimuler, et sépulcrales n’ont pu être pratiquées pour
Comment les nombreux ouvriers
en extraire des matériaux. peine un
employés à l'excavation des carrières,
mètre de largeur.
transporter les blocs, auraient-ils pu se mouvoir dans
s véhicules destinés
comment | : dE ) Enfin, ces galeries sont toutes creusées en ligne droite, et
is sont perpendiculaires; elles ont quelquefois
un espace aussi resserre
maintenues dans le même niveau, leurs paro
étages superposés, communiquant entre eux par des escaliers taillés
trois, quatre et cinq dans le tuf, descendant à plus de ving nts d'un pareil mode d'exploitation
il besoin de faire
mètres de profondeur. Es
rtir les inconvéniel également contraire à tous les r'ess0; >
usages reçus et à tous les intérêts
IL est seulement vrai de dire que quelquefois les Catacombes eurent d'anciennes carrières
pour origine et pour point de départ, comme cela se voit encore à Sainte Priscille et à
Sainte Agnès. Mais toujours la Catacombe est distincte de l'Arenaria qui lui sert comme de vestibule
La forme des Catacombes et la nature du terrain où elles sont creusées prouvent donc
surabondamment qu'elles sont le résultat d'une pensét chrétienne et d'un travail
exclusivement chrétien.
Disséminés autour de Rome, ces lieux consacrés par lant de souvenirs, forment, si
l'on peut s'exprimer ainsi, non pas une enceinte continue, mais comme une suite de
postes fortifiés, où se retranchèrent les premiers soldats du Christ, d'où ils firent le
orieux
siége de la ville païenne, qu'ils devaient conquérir à force de résignation et de
atacombes forment un groupe, el sont réunies entre elles
sacrifices; quelques-unes des par des voies de communication; sur d'autres points elles sont fort rapprochées, et ont pu être reliées jadis par des voies dont les traces sont aujourd'hui perdues. Quelquefois on observe que les galeries d'une Catacombe se prolongent dans le sens où elles peuvent se joindre à une Catacombe voisine.
Ces différents Cimetières sont presque tous contemporains des premiers jours de
Rome. Dispersés dans une ville aussi étendue, les Chrétiens n'auraient pu
r n'avoir qu'un seul lieu de réunion, un seul Cimetière, 11 eût été périlleux de s'y rendre, et aux fossoyeurs chargés d'ensevelir les corps, et aux Fidèles qui venaient prier sur les tombeaux des victimes de leur foi. Eûtil été possible, par exemple, de transporter les dépouilles d’un Martyr, de la voie Appienne aux Catacombes Vaticanes, ou de la voie Aurélienne aux Catacombes Nomentanes, sans s'exposer à être infailliblement découvert? Le concours des Chrétiens eût éveillé l'attention des magistrats, et d'ailleurs
les femmes, les enfants, les vieillards n'auraient pu sans trop de fatigue se rendre à
ces pieuses assemblées. Aussi établit-on des Cimetières sur divers points de la camp
gne romaine, en ayant soin d'éviter les lieux humides. Peut-être les Cimetières correspon-
daient-ils à l'ancienne division ecclésiastique de la ville en sept régions, à laquelle
de respectables traditions assignent la p i ) i ] raditions assignent la plus haute antiquité? Le petit nombre d'inscrip-
tions qui indiquent dans quel quartier de Rome habitait le défunt ne permet pas de
trancher la question, mais seulement d'affirmer qu'en général on transportait le corps
dans la Catacombe la plus voisine.
Les Catacombes peuvent se diviser en deux
systèmes le système Transtibérin, et
le système Cistibérin Le point de départ du premier est le Cimetière du Vatican. le plus ancien de tous
consacré par les corps des premie nsacré par les corps des premiers Martyrs sous Néron, C'est là que furent déposés
SUR LES CATACOMBES
les restes de Saint Pierre et de ses premiers successeurs. Le Cimetière du Vatican se prolonge dans une direction intermédiaire entre le midi et le couchant, et a pu jadis aller rejoindre le Cimetière de Calépodius, situé sur la voie Aurélienne. Auprès de ce dernier se trouvent ceux de Saint Jules, Pape, de Saint Félix, Pape, des Saints Processus et Martinianus. Ce groupe combiné avec celui des Cimetières des Saints Abdon et Sennen et de l'Ursus pileatus, apu former une ligne de communication qui aboutissait aux
grandes Catacombes Pontiennes de Monte Verde qui terminent le système Transtibérin.
