CHAPITRE II
Diverses formes de dacryocystite et leurs divers traitements”
avant l’opération de la cataracte.
Le professeur agrégé Terrien, dans son Précis d'ophtalmologie, dit fort justement : « Toutes les affections des voies lacrymales se caractérisent tout d’abord par l’obstruction de leurs conduits, d’où résulte une série de symptômes se présentant le plus souvent dans l’ordre suivant : larmoiement, blennorrhée, tumeur lacrymale, phlegmon, fistule.
« Le larmoiement ou épiphora est dû le plus souvent à un défaut d’excrétion résultant d’un obstacle en un point quelconque du canal lacrymal nasal, soit à l’origine (déviation ou oblitéralion des points lacrymaux, surtout de l’inférieur, généralement éversé), dans le canal lui-même (rétrécissement mécanique ou d'origine infectieuse) ou à la partie inférieure (imperforation chez le nouveau-né, crête des cornets, rhinite, etc...).
« L’atrésie des points lacrymaux est rarement congénitale. Elle est la conséquence des rétractions cicatricielles à la suite de blessures et de l’inflammation du conduit, par exemple dans le trachôme.
« La déviation des points lacrymaux consiste presque toujours dans l’éversion de celui-ci. La paupière est légèrement éversée, le point lacrymal est directement dirigé en avant, Conséquence d’une paralysie faciale ou plus souvent
FMC yes de l’âge et de blépharo-conjonctivite chronique. Cette éversion entraîne un épaississement du derme et une rétraction cutanée consécutive, conduisant souvent à l’entropion.
« Le diagnostic entre un rétrécissement inflammatoire ou cicatriciel est quelquefois difficile. La tuméfaction de la muqueuse lors de rétrécissement aigu pourra être reconnue par l'injection préalable, dans le canal lacrymo-nasal, d'une solution étendue d’'adrénaline au millième, additionnée de cocaïne. Si l'injection, cinq minutes plus tard, d'une solution salée physiologique passe facilement, c'est que le rétrécissement reconnaît une origine inflammatoire. Lors de rétrécissement purement mécanique, l'injection préalable d’adrénaline ne permet pas davantage le passage du liquide.
« Beaucoup plus rarement le larmoiement est la conséquence d’une hypersécrétion lacrymale, celle-ci pouvant être causée par une irritation oculaire ou palpébrale, qu'il faudra toujours rechercher (corps étranger ou érosion de la cornée, cil dévié, kératite, etc.), ou par une affection nerveuse. |
« Il faut ranger dans ce dernier groupe le larmoiement hystérique, apparaissant souvent par crises, comme le larmoiement tabétique (crises de larmes tabétiques). On a même noté chez certains tabétiques des larmes de sang, qui paraissent résulter bien moins d’une exsudation sanguine glandulaire que d’une hémorragie en nappe de la surface conjonctivale.
« La conséquence de l’épiphora, indépendamment de l’entropion de la paupière inférieure qui vient souvent le compliquer, est la stagnation des larmes dans le canal lacrymonasal. La muqueuse du canal se congestionne, se tuméfie,