I. — ARCHITEC
Les Arenariæ ont pu servir de point de départ aux travaux des Chrétiens et d'entrée aux premières Catacombes. Il est probable que les Chrétiens y cherchèrent un refuge pendant la première persécution, et d'ailleurs lorsqu'à côté d’une arénaire épuisée on commençait une excavation, les détours de l'ancienne carrière pouvaient servir de retraite aux fossoyeurs; leur présence n'éveillait aucun soupçon, et ils pouvaient en loute sécurité y déposer les déblais provenant des galeries qu'ils avaient creusées. Plus tard les Catacombes eurent leurs entrées dans des propriétés particulières. Le sol des arénaires ne se prêlant point aux travaux d'excavation des Chrétiens, un petit nombre
de Catacombes seulement put avoir pour vestibule les anciennes carrières. La tradition
rapporte que les illustres matrones Priscille, Cyriaque, Lucine, oflrirent l'intérieur de
leurs villas pour sépulture aux Fidèles et aux Martyr
et plus d’un patricien converti imita leur exemple. C'est dans les jardins, les vignes, les champs des environs de Rome qu'on a découvert et qu'on découvre encore tous les jours les ouvertures primitives des Cimetières chrétiens.
Ces ouvertures sont en général basses, étroites, faciles à dérober aux regards Quelques-unes cependant ont des portes maçonnées et voülées; mais le genre de leur architecture, et la nécessité où se trouvaient les Chrétiens de ne pas exposer le secret de leurs retraites aux yeux de leurs ennemis, prouvent évidemment qu'elles sont postérieures au temps des persécutions. Chaque Catacombe a plusieurs entrées. La prudence faisait un devoir de les multiplier pour qu'on püt échapper aux poursuites des païens; et la sollicitude de l'Église pour prévenir tout danger de scandale en était un nouveau motif. Ainsi de même qu'une loi disciplinaire établissait la séparation des
sexes dans les chapelles sépulcrales, de même aussi il y avait pour les hommes et pour