la ville
Le système Cistibérin s'étend sous les petites collines situées au midi d il a pour point de départ le sépulcre de l'Apôtre Saint Paul sur la voie d'Ostie, souterrain qui n'est ni moins ancien, ni moins auguste que celui où repose le corps de Saint Pierre. Autour de lui se groupent les Cimetières de Sainte Lucine, de Saint de Saint Z
Le Cimetière de Sainte Lucine unit les Cimetières de la voie d'Ostie à ceux de la
Timothée, de Commodi non et ses compagnons, et enfin de Sainte Cyriaque. voie Ardéatine, et ceux-ci communiquaient sans aucun doute aux Catacombes de la voie Appienne
Sur la voie Ardéatine on trouve les Cimetières de Sainte Balbine, de Saint Mare, de Saint Damase, des Saints Mare et Marcellin, des Saints Nérée et Achillée, Domitille et Pétronille; et sur la voie Appienne les Catacombes se multiplient encore; elles sont placées sous l'invocation des Saints dont les noms suivent : Prélextat, Calixte et Cécile; Sébastien et Sixte; Lucine, Zéphyrin, Sotère, Eusèbe et Marcel; Urbain, Janvier et
Félicissime; A
pitus, Tiburce, Valérien, Maxime et Cirin.
Les souterrains de la ie Appienne allaient rejoindre les Catacombes de la voie
Latine. Là se trouvaient les Cimetières d'Apronien, d'Eugénie, de Gordien et d'Epimaque, de Simplicius et Servilien, de Quartus et Quintus, de Tertullien. On à par quelques textes anciens la preuve qu'ils étaient reliés aux Cimetières de la voie Appienne. Un lixte, sur la voie
ancien livre liturgique indique une station dans le Cimetière de CG Latine, et nous venons de compter ce Cimetière parmi ceux de la voie Appienne. C'est à que fut inhumé le Pape Saint Etienne, et les vieux auteurs placent indifféremment sur la voie Latine et sur la voie Appienne le lieu de sa sépulture. Mais entre la voie Latine et la voie Lavicane la communication est certainement interrompue; la distance
s souterrains de Tiburce, de
est trop grande, et le sol intermédiaire trop humide. L Marcellin et Pier
forment donc près de la voie Lavicane les premiers anneaux d'une nouvelle chaîne
des Quatre-Couronnés, de Sainte Hélène, et des Deux-Lauriers
qui va se relier près de la voie Prénestine au Cimetière de Saint Castulus. Non loin de là, sur la voie Tiburtine, se développe cette longue suite de galeries contiguës désignées par les noms de Sainte Cyriaque et de Saint Hippolyte, et ce dernier Cimetière semble
Cimetière de Saint Nicomède et les vastes
aller rejoindre, sous la voie Nomentane, 1 Catacombes de Sainte Agnès.
Il ne reste plus à énumérer que les Catacombes de la nouvelle voie Salare, qu’on réunit sous la commune dénomination de Sainte Priscille; ce sont celles qui portent les noms de Sainte Félicité, des Saints Thrason et Saturnin, des Saints Chrysanthe et Daria, des Sept-Vierges, Salurnine, etc...., de Sainte Marie, de Gordien, de
nées sous les noms des Saints
Saint Sylvestre; et celles de l’ancienne voie Salare dési
Pamphile et Quirinus, Hermès et Basile, Protus et Hyacinthe, Jean, Blastus et Maure !.
{ Nous avons extrait celte partie topographique des Catacombes du bel ouvrage de M. Gerbet : Zsquisse de
Rome chrétienne, 1. n. p. 506.
10 COUP D'OEIL GÉNÉRAL SUR LES CATACOMB nous omettons d’autres Cimetières
Telle est la topographie de la Rome souterraine ;
pour être compris dans ce tableau. L’étendue de
situés trop avant dans la campagne cette immense nécropole est déjà surprenante ; nous venons d'énumérer plus de soixante Cimetières, et cependant on connaît à peine le quart de ces prodigieuses excavalions. Il suflit de dire que suivant le calcul approximatif des hommes qui ont passé leur vie à les explorer, si on réunissait toutes les g leries bout à bout, elles formeraient une rue de plus de trois cents lieues de longueur, bordée de plus de six millions de tombes. Comment les pauvres, les esclaves, qui formaient la majorité des Fidèles, ont-ils pu, au milieu des persécutions et presque sous le fer des bourreaux, dérober à leurs occupations de tous les jours le temps et les forces nécessaires pour une si colossale entreprise?
C'est ce que l'on ne pourrait comprenc
les grandes choses donne aussi le pouvoir de les exécuter,
lre, si l'on ne savait que la foi qui fait concevoir
et que d'aussi infatigables
ouvriers ont travaillé pendant trois siècles.