II. LAl PRETENDUE RÉFORME n'eST PAS l'oUVRAGK
DE Dieu.
P3uî-on croire que la Uèforme entreprise par Luthe)' soit VoU' vrage ds Dieu ? Raisonnablement on ne peut le croire.
Pourquoi cela ? Premièrement parce que l'auteur de cette réforme n'est pas de Dieu ; en second lieu , parce que spn entreprise n'est pas de Dieu ; en troisième lieu , parce qiue les moyens dont il s'est servi ne sont pas de Dieu.
Pourquoi dites-vous que l*auteur de cette réforme n'est pas dç Dieu ? Si Dieu eût voulu réformer son Eglise , il se fût servi d'un autre homiie que de Luther, )
Que trouvez-vous à redire à Luther ? Les livres qu'il nous a laissés rendent assez témoignage contre lui.
Comment donc ? et qu'y at-il dans ses livres de si fort à bldr mer ? Il y a premièrement plusieurs expressions sales , propres à révolter la pudeur.
Qu'ya-til de plus? Il y a quantité de paroles bouffonnes, tendantes au mépris des clioses saintes.
QuW a-t'il encore ? On nombre infini d'injures les plus grossières , dites aux personnes les plus respectables.
If. La prêt. Uéf, nest pas Coui»rage de Dieu. 1 1
Itapportez-noas quelques-unes de ces injures , pour taire le reste qui offenserait la bienséance : comment traite-t-ille roi (CAn-gleterre, en répondant au livre que ce roi avait fait contre lui ? (Tom. 9, f. 145. ) Il le traite d'âne, d'idiot^ de fou, dont tons les enfans doivent se moquer.
Comment traite-t^il le cardinal Albert , archevêque et électeur de Mayence , dans le livre écrit contre l'évéque de Magdebourg ? (Tom. 7. f. 553. ) Il l'appelle malheureux petit prêtre , rempli d'une multitude infinie de démons.
Comment traite-t-il le duc Henri de Brunswick ? ( Tom. 7. f. 1 18.) Il dit de lui^ qu'il a avalé tant de diables en mangeant et ])uvant, qu'il ne crache autre chose.
Comment traite-t-il le duc Georges de Saxe ? ( Tom. 9. f. 90. } Il l'appelle un homme de paille , qui , avec son gros ventre , semble vouloir insulter le ciel» et avaler Jésus-Christ tout entier.
Luther fit il paraître plus de modération envers CEmperear et le Pape ? Non ; il les traita avec la même indignité.
Comment parlait-il de C Empereur ? Il disait entre autres choses , que le Turc avait dix fois plus jde vertu et de bon sens que l'Empereur.
Comment parlait-il du Pape ? Il le traitait de bête , de loup furieux , contre lequel on devait s'armer de tonte part.
Que concluez-vous de ces façons de parler , qui sont si fréqiten" tes chez Luther, que tous ses ouvrages ne paraissent qu*un tissu d'injures ? Je conclus que ce n'était pas un homme envoyé de Dieu pour réformer l'Ëglise.
Sur quoi fondez-vous cette conclusion^ Sur ce qu'on ne voit pas en lui la moindre marque de l'esprit de Dieu ; bien loin de là , on y voit un esprit tout opposé.
Le parti ne pourrait -il pas dire, qu'on se met peu en peine du maître , pourvu que la doctrine soit bonne ; que ce n^est pas sur l'autorité de Luther qu'on s'appuie , mais sur C autorité de la parole de Dieu ? Si la doctrine Luthérienne est bonne , il faut que Dieu se soit servi de Luther , comme d'un instrument propre à rétablir la foi : or cela ne se peut croire prudemment; donc on ne peut pas non plus prudemment croire que la foi Luthérienne soit bonne.
iVff pourrait-on pas objecter aux Catholiques , qu'il y a eu des Papes qui ne valaient guère mieux que Luther ? Le Sauveur a eu soin de prévenir cette objection, au chap aS de S. Mattb.
lUxpportez-nous les paroles du Sauveur i Les Scribes et les Pharisiens sont assis sur la chaire de Moïse; observez donc et faites tout ce qu'ils vous disent , mais ne faites pas ce qu'ils font.
