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ture, et c'est là une de ses plus grandes gloires, rend l'homme meilleur. Mais comment le travail des champs peut-il rendre l’homme meilleur ? St. Bonaventure se charge de nous l’apprendre : “ La sagesse divine, dit-il, est versée sur chaque chose, car chaque objet, avec ses propriétés, est gouverné par les règles de la sagesse, c’est un miroir de la sagesse divine, et celui qui verrait toutes les propriétés des êtres, verrait par là même, avec une merveilleuse clarté, cette sagesse incomparable.” La création, d’après la doctrine catholique, est un livre où Dieu a écrit toutes les règles de la sagesse et de la vertu. Le soleil qui brille en un jour pur, ou qui dissipe les nuages ténébreux, la splendeur de l'astre des nuits, la régularité des saisons, la prévoyance des anim :, le travail actif des uns, la prudente écono. … des autres, tout dans la nature nous préche la vertu avec ses formes différentes et multipliées. Il est telle vue dans la création, tel détail de mœursdansles animaux, qui valent mieux qu'un discours ; aussi St. François de Sales, après avoir été témoin d’une scène attendrissante de simplicité et de dévouement mutuel entre de petits oiseaux, s’écriait-il que ce spectacle lui avait fait autant de bien que le meilleur sermon.
Ces vérités étaient connues des philosophes païens ; alors même qu'ils ne voyaient pas les raisons et le sens des choses avec la lucidité du chrétien, ils constataient les résultats avec une grande sagvsse d'appréciation : ‘“ La vie des champs, disait Cicéron, enseigne l’économie, elle inspire le goût du travail et l'amour de la justice.”
L'agriculture, a dit un penseur célèbre, produit le bon sens et un bon sens d’une pu excel-
lente (Joubert). Et un orateur moderne ajoute : le bon sens touche de près à la vertu, et la folie totale ou incomplète est souvent la mère du vice.”
Caton l’ancien, disait : “ C’est parmi les cultivateurs que naissent les meilleurs citoyens, et les plus braves soldats... ; et ceux qui se vouent à l’agriculture n'ourdissent pas de dangereux projets.”
Un agronome célèbre, Columelle, a formulé la maxime suivante : ‘“ La vie des champs se rapproche de la sagesse et semble lui tenir par un lien de parenté.”
C’est cette grande école de la nature que recommandait St. Bernard : ‘“ Croyez-en mon expérience, s’écriait-il, vous trouverez dans les forêts quelque chose de meilleur que dans les livres ; les arbres, les rochers, les rivières, vous donneront des instructions supérieures à celles des maitres les plus habiles.
Enfin la vie des champs rend l’homme heureux de ce bonheur vrai, intime qui, après les consolations de la foi, est une des meilleures jouissances de la vie.
Heureux, disait le poëte latin, les habitants des campagnes, s'ils connaissent leur bonheur !” Nous avons lu autrefois ces paroles si pleines de vérité, mais sans les bien comprendre. Mais quand on a vécu, quand on a fait l'expérience de la vie, on savoure ces réméniscences de notre éducation classique. Quand l'esprit est fatigué de ce qu'il a vu, quand le cœur est brisé par les ennemis que donnent les affaires ou le spectacle de ces misères qu'on appelle l’histoire du monde, on s'écrie avec conviction ; Oui, heureux les habitants des campagnes, s'ils connaissent leur bonheur ! Qu'ils demeurent dans les forêts, ou dans
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les vallées fertiles arrosées par des eaux claires et fraiches !
Aussi, je ne crains pas d'ajouter avec un père de l’église, St. Chrysostôme, ‘“ que les populations agricoles vivent dans la paix, et que leur existence a quelque chose de vénérable dans sa modestie, L'habitant des campagnes, ajoute-t-il encore, a plus de jouissance que le riche de la ville : La beauté du ciel, l'éclat de la lumière, la pureté de l'air, la douceur d’un sommeil tranquil, tout lui est accordé avec une sorte de prérogative ; le créateur semble lui donner en primeur ces vrais biens de l’ordre temporel, et par une attention privilégiée, il conserve à ses sens plus de délicatesse pour savourer les dons de la nature. Vous trouverez donc dans cette vie modeste le vrai plaisir et la sécurité, la bonne renommée et la santé, la régularité dans la conduite et de moindres périls pour la sainteté des mœurs.”
L'agriculture est donc une grande et sainte chose, elle est la vraie richesse de la patrie, richesse stable et certaine comme la bonté de Dieu, trésor toujours renouvelé, qu'une mauvaise saison peut différer, mais que la terre inépuisable rend au centuple les années suivantes.
Que vous dirai-je enfin ; L'agriculture est le plus noble des arts ! Cet avancé semble vous surprendre, jeunes lecteurs ; eh bien! jugez-en vousméme. D'où une famille tire-t-elle ses titres de noblesse ? De son origine, de son antiquité et des services rendus. Ces trois titres à la véritable noblesse, l’agriculture ne les possède-t-elle pas au plus haut degré ? Füt-il jamais origine plus sainte, plus
auguste, plus sublime. Ruslicalionem, creatum
ab Altissimo ! Instiluée par Dieu méme. En second
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