XXIV. Instruction sur V Hérésie. tJj
Qu^a-t-on remarqué en premier lieu? On a t^emarqué que tous les hérésiarques ont osé blâmer l'Eglise d'être tombée dans des erreurs pernicieuses.
Qu'a-t-on remarqué en second lieu ? On a remarqué que les hérésiarques avec leurs adbérens se sont séparés de l'Eglise.
Qu^a-t-on remarqué en troisième lieu ? On a remarqué qu'ils ont enseigné de nouveaux dogmes inconnus avant eux.
Qu'a-t-an remarqué en quatrième lieu ? On a remarqué qu'ils ont donné leur nom ou le nom de leurs dogmes à leurs sectateurs.
Qu'a-t-on remarqué en cinquième lieu? On a remarqué qu'aucun d'eux n'a pu prouver sa mission légitime.
Trouve-t^an les mêmes choses à remarquer dans Luther et Calvin ? On y trouve les mêmes choses qu'on a remarquées dans tous les chefs de partis.
Luther et Calvin ont-ils blâmé l'Eglise d'être tombée dans des erreurs i)emicieuses ? Ils ont fait en cela comme Arius , Macédonius , Nestorius et Euiychès.
Luther et Calvin ont-ils donné leurs noms à leurs sectateurs ? Les Luthériens tiennent leur nom de Luther» les Calvinistes de Calvin , comme les Ariens d' Arius , les Macédoniens de Macédonius , etc.
Comment prouvez-vous que Luther a enseigné de nouveaux dogmes qid avant lui étaient inconnus dans le christianisme ? On ne peut nommer aucun pays» aucun diocèse» ni aucune ville oCi l'on ait cru avaut Luther qu'il n'y a que deux sacremens ; que la messe est une abomination , la confession une torture de conscience , Tinvocation des Saints une idolâtrie , le purgatoire une superstition , et le pape l'Antéchrist.
Quelles remarques a-t-on toujours pu faire toutes les fois qu'il s'est élevé une nouvelle doctrine dans C Eglise ? On a pu nommer l'auteur qui lui a donné le commencement , dire le lieu et le temps où on l'a vue naître , nommer les premiers adversaires qui l'ont combattue , et dire le concile qui l'a condamnée.
Donnez-nous un exemple ? C'est ainsi que l'on sait qu'Arius a été le premier à enseigner que le Fils de Dieu était moindre que son Père.
Sait-on le lieu où, il l'a enseigné ? C'est à Alexandrie , ville d'Egypte.
Sait-on l'année de la naissance de cette doctrine ? C'est en l'an 315.
Sait-on ceux qui ont été les premiers à la combattre ? C'est particulièrement le patriarche Alexandre et saint Athanase.
Sali-an par quel Concile cette doctrine a été condamnée ? Par le premier Concile de Nicée.
Peut-on marquer les mêmes choses touchant la doctrine de Luther ? On le peut également.
Sait-on le Ueu oà cette doctrine a pris naissance ? C'est à Wittemberg en Saxe.
Sait on Cannée? C'est Tan 1517.
Sait-on qui a été le premier à combattre cette doctrine ? Ce sont toutes les universités auxquelles Luther en avait appelé.
Sait -on le Concile qui l'a condamné ? C'est le Concile de Trente.
A quelles autres marques peut-on encore connaître la nouveauté de la doctrine de Luther ? A trois différentes marques.
Dites la première ? Ceux qui ont embrassé la doctrine de Luther étaient d'abord en fort petit nombre.
Dites la seconde? Tous ceux qui ont suivi Luther avaient étô élevés dans une autre doctrine.
Dites la troisième? La doctrine de Luther causa partout beaucoup d'étonnement et de trouble.
iVe pourrait-on pas dire que Luther n'a rien ensel^é de nourveau 9 qu*il n'a fait que rétablir C ancienne doctrine des apô^ très ? C est là une réponse commune à tous les hérétiques» et qui par-là doit être justement suspecte.
Comment réfutez-vous cette réponse ? La doctrine des apôtres ne peut cesser d*être enseignée dans l'Eglise ; avant Luther on n'avait aucune connaissance de la doctrine de Luther , la doctrine de Luther n'est donc pas la doctrine des apôtres.
Luther et Calvin sontAls plus en état de prouver leur mission que ne l'étaient Arius , Macédonlus , Nestorlus ? Us sont aussi peu en état de la prouver.
Quels reproches faisait-on à Arius , à Macédonlus, et aux autres de leur espèce ? On leur reprochait qu'ils n'avaient point de mission ni ordinaire , ni extraordinaire.
Comment leur prouvait-on quClls n'avalent pas la mission ordl'^ naire ? On leur disait : Vos supérieurs ecclésiastiques ne vous ont pas envoyés » donc vous n'avez pas la mission ordinaire.
Comment leur prouvait-on quClls n'avalent pas la mission eX" traordinalre ? Si Dieu vous avait envoyés immédiatement par lui-même y il aurait attesté votre mission par des miracles.
Bapportez-nous les paroles que Luther adressait aux premiers prédicateurs anabaptistes, (T. 5. Ed. gcr. f. 491* 6. ) « Si ce sont les hommes ^ui vous ont envoyés * faites-nous voir vos patentes » et si c'est Dieu qui vous a envoyés , faitesnous voir des miracles. »