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Parmi les tubes de la troisième ponction (poumon gauche), seul poussa le tube de gélose sanglante, fournissant après 48 heures une culture pure de la bactérie À.
4 Au moment de la saignée faite le 2 avril. (jour de la mort), quelques gouttes de sang furent recueillies aseptiquement dans la veine et ensemencées dans plusieurs tubes de gélose et de bouillon. ;
Aucune culture ne se manifesta.
En résumé, des quatre prises bactériologiques faites pendant la vie, deux furent négatives et deux positives ; ces dernières concernant le suc pulmonaire des deux lobes inférieurs fournirent des cultures pures de la même bactérie A.
IT. Après la mort. — Les poumons et la rate furent extraits onze heures après la mort.
La pulpe de rate examinée directement sur lames, après colorations diverses, violet de gentiane, Gram, Ziehl, ne montrait aucune bactérie visible.
La sérosité louche des petites bronches, soumise au même examen direct, ne renfermait aucune bactérie colorable par la méthode de Gram. Parle Ziehl dilué, on apercevait, en petit nombre, quelques très fins bacilles, souvent très courts.
Les ensemencements cadavériques furent faits avec :
1° La sérosité péricardique = stérile.
2° Le sang du cœur — stérile.
3° La pulpe splénique = stérile.
4 Du suc pulmonaire obtenu par ponction (poumon droit).
Ce dernier liquide fut seul fertile : ensemencé en nappe sur un tube de gélose imprégnée de sang, il fournit un semis très abondant de colonies absolument identiques à celles des ensemencements positifs faits pendant la vie : ici encore, la culture était une culture de la bactérie A.
Un seul tube de bouillon fut envahi par un Staphylocoque, qui se développa concurremment avec la bactérie À ; ce germe,obtenu uniquement dans ce tube de culture, était certainement une 1m pureté d’ensemencement.
Ces de
CARACTÈRES DE LA BACTÉRIE À ; SON IDENTIFICATION. — Les ee échautillons de la bactérie À, dont nous venons d'indiquer l’origine et le mode d’obtention, ont été repiqués en série continue et soumis à une étude d'identification. Nous avons pu vérifier :
1° Qué les trois échantillons appartenaient à la même espèce ;
20 Que cette espèce, bactérie A, était identique à celle que nous avons récemment étudiée dans dix cas de bronchopneumonie d’origine grippale {1}, observées dans le même établissement.
(1) Henri Meunier. Dix cas de bronchopneumonie infantile dues au bacille de Pfeiffer (influenza-bacillus), Arch. gén. de Méd,, février et -mars 1897.
3° Que cette bactérie n’était autre que le bacille décrit par Pfeiffer comme l’agent spécifique de la grippe.
Nous rapellerons brièvement sur quels caractères morphologiques et biologiques nous nous sommes appuyé pour identifier la bactérie À, trouvée dans le cas actuel, avec le bacille de Pfeiffer.
À. — Morphologie à l’état naturel. — L'examen direct de la Spume bronchique du cadavre nous a montré de très fins bacilles, ne prenant pas le Gram, souvent très courts ou ayant l’apparence de petits diplocoques, caractères qui peuvent s'appliquer au. coccobacille de l’influenza.
B. — Morphologie à l’état cultural. — Dans les cultures, la bactérie se présente sous des ‘aspects plus variés; son polymorphisme est assez étendu. Jeune (culture de 48 h.), elle a la forme d’un cocco-bacille ou d’un bacille extrêmement ténu, à extrémités arrondies. Après quelques jours (4 à 5), les formes d’involution se montrent déjà et la bactérie se colore plus difficilement.
C. — Colorabilité. La coloration de la bactérie est parfois difficile ; le Ziehl dilué est la matière dont elle s’imprègne le mieux, mais lentement. Elle se décolore absolument par le Gram.
D. — Cultures. — Le mode de développement et l’aspect des cultures est caractéristique. Aucun de nos trois échantillons n’a
. poussé sur milieux ordinaires, gélose et bouillon, tandis que les cultures et les repiquages n’ont été possibles que sur milieux ensanglantés (milieux imprégnés d’hémoglobine). Les cultures
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primitives se sont toujours montrées sous la forme d’un semis extrêmement fin, absolument invisible au bout de 24 heures, à peine visible au microscope (obj. O) après 48 heures, difficilement distinctes à l'œil nu après 3 jours. Les repiquages, sur gélosesang de lapin (1), fournissaient des colonies un peu plus grandes, quoique encore très réduites. |
E. — Vitalité. — La bactérie étudiée meurt vite; les échantillons recueillis dans le cas actuel, ont dû, pour être entretenus en série, subir des repiquages fréquents, en moyenne tous les 5 ou 6 jours ; nous avons pu de la sorte la conserver vivante pendant Six semaines.
F. — Action sur les animaux. — On sait que le bacille de Pieiffer est très peu pathogène pour les animaux ; aux doses ordinaires employées avec les autres espèces, il reste souvent ino“ensif pour les bêtes de laboratoire. Un dé nos échantillons, obtenu par repiquage en bouillon sanglant (culture de 24 h.), z été injecté à la dose de 1 centimètre cube dans la veine de l'oreille d’un lapin de 1850 grammes; et à la dose de 1/2 centimètre cube dans le
péritoine d’un cobaye de 390 grammes. Les deux animaux ont survécu ; seul, le lapin a présenté de la fièvre pendant quelques jours.
Les différents caractères que nous venons de décrire et qui s'appliquent aux trois échantillons bactériens trouvés chez notre petite malade atteinte de catarrhe suffocant, nous ont semblé assez typiques pour nous permettre d'identifier ce microorganisme avec le bacille de la grippe. Mais nous avons voulu üne certitude de
PE PER UE (1) Nous employons maintenant de préférence la gélose imprégnée de quelques gouttes de sang de lapin défibriné : nous évitons de la sorte les inégalités de surface et les grumeaux de fibrine qui résultent :toujours de l’étalement d’une mince couche de sang nature et; qui gênent beaucoup pour la rèécherche des colonies minuscules du bacille grippal. Nous avons également essayé différentes solutions d'hémoglobine, commerciales ou fabriquées par nous extemporanément : nous nous proposons de publier prochainement les résultats de nos essais. (H. M.)
CHIND
plus, bien légitime en pareille circonstance, et nous ayons envoyé plusieurs de nos préparations et de nos cultures fraîchement ensemencées au laboratoire de Pfeiffer, à l’Institut des maladies infectieuses de Berlin. Nos échantillons ont été examinés et repiqués par le professeur Buckholz, qui nous a contirmé quelque temps après qu’il s'agissait bien du microbe de Pfeiffer, du « bacille de l’influenza ».
L'observation clinique qui précède nous met donc en présence d'un cas d'infection bronchique grippale à forme suffocante, survenue au cours de la rougeole et ayant probablement emprunté sa gravité à sa combinaison avec le catarrhe morbilleux ; le diagnostic et le pronostic posés dès le second jour de ie maladie n’étaient malheusement que trop exacts et l’inefficacité des moyens thérapeutiques les plus actifs, appliqués dans cette circonstance, montre une fois de plus quelle influence néfaste exerc» la rougeole sur les infections bronchiques qu’elle ‘précède, accompagne ou suit.