Quelle différence mettez-vous entre les Papes qui ont été déré-
la CATECHISBIK DE CONTROVEASE.
glés^ et mtre Luther? Les Papes qui étaient déréglés ne laissaient pas d'être pasteurs légitimes , ayant succédé à leurs prédécesseurs ; mais Luther s'est porté pour réformateur sans aucune mission.
Apportez encore une autre différence? Les Papes déréglés n'ont rien enseigné de nouveau ; mais Luther a été le premier à enseigner une doctrine dont on n'avait aucune connaissance avant lui.
Après avoir fait voir que l'auteur de la Réforme prétendue n'est pas de Dieu y faites voir aussi que son entreprise ne vient pas de Dieu, Quelle a été l'entreprise de Luther ? Il a entrepris en premier lieu de convaincre l'Eglise de s'être trompée. En second lieu il s'est séparé de l'Eglise , en faisant bande à part avec son nouveau troupeau.
Une entreprise telle que celle-là peut-elle venir de Dieu? Non ^ car Dieu n'a jamais commandé de faire le procès à l'Eglise » mais de l'écouter avec respect.
Rapportez-nous les paroles du Sauveur , en saint Matthieu^ chap. xviii?(( Quiconque n'écoute pas l'Eglise^ regardez-le comme nn païen et comme un publicaîn. »
Quelle est l'Eglise que Luther a accusée d'avoir erré ? est-ce L'Eglise particulière de Rome seulement , ou est-ce l'Eglise universelle ? C'est l'Eglise universelle qu'il a osé blâmer.
Comment le prouvez-vous ? Avant Luther il ne s'est trouvé aucune société chrétienne qui ait cru ce que Luther a enseigné depuis ; c'est donc contre l'Eglise universelle qu'il a osé s'élever.
'Est'ilsûret incontestable qu'avant Luther il ne se soit trouvé aucune société chrétienne qui ait enseigné la doctrine de Luthei*? Luther en convient lui-même.
Rauffortez-nous ses parole^ ? ( Tom. s. f. 9. b. ] « Combien de rois ma conscience n'a-t-elle pas été alarmée ! combien de fois ne me suls-je pas dil à moi-même ; Prélends-tu être le seul de tous les hommes qui soit sage ! prétendstu que tous les autres se soient trompés pendant une si longue suite d'années ! »
Qu'est-ce qui faisait le plus de peine à Luther^ dans le temps qu'il méditait le nouveau systimie de sa doctrine ? C'est un reste de respect , qu'il ne pouvait s'empêcher de conserver pour l'Eglise.
Comment s'exprime-t-il sur ce sujet ? ( Tom. 2. f, 6. ) a Après avoir vaincu toutes les autres considérations , je n'ai pu vaincre qu'avec beaucoup de peine celle qui dit qu'il faut écouter l'Eglise. »
Que pensait Luther de son entreprise ? pouvait-il se rassurer contre ses propres doutes ? « Je ne suis pus assez hardi , disaitil , pour oser assurer que c'est au nom de Dieu que j'ai
IL La prêt. Réf. nest pas V ouvrage de Dieu. 1 3 commencé toute cette affaire ; Je ne Youdrais pas aur cela soutenir le jugement de Dieu. » ( Tom. i. f. 364« b.)
Que dites-vous du schisme que Luther a causé dans L'Eglise ? Peut-on croire prudemment que ce soit là l'ouvrage de Dieu? Non^ car Dieu a défendu aux Chrétiens de faire schisme entre eux.
Bapporlez^nous les paroles de l'apôtre ^ au chapitre premier de la première aux Corinthiens? ulAts Frères , je tous prie de faire en sorte qu'il n'y ait aucun schisme parmi vous. »
Quelle Idée Luther avait-U lui-même du schisme , lorsqu'il n'était pas encore si fort échauffé contre le Pape ? Il disait qu'il ne pouvait être permis , pour quelque sujet que ce fût, de se séparer de l'Eglise romaine.
