‹ Catarrhe suffocant d'origine grippaleChapitre 8 sur 25 · VAI · texte numérisé non relu

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expectoration mucopurulente souvent très abondante. Mais la déformation du thorax, que la simple inspection permettra d'apprécier, la prédominance des sibilances et le caractère expiratoire de la dyspnée, enfin l'existence de crises antérieures semblables ne laisseront pas longtemps subsister le doute.

Dans les affections cardiaques se produisent souvent. des crises dyspneiques, accompagnées de signes d’asphyxie rappelant le catarrhe suffocant : elles font partie du syndrome de l’asystolie et alorsiles troubles de la circulation générale (œdémes des membres inférieurs, de l’abdomen, ascite) indiqueront l'atteinte de ia circulation et ameneront immédiatement l’attention sur le cœur. Mais ces crises peuvent au contraire précéder et de loin un attaque d’asystolie et se montrer en tant que symptôme presque isolé, l’intensitéde l’asphyxie. l'abondance de l’expectoration traduisant la bronchite concomittante sont les mêmes dans les deux cas, mais l’absence de fièvre, la connaissance des antécédents du malade conduiro»t bien vite à examiner le cœur, où l'on trouvera la vraie cause des accidents. ;

C’est également au cœur qu’il faut penser lorsqu'on esten présence d une femme enceinte qui est prise vers le milieu de sa grossesse, au cinquième mois ordinairement, d'accidents pulmonaires rappelant de très près le catarrhe suffocant: orthopnée avec cyanose, pouls filiforme, expectoration sanglante, pluie de ràles crépitants fins dans Ja poitrine, une lésion de la valvule mitrale, jusque là silencieuse, peut se revéler d’une façon aussi dramatique.

Une complication pulmonaire des maladies des reins

ei du cœur présente également l'allure du catarrhe suffocant : nous voulons parler de l’œdème aigu du poumon observé surtout dans les néphrites et les affections de l’aorte(1), latoux quinteuseincessante, ladyspnée progressive, l'angoisse respiratoire y sont marquées au plus haut degré, mais quelques différences existent qui amènent l’attention sur la véritable origine des accidents. D’abord,onremarquelasoudainetésouventsaisissante dela crise dyspneique, l’apyrexie ordinairement complète. De plus l’auscultation faitentendre uniquement une pluie de râles crépitants à bulles très fines, l’expectoration possède surtout des -caractères bien tranchés ; d’une abondance extrême (un à deux litres en quelques heures) ; elle est aérée, mousseuse, souvent limpide comme du blanc d'œuf battu, identique à celle qui survient à la suite d’une évacuation pleurale trop complète. Souvent elle est rouge, d'apparence saumonée (Huchard), au lieu d’être muco purulente ou purulente comme dans les cas qui nous occupent. La température est rarement élevée (Bouveret) ;

elle estmême souvent abaïissée; ce sont là des différences

suffisantes pour permettre un diagnostic, et en tous cas attirer l’attention sur le cœur ou sur les reins.

Mais ce n’est pas là la seule manifestation pulmonaire d’une altération rénale, simulant le catarrhe suffocant : la dypnée urémique, plus fréquente en clinique, présente une violence souvent excessive accompagnée d’angoisse respiratoire. Mais l’expectoration fait défaut et on est frappé de l’absence de tout bruit morbide dans la poitrine.

(1) Huchard, Bull. Acad. Acad. Med. 27 avril 1897,

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