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moi-même, et c’est là mon plus beau titre, et à part celui que revêt l'homme que Dieu a appelé aux services de ses autels, je vous défie de m'en exhiber un plus sublime, un plus nobie !
Mais, je vous entends, mes chers enfants, me dire: ‘“ En voilà assez, sans doute, pour nous convaincre que l'agriculture est une bonne et grande chose, qu'elle a des titres incontestables à notre attachement, cependant quand nous auront quitté les bancs de l’école, nous choisirons une autre profession ; car cultiver la terre ne paie pas au- Jourd’hui, si l’on en croit nos parents et nos voisins; il nous parait plus avantageux de vivre avec la plume qu'avec les mancherons de la charrue,
Mes jeunes amis, je ne voudrais pas vous engager à uns votre plume, quand une fois vous saurez la tenir, car elle peut vous être utile dans une foule de circonstances, dans tous les états, même dans celui de cultivateur ; je dirai encore avec vous qu'il est reconnu aujord'hui que, dans la plupart de nos campagnes, l’agriculture est peu rétributive. Mais si vous voulez m'entendre encore un instant, vous avouerez que votre objection n'est pas sérieuse pour l'enfant intelligent, prêt à accepter les bonnes et sûres méthodes qu’on
lui suggérera. Encore une fois, la culture des champs paie peu en Canada ; maïs a part ces accidents que la Providence réserve aux champs, pour éprouver la vertu du cultivateur ou pour punirson ingratitude ; à quoi doit-on attribuer nos faibles rendements, nos pauvres récoltes ? Où est le vrai coupable ? Cette question éclaircie, tout ira bien. Autrefois nos anciennes paroisses étaient autant de greniers d'abondance. Notre blé, nos autres ctréales étaient de qualité supérieure. Et nous pouvons dire que nos abondantes moissons d'alors,
que celles non moins abondantes que produisent aujourd'hui les champs nouvellement ouverts à la culture, sont des preuves incontestables de la fertilité du sol canadien. Il doit donc être exonéré de tout blâme. D'où vient donc que la stérilité a pris la place de l'abondance ? Que le cultivateur s'interroge avec impartialité, se rappel e la conduite qu'il a tenu envers son champ, et il comprendra que c’est lui qui l’a poussé à cette extrémité, qui l’a ruiné, et enfin, qu'il est le véritable coupable, Ce cultivateur a suivi une routine ruineuse ; tous les ans il a demandé à sa terre Les récoltes les plus épuisantes, sans jamais lui rendre en retour la nourriture qu’elle réclamait, et quand il s’est aperçu que sa force nutritive s’affaiblissait, loin de chercher la cause du mal, il s'est montré de plus en plus exigeant, et enfin, il a jetté sur elle un regard de mépris, tout en s'emparant avec avidité du peu qu'elle pouvait encore produire dans ses efforts excessifs. À ce triste récit, je vous entends vous écrier : mais alors, rien de surprenant dans la stérilité de nos anciennes terres; l'intelligence et la bonne volonté nous sufliront, avec un guide sûr, pour réparer les torts de nos prédécesseurs.
Oui, jeunes amis, avec de l'intelligence, de la bonne volonté, et un guide sûr, vous pouvez rendre au sol son ancienne fertilité. En effet, pourquoi ce qui a si bien réussi ailleurs, chez d’autres peuples, ne réussirait-il pas au milieu de nous ?
ourquoli ne pourrions-nous pas opérer sur nos terres les prodiges que des étrangers y ont opéré ? Des écossais, des irlandais, etc., arrivés au milieu de nous, sans ressources, ont doublé, triplé, en peu d'années, les revenus de quelquesunes de nos terres ruinées. Pourquoi les cana-
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diens-français, qui ne le cèdent à aucun autre peuple en intelligence, en activité et en courage, n'opéreraient-ils pas sur leurs champs, quils doivent mieux connaitre que ces étrangers, les transformations que ceux-c1 y ont opéré ? Nous croyons connaitre assez nos compatriotes pour croire qu'ils sont disposés à tout entreprendre pour ramener la fertilité dans leurs terres, quand on leur aura tracé une voie sûre pour y parvenir,
Aimez donc l’agriculture, jeunes amis, puisqu’elle vous ennoblit, puisqu'elle doit contribuer à vous faire aimer la vertu et qu’elle peut vous procurer une plus grande somme de bonheur que tout autre état. Attachez-vous au champ de votre père, si vous avez l'espoir d’en hériter un jour, et dans ce cas, attachez-vous-y par reconnaissance, car cette terre a souvent été arrosée des sueurs de vos ancêtres et peut être de leur sang. Si l'espérance de recueillir l'héritage de vos parents vous est enlevée, tournez vos regards vers nos vastes et belles forêts, et quand vous aurez fait choix du coin de terre que vous devrez défricher, donnez-lui toutes votre affection, traitez-le avec soin, avec générosité, puisqu'il doit vous procurer l'abondance et le bonheur, autant qu'il peut exister ici-bas,