Bapportez^nous les paroles de Luther. ( Tom. i. f. 1 16. b. ) « Il no peut y avoir de sujet , quelque important qu'il soit, qui puisse donner droit de rompre l'union de TEglise. •
Luther a-t-il rompu C union de l'Eglise ? 11 l'a rompue sans doute y puisqu'il s'est séparé du grand corps des chrétiens y faisant bande à part avec son nouveau troupeau.
Quelle remarque a-ton faite en tout temps , depuis la naissance du Christianisme ? Toutes les fois qu'un petit corps s'est détaché du grand corps des Chrétiens , pour quelques points de doctrine , il s'est toujours trouvé que le petit corps a donné dans l'erreur et dans l'hérésie.
ji't-on vu plusieurs exemples de cela ? On en a vu plus de cent.
Les Luthériens et les Calvinistes peuvent ils espérer que le schisme leur aura mieux réussi qu'à tant d'autres? Raisonnablement ils ne peuvent l'espérer.
Pourquoi non ? Les gens qui marchent sur les traces de ceux qui se sont égarés , ne peuvent manquer de s'égarer avec eux.
Pourquoi avez-vous dit que les moyens dont Luther s'est servi pour établir sa réforme ne sont pas de Dieu ? Quels sonl-ils ces moyens ? Tous les moyens dont il s'est servi semblent n'avoir été inventés que pour flatter les passions de l'homme.
Mapporteznous en quelques-uns. Premièrement , il permit & tous ceux qui auraient fait vœu de chasteté de se marier.
Rapportez-en d'autres? ^n second lieu, il permit aux princes temporels de s'approprier les biens de l'Eglise.
En troisième lieu ? 11 abolit la confession , les abstinences , les jours de jeûne et toute œuvre pénible.
Comment s'y prit-il pour tranquilliser les consciences inquiètes? U imagina une foi justifiante , qui devait tenir lieu de tout.
l4 CA.TÉCHISME DE CONTROVERSE.
comme si c'était assez de croire aux mérites de Jésus- Ciirist.
De quel appât se servit-U pour attirer à son parti les esprits sujfisans et présomptueux ? Il flalta leur orgueil , en leur déférant Thonneur d'être juges de toutes choses.
Comment cela? Eu leur mettant la Bible en main , et en leur persuadant qu'ils étaient capables de décider par euxmêmes tous les points de controverse.
Dites-nous ce qu'il permit en particulier au landgrave Pidlippe de liesse pour se ménager sa protection. Il lui permit d'avoir eu même temps deux femmes.
Dites-nous le nom de la seconde qu*il épousa du vivant de la première , qui était Christine de Saxe. Elle s'appelait Marguerite de Saal , et avait été lilie d'honneur de l'épouse légitime.
Luther fut-il le seul à accorder cette permission , ou y eut-il encore (Cautres docteurs luthériens qui opinèrent à l'accorder? Huit des plus célèbres docteurs du parti signèrent ladite permission de leur propre main.
S'est-il jamais vu depuis le commencement du christianisme une permission aussi scandaleuse que celle-là ? Non » jamais rien ne s'est vu de pareil.
Que dit à cela C Ecriture ? (Gen, n. 24. Matih. xix. 5. Marc. x. 8. )
. Elle dit que deux ne seront qu'une même chair; elle ne parle pas de trois.
Quelle remarque faites-vous pour cela ? Que ces Messieurs ont grand tort de nous vanter sans cesse leur exactitude à s'en tenir à la lettre de l'Ecriture.
S'il est vrai que l'auteur de la Bé forme prétendue ne soit pas de Dieu , que son entreprise ne soit pas de Dieu, et que les moyens dont il s'est servi ne soient pas de Dieu , à quoi se trouve obligé tout partisan de Luther ? Il se trouve obligé sous peine de damnation de rentrer dans l'Eglise catholique, dont il est sorti par la séduction de Luther.
