‹ Catarrhe suffocant d'origine grippaleChapitre 6 sur 25 · PEROU · texte numérisé non relu

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survenant chez des enfants indépendamment de toute inflammation véritable du parenchyme pulmonaire et tuant par asphyxie progressive. L'année suivante 1841, Fauvel rapporte un fait (1) remarquablement observé d’un catarrhe suffocant enlevant en trois jours un homme pris en pleine santé et à l'autopsie duquel il n'existait que des lésions des bronches sans altérations appréciables du parenchyme pulmonaire.

Les travaux de Foucard et des médecins d’enfants, Barrier, Henri Roger, Bouchut, n'introduisirent dans l'histoire de cette affection chez l'enfant à peu près aucune notion nouvelle. Les catarrhes suffocants étaient de plus en plus considérés comme des complications secondaires d’affections variées telles que la rougeole, la diphtérie, la scarlatine. Sauvage avait, du reste, signalé autrefois la fréquence de cette complication dans les fièvres exanthématiques. L'étude détaillée des différentes épidémies de grippe observées pendant ce siècle avait montré que cette affection, essentiellement catarrhale, pouvait, elle aussi, . se compliquer de catarrhe Suffocant et cette notion allait bien avec l'idée première de Laënnec que ce syndrome clinique n’était bien qu’un accident pouvant arriver dans les cas les plus divers.

Symptômes. — Quoi qu'il en soit de cette conception du catarrhe suffocant, les signes fonctionnels et physiques qui caractérisent cet état sont les suivants :

(1) Du même. Recherches sur la bronchite capillaire suffocante {catarrhe suffocant) chez l'adulte. (Archives gén. de méd., 3° série tome X, page 261, 1841.)

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L’affection est caractérisée par une dyspnée intense, ne tardant pas à devenir une asphyxie progressive. La respiration se fait jusqu'à 30, 40 et même 50 fois par minute. La face est généralement congestionnée au début, puis apparaissent les signes d’une cyanose qui débute habituellement par les lèvres et les extrémités. Les ailes du nez sont animées de battements rapides. Le visage, souvent même tout le corps, sont recouverts d'une sueur abondante. La langue, d’abord large et saburrhale, devient sèche à la période ultime.

Cet état d'asphyxie d’origine pulmonaire retentit de bonne heure sur le système circulatoire. Le pouls est rapide, petit, souvent inégal et faiblement dépressible. Rapidement apparaissent des signes de dilatation du cœur qui paraît surtout distendu aux dépens des cavités droites. La matité précordiale augmente aussi, surtout à droite du sternum. On observe souvent des signes de stase veineuse dans les vaisseaux superficiels du cou.

A l’auscultation, dans nombre de cas, l'oreille perçoit les battements du cœur assourdis, mal frappés. Le rythme cardiaque prend nettement le caractère fætal ou embryocardique sur lequel M. Huchard à particulièrement insisté. Dans ce rythme, les deux bruits du cœur sont remplacés par un tic-tac assez régulier au milieu duquel il est impossible de distinguer le grand et le petit silence.

Le malade, au début, surtout s’il s’agit d’un catarrhe suffocant primitif, est tourmenté par une toux fréquente, déjà humide, et expectore cependant à peine quelques crachats. Parfois le malade succombe, et Laënnec en rapporte des cas, sans avoir présenté ni toux, ni expec-

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toration. Le plus habituellement, le catarrhe bronchique est très abondant et le malade rend, dès le début, des crachats en grande quantité, dont l’augmentation se fait avec le progrès de la maladie. C’est ainsi que dans une observation que nous rapportons, le malade rendait en moyenne, dans les 24 heures, plus de deux grands érachoirs, soit plus de 600 gr. de pus. Les crachats peuvent avoir des caractères assez différents, suivant la période de la maladie. Parfois simplement congestifs ou muqueux au début, ils présentent le plus souvent de bonne heure ce caractère d’être franchements purulent. Ils ressem-

ient alors, en tous points, aux crachats nummulaires des phtisiques et leur quantité et leur aspect frappent

d'autant plus que les malades qui les rendent sont géné-

ralement atteints depuis un laps de temps très court.

Parfois un catarrhe oculaire et nasal abondant accompagne cet état de la muqueuse respiratoire.

À mesure que l’asphyxie progresse et que la cyanose augmente, le malade, d'abord agité et délirant, finit par tomber dans une somnolence qui ne disparaît que pour faire place à un état demi-comateux. À ce moment, le malade présente, par suite du progrès de l’asphyxie, une anesthésie remarquable. Les excitations n’amènent plus aucune réaction indiquant que la douleur a été perçue, et c'est souvent à l'insu du malade que les saignées et les piqûres d'agents médicamenteux sont faites aux malades. | |

Parfois un état gastrique vient se joindre à l’ensemble clinique. Les vomissements sont rares, mais l’anorexie est complète. Parfois une diarrhée abondante se montre

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le et l’incontinence des matières fécales et des urines peut se montrer à un stade avancé de la maladie.

L'examen des signes physiques montre habituellement qu’il n'existe nulle part dans la poitrine une zone où la sonorité normale soit diminuée. Plus souvent au contraire la poitrine percutée présente une sonorité exagérée, sauf au moment de la mort où, dit Laënnec, le son diminue à la racine et à la base du poumon.

La respiration est généralement bruyante et, lorsque l’on approche du lit du malade, on perçoit un râle laryngé et trachéal très forts qui s'entend à distance. La main, appliquéesurlapoitrine,donnesouventlasensation du brassage des mucosités contenues dans les bronches. L'auscultation frappe surtoutpar ses caractères négatifs. En effet plus l'affection est profonde etgrave, plus la diminution du murmure vésiculaireaugmenteet, dans les casou1iln’existe pas deràles, Pauscultation pulmonairemontre uneabolition complète du murmure vésiculaire. Le plus habituellement il existe des râles fins, crépitants ou sous-crépitants, arrivant en pluie à l’oreillé et s’entendant souvent du haut en bas des deux poumons. À ces ràles, qui se passent dans les petites ramifications bronchiques, s’en joignent d’autres beaucoup plus mobiles etchangeantaprèsles efforts de toux : ràles ronflants, sibilants, faciles à percevoir même par l'application dela main sur la poitrine du malade.

Chose remarquable, le plus habituellement le catarrhe suffocant s'accompagne d’une élévation médiocre, de température. Celle-ci oscille dans les environs de 38 à 39

et n’est pas en rapport avec la fréquence du pouls et de Ja respiration. PRET DR

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