Le Bouddha écouta-t-il les paroles de
Mdra ?
Non ; il repoussa le tentateur avec mépris et lui dit : « Retire-toi, méchant. Je n'entrerai pas dans la paix éternelle avant d'avoir fondé solidement, dans le cœur de mes adhérents, la doctrine salutaire; avant d'avoir gagné des disciples qui puissent, à ma place, prêcher le chemin
LE BOUDDHA
de la délivrance à tous ceux qui sont de bonne volonté et dont le cœur est pur; afin que la vérité s'étende sur le monde entier, pour la joie et la bénédiction de tous les peuples, pour le bien, le salut et la délivrance des Dieux ' et des hommes. »
Le tentateur s'éloigna alors, mais le Bouddha resta encore trois semaines sous le figuier Adjapàla, jouissant de la félicité de la délivrance et donnant dans son esprit sa forme définitive à la doctrine.
Pendant ces vingt-huit jours il resta tout seul, sans boire ni manger. Ensuite il se leva et dit : « Que la porte du salut soit ouverte à tous; que celui quia des oreil-
i Le Bouddhisme ne reconnaît ni ne nie l'existence de dieux. Il n'en a besoin ni pour appuyer sa morale, ni pour obtenir la délivrance. Celui qui croit à des dieux peut le faire : mais il ne aoit pas oublier que les dieux, comme les autres titres, sont périssables et soumis à la nécessité des existences successives, quand même leur vie devrait durer des millions d'années terrestres. Il doit reconnaître aussi que le saint, arrivé a la délivrance, et surtout un Bouddha, est bien au-dessus de tous les dieux. Dans les paroles du Bouddha le mot « Dieux » doit être compris comme désignant les habitants des mondes célestes.
LE BOUDDHA
les écoute la doctrine et qu'il y conforme
sa vie. »