Dans quelle situation reste-t-il , tant qu'il ne s'acquitte pas de cette obligation ? Il reste dans un schisme damnable ; il manque de prêtres légitimes ; il ne reçoit jamais le corps ni le sang de Notre-Seigneur , et , ne se confessant pas , il est hors d'état d'obtenir la rémission de ses péchés.
Que dites-vous de ceux qui , convaincus intérieurement de la vérité de la Religion catholique , n'oseraient pourtant en faire profession publique ?u Siquelqu'un rougit de moi et de mes paroles, (dit le Sauveur, au chapitre neuvième de saint Luc , ) le Fils de l'homme rougira aussi de lui , quand il viendra dans sa gloire et dans celle de son Père. »
Que dites-vous à ceux qui^ ayant du penchant pour la Religion catholique , ne la suivent pas par certaines considérations
IL La préL Ref, n'est pas Fourrage de Dieu, 1 5 qu'ils ont pour leurs familles ? Le Sauveur leur dit , au chapitre dixième de saint Mattliieu : Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Que dites-vous à ceux qui , dans la crainte de souffrir quelque perte temporelle , restent dans le mauvais parti ? Le Sauveur leur dit au chapiti>e huitième de saint Marc : Que servirait à un homme de gagner tout l'univers , et de perdre sou ame ?
IIL DE LA VRAIE ÉgLISE DE JÉSUS-ChrIST.
Peut-on se sauver hors de la vraie Eglise de Jésus-Christ ? Non;
hors de la vraie Eglise il n'y a point de salut à espérer. Que dit le Sauveur ? ( eu saiut Mattbîea , cli. wm,) Gelid qui
n'écoute point l'Eglise, regardez-le comme un païen. Que dit saint Cy/Ji'ien ? (Lib. du Uni i. Eccl. ) Celui qui n'a pas
l'Eglise pour Mère , ne peut avoir Dieu pour père. De quelle comparaison se servent les Pères ?« De même que tous
ceux qui n'étaient pas dans l'arche de No3, ont tous péri
dans les eaux du déluge , ainsi se perdent aussi tous ceux
qui ne sont pas dans la vraie Eglise. »
Quel est le neuvième article du Credo ? a Je crois une sainte
Eglise catholique. »
■ Que signifie cela ? Que l'on croit fermement qu'il faut être
membre de la véritable Eglise pour pouvoir se sauver. A quelles marques reconnaît-on la vraie Eglise de Jésus-Ckrist?
Particulièrement à deux.
Quelles sont^elles ? Il faut premièrement que la vraie Eglise . soit établie depuis près de mille huit cents ans ; il faut en
second lieu qu'elle ait toujours subsisté depuis son établissement.
Pourquoi dites-vous qu'il faut que l'Eglise soit établie depuis . près de mille huit cents ans ? Parce que c'est Jésus - Christ
qui a établi la vraie Eglise : or il y a près de mille huit . cents ans qu'il est monté au ciel.
Pourquoi dites-vous qu'il faut que l'Eglise ait toujours subsisté
depuis son établissement sans aucune interruption ? Parce
Jésus-Christ a promis cette perpétuité à son Eglise. Rapportez-nous les paroles du Sauveur. ( au chapitre xvi tic saiat - Matthieu. ) « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mou
Eglise , et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre
elle. »
Rapportez-nous ce qu'il dit à ses disciples. ( au dernier chapitre
de saint Matthieu.)» Je serai avecvous tous les jours jusqu à
la consommation des siècles. » - a\
Comment est-ce que saint Paul parle de l'Eglise ? (i.Tim. ni lo.)
Il l'appelle la colonne et k soutien de la vérité.
l6 CATECHISME DE CONTROVERSE.
S'il était vrai que l'Eglise fât jamais tombée dans l'erreur et dans l'idolâtrie, que s* ensuivrait -il de là? Il s'ensuivrait que le Sauveur serait ua faux prophète et un architecte în ^f^ns^
Pourquoi dites-vous que le Sauveur serait un faux prophète 7 Parce que les portes de l'enfer auraient prévalu sur l'Eglise contre la prédiction de Jésus-Christ.
