I. — Pendant la vie
1° Une première ponction fut faite avec la seringue de Straus,
munie d’une aiguille fine, le 30 mars (le 5° jour de la maladie, 4jours avant la mort). La ponction fut pratiquée au niveau du neuvième espace intercostal droit, en arrière, à travers la surface cautérisée d’une petite pointe de feu; l'aiguille fut dirigée normalement à la paroi thoracique, vers la région du lobe inférieur où s’entendaient à l’auscultation de nombreux râles. La pointe de l'aiguille dut s enfoncer dans le parenchyme pulmonaire d'environ 1 centimètre. À ce moment le vide fut fait avec douceur et l’aiguille lentement retirée. La seringue ne contenait pas de liquide, ce qui permettait d’aflirmer qu’il n'existait pas de sérosité épanchée dans la plèvre. Mais en abaissant avec beaucoup de précautions le piston de la seringue, on vit sourdre à l’extrémité de l'aiguille trois gouttelettes de sérosité sanguinolente, qui furent recueillies avec soin et ensemencées immédiatement de la facon suivante: une gouttelette étalée en nappe sur la surface d’une gélose imprégnée fraîchement de sang de lapin défibriné ; — une gouttelette étalée en nappe sur une gélose non ensanglantée ; — une gouttelette mélangée à du bouillon ordinaire.
Les deux derniers tubes, gélose et bouillon non sanglants, restèrent stériles. Le premier, gélose sanglante (1), donna au bout de 48 heures seulement un semis très fin et très abondant de petites colonies microscopiques, formées par un petit bacille que nous appellerons jusqu’à nouvel ordre bactérie À. La culture était pure et put être repiquée.
2° et 3° Une deuxième ponction, puis une troisième, furent faites le 197 avril (7° jour de la maladie, 2 jours avant la mort), l’une dans le poumon droit, l’autre dans le poumon gauche, en arrière et aux bases. Comme précédemment l'aiguille de la seringue ramena quelques gouttelettes de suc pulmonaire qui fut ensemencé sur gélose.-ensanglantée, gélose et bouillon ordinaires, Les tubes de la deuxième ponction (poumon droit) restèrent stériles.
(1) Dans tous ces examens, un tube de gélose imprégnée de sang de lapin fut toujours réservé comme témoin, afin de contrôler la stérilité du sang employé,