l'est question, dans l'Evangile, des
Christ. Donc, disent les protestants, Marie a eu d'autres enfants.
RÉPONSE. — L'Ecriture a coutume d'appeler frères tous les parents : c'est ainsi qu'Abraham appela Lolh son frère, quoiqu'il ne fût que son neveu. En vertu de cet usage, les neveux de Marie et ses autres parents sont appelés frères du Christ, et môme les parents de Joseph qui passait pour le père du Christ. Ainsi Laban est appelé /ri*« d'Abrahani, bien qu'il n'en fût que le petit-neveu.
— ^Raguel appelle Tobie son frère et il n'était cependant que son iro«j-/«, etc. (Gen. xxix, 15; Tob. VII. 4; VIII, 9). —Déplus, si Marie eûteu d'autres enfants, il serait inconcevable que Jésus, sur la croix, eût recommandé Marie à saint Jean, tandis qu'ayant d'autres fils, c'eût été le devoir naturel de ceux-ci de la recueillir et ils n'y auraient certainement pas manqué.
4° Mais, dit-on, si Joseph est appelé X époux de Marie et si Marie reçoit le nom à.^ femme ou d'?pouse de Joseph, ne doit-on pas en conclure qu'elle n'était pas vierge ?
RÉPONSE. —L'Eglise a toujours cru qu'il y avait eu entre Marie tt Joseph un véritable mariage. En effet, le mariage peut exister et réunir toutes les conditions nécessaires à sa validité, sans cepen dant être consommé.
Les saints Pères connaissaient la Sainte Ecri-
CATÉCHISMK DE CONTROVERSE 39
ture au moins aussi bien que nos Protestants modernes, et cependant ils n'ont jamais songé à rejeter le dogme de la virginité de Alarie, sous le faux prétexte d'i,.p„ssib,lité ou d'opposition avec les Ecritures.
'"• ^lATKRNIÏK DIVINE im MARIE
Marie n'est pas, comme l'affirment certains Protestants, une femme ordinai.e; elle est la Mtre de Jesus-Chnst qui est vrai Dieu et par conséquent Mère de Dieu. Sans doute elle n'a pas engendre la nature divine, mais elle a enfanté selon 1 human.te le Verbe fait chair, q.i est Dieu et homme tout ensemble.
En effet, l'Ange du Seigneur dit expressément à Marie que le &««/ par excellence qui naîtra d'elle seraappelé /. WsJe Dieu (,). - Ecoutons encore sainte Elisabeth qui dit à Marie : „ D'où me vient ce bonheur que la Mère de nwn Seigneur s\^r,r.^ vers moi .' . - Il est évident que Marie est devenue, par l'opération du Saint-Esprit, la Mère du F.1.S unique de Dieu, bien qu'elle n'ait jamais cesse d être vierge.
Le protestantisme professe le plus grand respect
pour la mémoire de Luther, de Calvin, d'Elisabeth
et autres personnages dont la vie n'a été qu'un
tissu de vices et d'aberrations étranges plutôt
(l) Luc, 1, 35.
■Ma
qu'un résumé des vertus chrétiennes. Comment donc peut-il oser blâmer les catholiques de vénérer celle que les Saintes Ecritures appellent //«>/< de grâces, bénie entre toutes les femmes, remplie des dons de PEsptit-Saint, à la fois vierge et mire du Seigneur, celle que toutes les générations proclament bienheureuse, celle en qui le Tout-Puissant a fait de grandes choses f Les catholiques ne font pas autre chose qu'aimer, honorer et vénérer celle que Jésus, notre divin modèle, a aimée, hon<iroe et vénérée.
Objection. — En deux circonstanct.s (i), Notre-Seigneur donne à Marie le nom de femme : cela indique que nous devons faire peu de cas de sa mère selon la chair.
RÉPONSE. — i' Le nom àe. femme chez les Hébreux ne renfermait pas l'idée qu'on y attache parfois en français. Les Grecs et les Romains, adressant la parole à des reines ou à des princesses, eur donnaie nt le titre de femme. Eve, encore revêtue de l'intégrité originelle et de la virginité, reçoit également le nom de femme dans la Sainte Ecriture. Jésus-Christ, suspendu à la croix, se sert de la même expression lorsqu'il recommande sa mère au disciple bienaimé. Tout esprit droit reconnaîtra aisément que Jésus, la bonté infinie, n'a
(i) Jean, il, 14; xi.x, 26.
CATÉCHISME DE CONTnOVERSE 4f
pas pu vouloir, dans une circonstance aussi douloureuse, aggraver l'affliction de sa tendre mère en se servant d une expression blessante ou renfermant une idée de mépris. - D'ailleurs, 20 au moment m.me où il lappdle ainsi, il fait en sa faveur et a sa pnere deux miracles de premier ordre, pour montrer qu ,1 ne peut rien refuser à cette femme qui est sa mère.
Toutes les objections protestantes tombent d elles-mêmes, si l„n se rappelle les principes suivantsqui sont ceu.x de l'Eglise catholique : .«Jésus- Chnst est 1 unique médiateur essentiel et par nature ; Marie n est puissante au ciel qu'en vue des mérites infinis et du sang précieux de son divin F>Is; 2 Nous n adorons que Dieu seul ; nous nous contentons de vénérer Marie, dont la grandeur repose .sur le bon pla.sir de Dieu ; 3- Nous prions Mane non p.xs de nous exaucer, -cela n'appart.ent qu à Dieu, - mais d'unir .ses prières aux nôres afin que nous soyons exaucés ; 4» Les temples les statues, les images en l'honneur de Marie on! pour but a honorer en elle les dons de Dieu et non pas de proclamer qu'elle en est la source
Donc le cuite d'hyperdulie que nous rendons à Marie ne renferme rien qui re.ssente 1 idolàtri. ou la superstition, ou qui soit une dérogation au culte suprême qui n'est dû qu'à Dieu. - Aussi Luther Calvin, Beze et autres réformateurs protestante
CATKCHISHE DE CONTnOVERSB
ont-ils reconnu les sublimes prérogatives de Marie. — Le Common Prayer Book des Anglicans renferme une grande partie de la liturgie catholique concernant les fêtes de la Sainte Vierge, et en particulier la Purification et l'Annonciation.