Pourquoi dites-vous que le Sauveur serait un architecte insensé? Parce qu'il n'aurait pas hâli son Eglise sur le roc , mais sur le sable , comme cet architecte insensé dont il estparlé en saint Matthieu , chap. vif.
Quelle conclusion tirez-vous de tout cela ? Que l'Eglise n'a jamais failli dans les matières de la foi , et qu'il faut se tenir fermement et inébranlablement à tout ce qu'elle nous enseigne.
OU se trouvent tes deux marques de ta vraie-Eglise dont il a été parlé ? Dans l'Eglise catholique.
Est-elle établie depuis près de dix-huit cents ans? Oui , car on ne peut marquer aucun autre temps postérieur de son établissement.
Eglise catholique a-t-etle toujours subsisté sans aucune inter*
Vruption ? Oui , car on ne peut dire quand et combien de temps elle a été interrompue.
Comment saint Augustin prouve-t-il que l'Eglise de son temps avait l'antiquité nécessaire jointe à la perpétuité ? (Ep. ad Gêner.) Il le prouve par la succession non interrompue des papes , qu'il nomme les uns après les autres.
Combien en compte- t-il jusqu'au temps oit il vivait? Trenteneuf.
Combien en comptons-nous depuis saint Pierre jusqu'à Grégoire XFly qui gouverne l'Eglise aujourd'hui ? Deux cent cinquante-six.
Les deux marques dont il a été parlé, conviennent-elles aussi à C Eglise luthérienne et calviniste? Non , en aucune manière.
Combien y a-t-ll que l'Eglise luthérienne est établie ? 11 y a environ trois cents ans.
Quand est-ce que Luther a commencé à prêcher sa doctrine ? En Tan mil cinq cent dîi^sept.
Et Calvin ? 11 a commencé vingt ans plus tard , en l'an mil cinq cent trente-sept.
N'y avait-il pas d'Eglise luthérienne ni calviniste avant Luther et Calvin ? Non , il n'y avait aucune société qui fit profession de leur doctrine ; on ne peut nommer aucun auteur qui en parle, on ne peut dire en quel pays elle se trouvait.
Quel raisonnement faites-vous donc contre les adversaires ? 11 faut que la vraie Eglise de Jésus-Christ soit établie depuis près de mille huit cents ans : or, l'église luthérienne et
III. De la vraie Eglise de Jésus-Christ, 1 7 l'église calviniste ne sont pas si anciennes ; donc elles ne sont pas la vraie Eglise de Jésus-Christ.
1*^5 adversaires ne pourraient-Us pas répondre que i'Eglise a cru comme eux pendant les quatre premiers siècles , qu'en^ suite la pureté de la doctrine s'est altérée , et qu'il a fallu que Luther et Calvin vinssent réformer l'Eglise ? Cette réponse ne les tirerait pas d'affaire.
Comment cela ? 11 faut que l'Eglise subsiste depuis près de mille huit cents ans » sans aucune interruption : or de leur aveu , l'église luthérienne ou calviniste aurait été interrompue pendant plus de mille ans ; donc en leur donnant même ce qu'ils demandent , il s'ensuit toujours que leur église n'est pas la véritable Eglise de Jésus-Christ.
Quelle est la demande qu'on peut faire aux Luthériens et aux Calvinistes ,et à laquelle ils ne pourraient jamais répondre ?, Il faut leur demander où était la véritable Eglise avant Luther et Calvin.
Ne pourraient-ils pas dire que l'Eglise était pour lors invisible;, qu'il y a toujours eu des gens qui étaient dans les sentimens, de Luther et de Calvin , mais qu'ils n^ osaient professer ouvertement leur croyance ? Celte réponse ne peut contenler aucune personne raisonnable.
Comment cela ? Les gens qui professent une autre croyance que celle qu'ils oui dans leur cœur , sont des hypocrites et des traîtres à leur religion , et ne sont pas capables de composer la vraie Eglise de Jésus-Christ.
