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La forme de bronchite qu’on observe chez les albuminuriques, si bien décrite par Lasègue, se rapproche plus des symptômes que nous décrivons. En effet à une dyspnée violente se joint une expectoration abondante, mais la bronchite albuminurique revêt plutôt un aspect asthmatiforme et,commela crise d'asthme, évolue en une nuit. De plus il sera exceptionnel de ne pas observer des œdèmes plus ou moins étendus qui mettront sur la voie d’une affection déjà ancienne et dont les accidents actuels ne représentent qu’un épiphénomène.
Si maintenant, au tableau clinique que nous étudions s'ajoute une ascension thermique plus ou moins grande, le diagnostic doit être recherché dans un autre sens, le cœur et le rein n'étant plus en cause, ou tout au moins passant au second plan.
. I faut d’abord se souvenir qu’il existe au cours de l'asthme des congestions fébriles, particulièrement chez les enfants, bien faites pour mettre l'observateur en défaut. rien n’y manque: «d’intensitédela dyspnéequiestbruyante, courte et haletante, la difficulté et l’abondance de l'expectoration qui provoque une toux opiniâtre, l'encombrement général des bronches, l'élévation brusque de la température, les sueurs, l'angoisse même, tout annonce un catarrhe suffocant, le danger est imminent » (Brissaud). On recherchera alors l'existence d’autres crises semblables, ou de crises franchement asthmatiques ; la soudaineté d'apparition de la dyspnée, presque sans prodromes ét aussi la brusque disparition des accidents ne permettront pas une trop longue hésitation. | On ne confondra pas le’ catarrhe suffocant avec la
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bronchopneumonie lobulaire chez l’enfant. L’anxiété, la, dyspnée sont toujours moins importantes dans ce cas; l'examen de la poitrine révélera presque toujours un foyer de souffle avec submatité au lieu des râles humides et secs et de la sonorité normale ou exagérée du catarrhe suffocant.
Chez le vieillard il en est de même ; on recherchera un foyer de souffle et la constatation de crachats mucopurulents, parfois teintés de sang, sera un indice de bronchopneumonie.
La forme de tuberculose miliaire, décrite par Andral sous le nom de forme asphyxique de la phtisie aiguë et par Graves sous celui d'asphyxie tuberculeuse aiguë, surtout fréquente dans la première enfance et l’âge adulte, revêt l’aspect du catarrhe suffocant : fièvre ne dépassant par 39% 5, dyspnée progressive allant jusqu’à l’axphyxie, . mais dans ce cas l’auscultation révèle un signe négatif de grande valeur; c’est l'absence de tout bruit morbide, contrastant ainsi avec la violence même des symptômes fonctionnels ; en outre l’expectoration fait défaut.
La forme de tuberculose miliaire aiguë à type catarrhal décrite par Leudet, Empis, Jaccoud est plus difficile à distinguer du catarrhe suffocant: en effet à la fièvre, à l’orthopnée progressive, à la cyanose se joignent les signes stethoscopiques dela bronchite étendue aux petites ramifications aériennes. Chez l’adulte on aurala ressource d'examiner les crachats qui existent presque toujours, et de plus une auscultation attentive révèlera la prédominance des/signes à un des sommets. Chez l'enfant au
contraire, l’expectoration faisant défaut, le diagnostic
ZAR =
deviendra beaucoup plus ardu et on devra faire appel. aux antécédents morbides héréditaires ou personnels et. aux conditions étiologiques quel’interrogatoiredes parents
pourra faire connaître.
Enfin supposons que nous ayons reconnu la grippe chez un malade, par la notion d’une épidémie. régnante, par les prodomes catarrhaux etc. Si nous voyons surve-. nir chez lui de la toux, de la dyspnée progressive, faut-il : conclure immédiatement au catarrhe suffocant? On se sou-, viendra quelacongestion pulmonaire grippale est une complication fréquente et on recherchera un foyer de souffle et. de râles fins. Mais c’est surtout la pneumonie grippale, survenant d'emblée comme manifestation primitive dela maladie qui peut simuler l'affection dontnous nous occupons. La violence de ladyspnée arrivantmême jusqu’à l’asphyxie (1), souvent le peu d'intensité des signes d'hépatisation, peuvent faire hésiter quelque temps, mais la présence d’une douleur thoracique, l'élévation de la fièvre, et la constatation d’un foyer de souffle tubaire. décideront du diagnostic.
Nous voyons en somme qu’un premier examen aura décidé si les signes de catarrhe que nous constatons appartiennent à une affection apyrétique dans laquelle l’élément nerveux (asthme, aortite)ou mécanique (emphysème, asy-. stolie) jouent le rôle principal. Si au contraire les symptômes généraux nous ont conduit à incriminer une maladie infectieuse, quels seront les éléments de notre diagnostic? C’est alors que les prodromes de lagrippe, le catarrhe des
‘(1) Hucnan». Bubletin Soc., 1890, p. 365. UE PTE
Voies aériennes supérieures, la courbature et l’asthenie grippales, seront recherchés avec soin ; la notion d’une épidémie actuelle d'influenza sera d’une incontestable utilité, mais la certitude ne pourra être donnée que par examen bactériologique des crachats où les réactifs colorants et la culture sur millieu ensanglanté décèleront le bacille de Pfeiffer.
Anatomie pathologique générale. — À l’autopsie des malades morts de catarrhe suffocant on trouve les lésions de la bronchite capillaire, de l’'emphysème vésiculaire, de l’atélectasie, de la dilatation du cœur, des congestions passives des divers organes. Comme ces lésions sont à peu près toujours les mêmes nous renvoyons au chapitre où nous traitons de l’anatomie pathologique du catarrhe suffocant d’origine grippale.
Eïiologie et pathogénie. — Le catarrhe suffocant apparaît le plus souvent dans le cours des maladies qui causent de la bronchite comme la rougeole, la coqueluche, la fièvre typhoïde, la scarlatine et enfin la grippe, comme nous le montrerons dans un chapitre spécial. Queile que soit la cause, il y a un élément que tous les auteurs signalent c’est la débilité et l’affaiblissement de l’organisme comme cela se voit chez les enfants, les vieillards etc. Les symptômes eten particulier l’asphyxie ont été attribués soit à des troubles mécaniques, soit à des troubles nerveux; nous reviendrons longuement sur cette pathogénie.
Le catarrhe suffocant a une thérapeutique générale, car, qu'elle qu’en soit la cause, il y a des symptômes communs qui réclament un traitement identique; il a
Lion te
aussi une thérapeutique particulière qui dépend de la maladie causale. Le traitement général consiste à dimi- 4 nuer la secrétion bronchique, à en favoriser l'expulsion par les vomitifs, à aider la circulation par la saignée, les revulsifs et à soutenir les forces du malade par des toniques.