DS DIS
Une jeune femme mauresque entre dans le service ophtalmologique de la clinique d'Oran porteur d’un phlegmon du sac lacrymal droit. En l’interrogeant, elle nous apprend qu’elle avait depuis longtemps du larmoiement de son œil gauche, mais elle n'y avait jamais attaché qu'une importance relative. Elle dut cependant, quelque temps avant d'entrer dans mon service, aller se faire soigner à la consultation externe de l'hôpital, car elle éprouvait en outre, au niveau de la paupière supérieure droite, des sensations qu'elle comparaît à des grains de sable frottant sur son globe oculaire. D'après ce qu'elle disait, on l’aurait ainsi traitée pendant près de deux mois pour une conjonctivite granuleuse.
En lui retournant sa paupière droite, elle présentait une conjonctive sensiblement épaissie, avec quelques traînées cicatricielles, tous symptômes en imposant pour un trachôme en voie de régression. Mon maître, le D° Jasseron, médecin ophtalmologiste de la clinique, m'’affirma que ces lésions n'étaient pas d’origine trachomateuse, mais qu’elles étaient uniquement dues à une inflammation ancienne de ses voies lacrymales, infection qui, de proche en proche, aurait gagné sa conjonctive.
Après l’extirpation du sac lacrymal, quinze jours environ à la suite de cette intervention, toute réaction inflammatoire avait cessé d'elle-même sur les conjonctives, qui avaient repris leur aspect et leur consistance habituels.
On voit donc, par cet exposé un peu succinct, toute l’importance que joue l’état des voies lacrymales sur les conjonctives et indirectement aussi sur le globe oculaire luimême, et par suite on peut affirmer combien il est indispensable, avant de tenter toute intervention sur ce globe
RO oculaire, notamment une ablation de cataracte, qui est de toutes les interventions oculaires peut-être la plus importante, de se rendre compte avec la plus minutieuse attention de l’état des voies lacrymales chez tout malade réclamant de telles opérations.
On comprend, par suite, qu'il devient absolument essentiel de traiter tout d’abord ces infections lacrymales avant de pouvoir songer à intervenir soit pour une simple iridectomie préparatoire, soit, et à plus forte raison, pour une extraction combinée de cataracte.