‹ Catéchisme d'hygiène privée et publique [microforme]Chapitre 10 sur 21 · CHAPITRE VI Des boissons alimentaires · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI Des boissons alimentaires

Boissons alimentaires.— Eau et ses gr —Thé.

—Café et sa valeur nutritive.— olat et sa valeur r'utritive.-—Alcoo)!,—Vin.—Bière,

Q. Qu'est-ce qu’on entend par boissons alimentaires ?

À. Tous les liquides qu’on introduit dans les voies digestives, pour réparer les pertes du cor::< en éau ou en matières minérales, or pour procurer à l’économie

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une stimulation passagère et un léger apport nutritif, s'appellent boissons alimentaires. Ces boissons alimentaires comprennent l’eau, les boissons aromatiques :

thé, café, chocolat, les boissons alcooliques distillées ou fermentées.

Q. L'eau est-elle nécessaire à notre organisme ?

À. L'eau est l’aliment le plus considérable qui entre dans la composition du corps humain ; elle fait à elle seule les deux tiers du poids total de notre organisme ; elle entre dans la composition de notre sang à raison de quatre-vingts parties pour cent. Le Créateur, en distribuant l’eau paï tout l’univers, a voulu en faire un aliment indispensable à l’entretien de la vie.

Q. Quelles sont les qualités de l’eau potable ?

À, Une eau, pour être notable et bonne, doit être limpide, légère, inodore, insipide, agréable, Elle doit dissoudre le savon sans former de grumeaux, cuire les légumes secs, bouillir sans se troubler, ne contenir aucune matière organique.

La prudence exige qu'on ne se serve jamais d’une eau sans en connaître la composition chimique. L'eau est un mélauge d'hydrogène et d'oxygène; elle renferme aussi des gaz, des matières minérales et des matières organiques.

Q. Qu'est-ce que le thé ?

À. Lethé provient de la feuille d’un arbrisseau toujours vert, originaire de la Chine et du Japon ; son usage est répandu chez tous les peuples. Le thé contient un principe, la théine, et une huile essentielle qui lui donrie son arome, C’est un stimulant et un anti-déperditeur. Ses propriétés excitantes et nutritives en font une boisson très recherchée. Les thés verts sont meilleurs que les thés noirs.

L'abus de cette boisson alimentaire détermine des désordres nerveux redoutables, et les personnes nerveuses ainsi que les enfants ne doivent pas en user.

O. Qu'est-ce que le café ?

R. Le café est la graine d’un arbrisseau originaire de la Haute-Egypte. Cultivé sur différents points du globe, le caféier produit les variétés nombreuses

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de cafés que nous trouvons dans le commerce ; mais celui qui vient de l'Arabie, appelé Moka, est le plus estimé.

Q. Quelle est la valeur nutritive du café ?

À. Le café est un aliment réparateur ayant des propriétés stimulantes remarquables ; il procure cette gaîté expansive bien connue de ceux qui en font usage, et facilite considérablement la digestion.

Le café doit être interdit aux personnes nerveuses et aux jeunes enfants, chez lesquels il produit des effets fâcheux.

Q. Avec quoi se fabrique le chocolat ?

À. Le chocolat est un mélange de cacao et de sucre ; il est généralement aromatisé à la vanille. La qualité du chocolat dépend du choix que l’on fait du cacao, et de la qualité du sucre que l’on emploie.

Q. Le chocolat est-il un aliment très nourrissant ?

À. Le chocolat est un aliment très nourrissant, mais dont la digestion n’est pas aisée, à cause des matières grasses qu’il renferme. Préparé à l’eau, le cho-

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colat est plus digestible que fait au lait.

Associé au thé et au café, le chocolat coustitue un mélange alimentaire très aromatique et très savoureux, qui convient mieux à la plupart des estomacs.

Q. Comment s'obtient l’alcoo!l ?

À. L'alcool est le produit de la fermentation que subissent les matières végétales qui contiennent du sucre. La qualité varie suivant la provenance. La plupart des boissons alcooliques sont pernicieuses à la santé et à l'intelligence de l’homme.