L'Eglise juive n'a~t-elle pas été invisible pendant un temps , et Dieu ne dit-il pas au prophète Elle , ^u'il y avait sept mille hommes cachés qui n'avaient pas fléchi le genou devant Baal ? Lorsque F Eglise juive était invisible dans le Royaume d'Israël , elle était très-florissante dans le royaume de Juda.
N'avez-vous point d autre réponse ? Il y a une grosse différence entre l'Eglise chrétienne et entre l'église juive.
Quelle différence y mettez-vous ? Il n'y a point eu de promesse faite à l'église juive , que les portes de l'enfer ne prévaudront point cou Ire elle.
De quelle manière prouvez-vous encore qu'il faut que l'Eglise ait toujours été visible ? Si l'Eglise n'avait pas toujours été visible, on n'aurait pu satisfaire au commandement de Jésus - Christ , qui ordonne qu'on porte ses plaintes à l'Eglise , et qu'on écoule ses décisions.
Qu'avez-vous encore à dire contre l'invisibilité de l'Eglise ? Si la vraie E^îlise pouvait être invisible^, les ariens , et tous les autres hérétiques auraient cause gagnée , et seraient en droit de rejeter les quatre premiers conciles.
Comment cela ? Ils n'auraient qu'à dire qu'il y a toujours
l8 CATÉCHISME DE CONTROVERSE.
eu une Eglise invisible, qui était de leur sentiment « et que l'Eglise visible s'est trompée dans ses décisions.
Les adversaires n*ont'ib rien autre chose à répondre à la de* mande qu'on leur fait, où était la vraie Eglise avant Luther? Il y en a qui disent que la véritable 'Eglise était chez les Hussites ou chez les Vaudois.
Cette réponse peut-elle se soutenir ? Non , pour deux raisons.
Dites-nous la première ? Les Hussites et les Vaudois avaient une croyance fort différente de celle des luthériens et des calvinistes , et par conséquent ceux-ci ne peuvent pas regarder ceux-là comme leurs frères » ni composer une même Eglise avec eux.
Dites-nous la seconde raison ? Quand bien ce serait la même croyance de part et d'autre, on ne pourrait remoater, avec le secours des Hussites et des Vaudois , que jusqu'au douzième siècle.
Cela ne suffirait-il pas ? Non , car il faudrait encore faire voir où a été la vraie Eglise depuis le quatrième siècle jusqu'au douzième.
Que diriez-vous aux protestans , s'ils s'avisaient de dire que
. l'Eglise catholique était la vraie Eglise avant Luther , mais qu'il s'y était glissé plusieurs erreurs et abus qu'il a fallu corriger? SI l'Eglise catholique a été la vraie Eglise de
. Jésus-Christ avant Luther, elle l'est encore aujourd'hui , et on a eu tort de s'en séparer.
Que dites-vous des erreurs qu'on prétend imputer à l'Eglise ? Ou ces erreurs que l'on impute à l'Eglise , étaient préjudiciables au salut^ ou elles ne l'étaient pas.
Que dire aux adversaires , au cas qu'ils prétendent que l'Eglise enseignait des erreurs préjudiciables au salut ? Il s'ensuivrait de là que l'Eglise serait tombée en ruine ^ contre la promesse de Jésus-Christ.
Que dire aux adversaires , au cas quCils veuillent que ces erreurs n'étaient pas préjudiciables au salut ? Ils ne devaient donc pas se séparer de l'Eglise catholique , car il n'est pas permis de se séparer de la vraie Eglise de Jésus-Christ.
Ne pourraient-ils pas dire qu'ils ne se sont pas séparés de nous^ mais que c'est nous qui nous sommes séparés d'eux ? Quand il y a deux sociétés , et que l'une est grande , l'autre petite , l'une ancienne , l'autre nouvelle , ce n'est pas la grande et l'ancienne qu'il faut rendre responsables de la séparation , mais la petite et la nouvelle.
y a-t-il encore d'autres marques de la véritable Eglise ? Oui , il y en a quatre , qui sont contenues dans ces paroles du Symbole de Nicée : Je crois l' Eglise ^ une , sainte , catholique et apostolique.