‹ Cataracte et DacryocystiteChapitre 15 sur 32 · HOT · texte numérisé non relu

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l’ophtalmologie, longtemps elle a été méconnue. De Gels à Maître Jean on cautérise profondément la carie et l’uleère fongueux lacrymal. Depuis Anel jusqu’à une époque très rapprochée de nous, on étudie et on traite la fistule des scrofuleux. Mais c’est seulement de nos jours que l’on parle de tuberculose lacrymale secondaire, pour décrire ensuite une tuberculose primitive.

Cette affection apparaît sous l'influence de diverses causes, les unes prédisposantes et les autres déterminantes. On note chez le sujet souvent de l’hérédité, des stigmates de tuberculose éteinte (écrouelles), des tuberculoses chirurgicales en activité (adénites, lupus, ostéoarthrites). C'est plus spécialement dans le sexe féminin (sept fois sur dix) et chez l'adolescent que l'on voit évoluer ces lésions (âge moyen 19 ans, dacrvocystite banale 37 ans). Malgré le nombre restreint d'observations publiées, il s'agit d’une maladie assez commune.

La tuberculose lacrymale, qui a toujours le bacille de Koch à son origine, est primitive ou secondaire. La tuberculose primitive évolue isolément, sans lésions des parties contiguës : œil, conjonctives, peau, fosses nasales. Au point de vue pathogénique, elle peut se voir chez un sujet sain, chez un strumeux, plus rarement chez un phtisique. La tuberculose secondaire succède à un foyer primitif nasal qu'il faut parfois rechercher, à une lésion lupique cutanée, peu souvent à une lésion conjonctivale ou osseuse.

Il y a quatre formes cliniques principales :

1° La tumeur lacrymale fongueuse. Vraie tuméfaction solide, proéminence pâteuse, non réductible et sans écoulement purulent à la pression. C’est une tuberculose non

suppurée et non ouverte;

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20 Le larmoiement de causes multiples, mais pouvant peut-être relever d’une sténose primitive tuberculeuse ;

3° Les suppurations lacrymales : dacryocystite chronique sans ectasie du sac, sacculite fibreuse, empyème froid, tumeur fongueuse caséifiée et suppurante;

4° Les tuberculoses de voisinage par envahissement, la pré et la péricystite fongueuse circonscrite ou diffuse, la fistule tuberculeuse, la tuberculose ulcéreuse, les abcès froids communiquants et migrateurs, l’ostéite.

La tumeur prélacrymale, avec voies lacrymales cliniquement indemnes.

Comme complications diverses : 1° les complications inflammatoires, phénomènes suppuratifs ou phlegmoneux masquant une tuberculose lacrymale; 2° l’adéno- tuberculose d’origine lacrymale, d'observation fréquente: ganglion isolé ou grappe, rarement caséification ou adéno-phlegmon; 3° des lésions assez rares de la conjonctive, de la cornée, de la fosse nasale, de la peau, consécutivement à la tuberculose lacrymale; 4° des lésions tuberculeuses à distance, telle l'infection pulmonaire, exceptionnellement signalée.

Au microscope, on note des lésions folliculaires siégeant surtout dans la couche adénoïde sous-muqueuse. Le derme sous-cutané peut être aussi envahi par les cellules épithélioides et les cellules géantes. La sclérose sacculaire est fréquente.

D'après ce que nous voyons au microscope, par l'inoculation et par la clinique, la tuberculose doit rentrer dans la catégorie des tuberculoses locales et généralement atténuées.

Le diagnostic se fera cliniquement ou à l’aide des pro-

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cédés de laboratoire. Les écoulements lacrymaux chroniques avec ou sans ectasie, le phlegmon lacrymal ne doivent pas être confondus avec la tuberculose lacrymale. La syphilis lacrymale, les granulômes, les néoplasmes, l’actinomycose, les concrétions, la sporotrichose, la lèpre, les affections paralacrymales, les ostéites seront successivement éliminés.

Plusieurs méthodes de laboratoire nous intéressent et nous prêtent appui : l'examen histologique, technique à lui seul insuffisant, car à côté de la tuberculose folliculaire et spécifique existe une tuberculose inflammatoire ou non-folliculaire. En outre, les formations nodulaires avec cellules géantes se voient dans d’autres maladies infectieuses. La recherche directe du bacille dans le pus lacrymal et surtout dans le pus ganglionnaire. L'inoculation sous-cutanée au cobave constitue une excellente méthode. Le tuberculino-diagnostie. La séroréaction agglutinante.

Le pronostic d’une lésion causée par le bacille de Koch doit toujours être réservé. Cependant, les observations montrent que très souvent le pronostic est relativement bénin, car les lésions, récidivées ou non, sont parfaitement curables. Comme les écrouelleux, les sujets sont vaccinés d’une façon relative et ne présentent qu'exceptionnellement des complications viscérales.

La tuberculinothérapie mise à part, méthode à l'étude, on peut dire que le traitement est surtout local. Les lavages et cathétérismes dans les formes de début seront pratiqués avec une prudente réserve. L'extirpation méthodique et totale constituera le procédé de choix.

En présence de lésions fongueuses diffuses, on pratiquera la destruction du sac au thermocautère ou de préférence une extirpation atypique par morcellement.

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