Q. Quelle est l'influence de l’alcool sur l’homme ?

À. L'alcool est un aliment très combustible : introduit dans notre organisme, il le stimule en le consumant, et laisse dans tous nos tissus des altérations profondes. Ingéré à fortes doses, l’alcool détermine des désordres nerveux considérables. Pris en excès, il produit l’ivresse, et porte une terrible atteinte aux plus belles facultés de l’homme. L'usage de l’alcool mène à l'alcoolisme, et il est aujourd’hui démontré que l'alcoolisme, en

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vieillissant tous les tissus de l'organisme humain, accélère chez les individus, et même chez les races, la sénilité et la mort.

Enfin, l'alcool est le principal facteur du crime et de la folie. C’est avec raison que l’on dit : ‘‘ l'alcoolisme, voilà l’ennemi de l’homme.”’

Q. Avec quoi se fabrique le vin ?

R. Le vin se fabrique avec le fruit de la vigne. Mais le sol où pousse la vigne exerce une influence modificatrice sur la composition chimique des raisins : ce qui constitue les nombreuses espèces de vins qui sont livrés à la consommation. Enfin, la grande variété des vins que procure un même raisin provient de la manière dont on les prépare.

Q,. Quelle est l’action du vin sur l’homme ?

À. Le vin est à la fois un aliment, un excitant et un tonique. Il présente une grande valeur nutritive, et il constitue un précieux auxiliaire à l'alimentation, à condition, toutefois, d’être pris à dose modérée. Les excès répétés du vin produisent l'alcoolisme. La femme boira peu

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de vin. Il doit être rejeté de l’alimentation de l’enfant. Mais il convient à l’adulte et au vieillard.

Q. Comment la bière est-elle fabriquée ?

À. On fabrique la bière avec du houblon et certaines matières végétales, telles que l'orge, le froment, l’avoine, le seigle, le maïs, le riz, la pomme de terre, etc.

Mais l’orge est la matière végétale généralement employée.

Q. La bière est-elle bonne pour la santé ? |

À. La bière a une certaine valeur nutritive. C’est un aliment réparateur et respiratoire à la fois ; toutes les bières contiennent une plus ou moins grande quantité d'alcool. Elles peuvent déterminer l'ivresse et l'alcoolisme comime toutes les boissons alcooliques. L'abus de la bière a les plus terribles conséquences sur Ja santé.

Ne CHAPITRE VII Du Régime.

Du régime, son influence sur la santé.—Manière de se bien nourrir.—Ration alimentaire.—Régularité des repas.—Comment faut-il manger.—Mastication,— Aliments, professions et Âges de la vie. — En se mettant à table.

Q. Qu'est-ce que le régime ?

Æ. Le mot régime veut dire bon gouvernement de la vie physique, morale et intellectuelle. Mais il sert ordinairement à désigner l’ensemble des règles hygiéniques qui président à l’alimentation de l’homme ; c’est la définition que nous lui consacrerons dans ce chapitre,

Q. Le régime exerce-t-il une influence sur la santé ?

À. La santé est l’exercice régulier et facile de tous nos orgares ; mais le fonctionnement de nos organes entraîne sans cesse une dépense de force et une usure de tissus. L'aliment que nous prenons répare ces pertes de notre organisme. Le régime, qui régit notre alimentation, a

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donc une importance capitale pour la santé. En effet, le médecin constate tous les jours que l'abus de la table est cause d’une foule de maladies qui affligent notre humanité. Il importe donc de se bien graver dans la mémoire cette vérité hygiénique et morale : ‘‘ il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger. ’’

Q. Quelle est la meilleure manière de se bien nourrir ?

R. Pour satisfaire aux besoins de la nutrition de notre corps, il importe de bien établir une distinction entre l’appétit de l'estomac, la faim, la gourmandise et la fringale, L’appétit de l’estomac consitue un desir de manger, qui se fait sentir aussitôt que la digestion du dernier repas est terminée ; tardons-nous alors de prendre des aliments, ce désir devient pressant, c’est la faim. L'homme qui prend plaisir à manger avec avidité et excès, immole sa santé à la table de la gourmandise. Il faut bien se garder d’en contracter l'habitude, car une fois prise, elle devient impérieuse. La fringale est une faim vive, subite, mais accidentelle ;

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elle indique une maladie de l'estomac, qu’il ne faut pas satisfaire.

