‹ Cataracte et DacryocystiteChapitre 5 sur 32 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

De la nécessité de l’asepsie et de l’antisepsie des euls-de-sac conjonctivaux avant l’opération de la cataracte.

Après les remarquables progrès de la chirurgie générale, dus à l’application rigoureuse des méthodes aseptiques et antiseptiques, il n’est personne qui ne puisse reconnaître leur incontestable utilité et leur nécessaire et constante application.

Actuellement, la méthode aseptique, après bien des tâtonnements et une suite de pratiques compliquées, vient de trouver son critérium dans le badigeonnage à la teinture d'iode, sans lavage préalable, de la région où l’on veut opérer.

Devant un procédé aussi simple, il est désormais permis de supposer qu'il ne sera guère possible de trouver quelque chose de plus sûr et de plus facile à appliquer, puisqu'il ne donne jamais aucun déboire et puisque maintenant tous les hommes de l’art y ont recours sans aucune exception.

Il n’en est pas de même de la méthode dite antiseptique, car il n'y a pas en effet, à proprement parler, une et une seule méthode antiseptique.

Jusqu'à présent, et actuellement encore, on a recours à des procédés fort divers, variant soit avec les écoles, soit, dans une même école, avec les individus. Les Anglais, gens traditionnalistes, donnent toute leur préférence à l'acide phénique, tandis qu'en France et ailleurs, moins persuadés

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de l'efficacité de cette panacée, nous essayons un peu tous les produits de la chimie.

Cependant, chacun veut s'attacher à un système el affirme et prétend vouloir le tenir pour le meilleur, bien qu'en conscience il sache fort bien que trop souvent, malgré toute son application et sa bonne volonté, il n’a pu obtenir les résultats qu'il souhaitait.

Mon affirmation, hélas, n’est point discutable, et ce n’est pas entreprendre un procès à l’antisepsie que d’en critiquer les formules diverses, admises pour le moment et qui seront changées demain.

Elle tend simplement, cette affirmation, à bien mettre en évidence que le procédé antiseptique de choix reste encore à trouver, et notre seul regret est d’avoir à déplorer que cette méthode n'ait pas encore réussi à mettre à notre portée une formule aussi générale et aussi simple que celle qui nous est connue pour la méthode aseptique.

Il faut cependant remarquer que la chirurgie opératoire moderne a réussi à détourner les difficultés que lui offrait l’antisepsie, en utilisant, le plus souvent qu'elle le pouvait, la méthode aseptique. C’est pourquoi les procédés antiseptiques sont, pour ainsi dire, relégués en deuxième plan chezrelle.

Mais il n’en est pas de même lorsqu'il est question de la chirurgie oculaire. Il est certain, toutefois, que lorsqu'on doit opérer un trichiasis, un entropion, faire une dacryocystectomie, par exemple, on peut et on doit avoir recours à la méthode aseptique. Mais toutes les fois qu'il faudra agir chirurgicalement'sur le globe oculaire proprement dif, cette méthode n’est plus utilisable, on se trouve face à face avec une difficulté qu'il paraît impossible de tourner. La

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méthode aseptique convient très bien à toutes les régions dont le plan superficiel est un plan cutané, mais elle devient inapplicable, parce que dangereuse, toutes les fois que la peau fait place à une muqueuse, et notamment à la conjonctive oculaire.

Il n'en demeure pas moins certain que les culs-de-sac conjonctivaux ne constituent pourtant pas par eux-mêmes des milieux aseptiques.

La bactériologie nous apprend, en effet, qu’on y rencontre une flore bactérienne aussi riche que celle que nous savons exister sur toute muqueuse de la bouche et du nez. Il y a en particulier un microbe qui s’y trouve très souvent, qui est le pneumocoque. Avec une égale fréquence ce microbe peut être reconnu sur la muqueuse buccale ou nasale.

Or, chacun sait que, pour des causes aussi diverses que nombreuses, ce microbe, qui jusque-là vivait en saprophyte parfaitement inoffensif dans un pharynx, peut soudain sortir de sa vie léthargique, végétative, pour devenir cet agent vulnérant qui ira dans le poumon provoquer les graves désordres qui s’y produisent, phénomènes dont les symptômes réunis caractérisent ce qu'on est convenu de désigner sous le nom de pneumonie. Or, il semble bien en être de même pour l'œil, avec toutefois cette différence que ce ne sera pas par suite de migration que ce microbe tout à coup manifestera son activité, mais ce sera simplement sur place qu'il deviendra virulent et qu’il se manifestera tout aussi bruyamment en provoquant une conjonctivite purulente à forme plus ou moins grave, virulence qui sera facteur de la nature même de ce microbe et de la résistance de l'individu sur lequel il agira.

Il faut, de plus, remarquer que ces manifestations ocu-

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