‹ Cataracte et DacryocystiteChapitre 6 sur 32 · MO · texte numérisé non relu

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laires de l'infection microbienne ne se font pas par graduation, mais d'emblée elles acquièrent un maximum de gravité et d'intensité.

C'est la crainte de l'apparition de ces infections, ayant le plus souvent une symptomatologie assez rapprochée, quel qu’en soit l'agent causal et qui demeurait en saprophyte inoffensif au préalable sur cette conjonctive, et surtout la perspective de leurs complications, qui ont si longtemps retenu les oculistes dans leur désir d'intervention chirurgicale sur le globe oculaire.

Ces infections, avons-nous dit, ont toutes les mêmes symptômes, ou du moins peuvent se manifester par des symptômes semblables quel qu’en soit le microbe causal : on n'aura qu'une simple hypérémie conjonctivale fugace, ou bien une réaction un peu plus forte avec léger écoulement muqueux, ou bien cet écoulement sera plus abondant et en même temps muco-purulent, ou bien enfin extrêmement abondant et franchement purulent, ou même tellement intense qu'il se forme alors une fausse membrane, symptôme d’une particulière gravité.

Les lésions cornéennes seront trouvées fort souvent au cours de ces infections, bien qu'elles peuvent fréquemment être absentes. Ce sera une simple érosion tout à fait superficielle et sans conséquence fâcheuse, ou bien l’ulcération pourra être plus profonde et plus étendue, dont la cicatrisation ultérieure sera le point de départ d'une opacité cornéenne, d’où gêne dans la vision, ou bien l’ulcération aura tellement gagné en profondeur qu'elle aboutira à une perforation de la cornée avec ou sans infection de la chambre antérieure et participation inflammatoire plus ou moins considérable de l'iris, du muscle ciliaire; enfin l'infection

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peut être encore plus généralisée et intéresser le muscle ciliaire, la choroïde et le corps vitré, tous symptômes évoluant avec une telle rapidité parfois qu'il semble que cette infection a été généralisée d'emblée, et qu'on désigne sous le nom génésique de panophtalmie, cette complication de toutes la plus redoutable puisque son seul mode de traitement est l’'énucléation de l'œil.

On comprend donc combien sera toujours grave toute intervention sur le globe oculaire, où le couteau de l’opérateur agira sur la cornée en la perforant et par cela même en mettant en communication les milieux internes de l'œil avec la conjonctive, comme cela devient nécessaire au cours d’une intervention pour cataracte.

Or, si ce n'était cette lamentable perspective toujours possible d’une infection soudaine des milieux intrinsèques du globe oculaire après l'opération de la cataracte, on pourrait affirmer actuellement, avec la technique moderne, que cette intervention serait presque jeu d'enfant.

. I ne faut pas cependant s’alarmer plus que de raison et croire que, parce que nous n'avons pas encore trouvé un procédé aseptique, stérilisant pendant un temps suffisant les conjonctives, toute intervention de cataracte soit livrée à une incertitude absolue dans ses conséquences postopératoires.

Ne nous a-t-il pas été parfois permis de constater que certains opérateurs, peu au courant des techniques modernes et négligeant délibérément les moindres précautions, avaient cependant obtenu des résultats parfois fort satisfaisants, et qu'aucune infection ne s'était produite après leur intervention. C’est que les conjonctives de l’opéré étaient sans doute parfaitement saines et que sa résistance

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