Q. Qu’entendez-vous par la ration alimentaire ?

R. La ration alimentaire consiste dans la quantité et la qualité des aliments nécessaires à l’homme pour se bien porter.

Cette ration varie suivant le genre de vie de chaque individu. L’hoinme qui travaille a besoin d’une alimentation plus considérable et plus azotée que celui qui mène une vie oisive et sédentaire, D'ailleurs un sentiment instinctif avertit toujours l’homme de la manière dont il doit agir en pareil cas.

Q. La régularité des repas est-elle importante ?

À. La régularité dans les repas est une des conditions d’une bonne digestion.

Ainsi, il faut bien déjeuner au commencement de la journée, bien dîner à midi, et souper légèrement à la chute du jour.

Les intervalles entre les repas doivent être de six heures au maximum.

Q, Comment faut-il manger ?

À. Au moment du repas, on doit faire

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trêve aux occupations sérieuses, car une joyeuse disposition d'esprit est indispensable à une bonne digestion. Durant le repas, une conversation agréable et gaie exerce un effet favorable sur le système nerveux, hâte la digestion et aide aussi à toutes les fonctions de l’organisme ; elle permet à l’air d'entrer abondamment, de se mêler aux aliments pendant la mastication. Ainsi parvenus dans l’estomac, les UE aliments sont facilement imprégnés par | le suc gastrique, et le travail de l’estomac est considérablement facilité. Il importe donc de préparer la digestion en admettant à sa table cet hôte aimable, la gaîté, et de la respecter au moins durant une heure en se livrant à des distractions calmes et agréables,

Q. Est-ce une mauvaise habitude d’avaler sans mastication ?

ÆR. C’est une bien mauvaise habitude d’avaler sans mastiquer suffisamment ; elle mêne sûrement à la dyspepsie. On ne doit avaler qu’à très petits coups les choses glacées. Les substances alimentaires ou les liquides chauds sont généra-

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lement favorables à la digestion. On doit toujours boire lentement et, durant le repas, ne jamais boire pour avaler plus rapidement les aliments

O, V a-t-il danger de consommer exclusivement des aliments réparatcars ?

À, Il faut que la proportion des aliments réparateurs ou azotés soit en rapport avec le travail musculaire. C’est pourquoi les aliments réparateurs conviennent mieux aux travailleurs, aux convalescents et aux enfants qu'aux gens de professions sédentaires. Chez celui qui mêne une vie sédentaire ou s'occupe du travail intellectuel, le régime exclusif d'aliments réparateurs détermine la dyspepsie, la constipation et les maux de tête, prédispose aux hémorrhagies, aux inflammations, à la gravelle, à la goutte.

Q. L'abus des féculents ou des sucres est-il dangereux ?

À. L'abus des féculents ou des sucres prédispose au diabète et à certaines maladies du foie. Ces substances produisant de la chaleur animale, font engraisser.

C’est pourquoi les personnes prédisposées

à l'obésité doivent éviter ces aliments. - Ceux qui sont atteints d’une maladie du foie feront un usage très modéré du pain, des pommes de terre, des haricots, des sauces, etc.

Q. À qui conviennent les aliments gras ?

À. L'usage des aliments gras convient particulièrement aux habitants des climats froids. Ces aliments sont éminemment propres à entretenir la flamme du foyer vital, et, partant, à protéger contre l’envahissement du froid. Ils conviennent aussi aux pauvres, aux enfants, aux personnes débiles, aux consomptifs ; ces aliments sont comme l’huile que l’on verse dans une lampe qui va s’éteindre.

Q. Que faut-il toujours se rappeler en se mettant à table ?

À. Il serait bon de bien s’imprégner de ces grands préceptes ainsi exprimé Fonssagrives : ‘* Dans la quantité des aliments qui figurent sur les tables bien servies, il y a trois parts à faire : la première, pour la réparation de nos forces ; la seconde, pour la satisfaction du palais ;

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la troisième, pour la préparation des maladies à venir. ’ Les riches immolent leur santé à la table de la gourmandise. De bonne heure, il faut donc chercher la sobriété qui consiste à manger modérément, et à ne sentir, au sortir de la table, nulle langueur corporelle pendant la digestion.

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