CHAPITRE TIlOrSIÈME Du culte des images
SOM.MAIKK
Vraie il.iciriiie de rKjilisi; ralholique sur le culte des iinagef. - Objection tirée du livre de lExodc, xx, 4, et réponse. - La niu.ume de faire dos images des saints e' de les vénérer remonte à r,.rigirie du christianisme. — < )l jection contre les pèlerinages et réptinse.
LK protestantisme a bien souvent travesti le dogme catholique concernant le culte des images, prétendant que les catholiques les adorent : ce qui est complètement faux.
La doctrine du saint Concile de Trente (Sess. xxv) sur ce point est très explicite. « On doit avoir, dit-il, et conserver, surtout dans les églises, les images de Jésus Christ, de la Vierge Mère de Dieu et des autres saints, et leur rendre l'honneur et la vénération (]ui leur sont dûs, non fias que Pon croie qu'il y ail en elles quelque divinité ou quelque vertu pour laquelle on doive les honorer, ni qu'on
CATÉCHISME DE CONTROVBRSB
puisse arrittr sa (onfianct en elles, comme faisnient autrefois les gentils qui mettaient leur espérance Jans les idoles, mais par, e que r honneur qu'on leur rend se rapporte aux types premiers qu'elles repré sentent : rie sorte qu'en taisant les imaf;es, en nous découvrant et nous prosternant devant elles, nous adorons Jésus- Christ et nous honorons les saints dont elles portent la ressemblance. »
Ce culte est donc seulement relati/ et non pas absolu. C; n'est pas l'image matérielle que l'on vénère, mair :; personnage céleste qu'elle représente. Les catholiques agissent en cela comme le protestant qui a conservé de l'affection pour un pore dé funt, pour un ami illustre ; il place leurs portraits en un lieu convenable ; il les bai.sc et les regarde avec tendresse ; aux jours de leurs fêtts. il les orne de guirlandes de fl.urs. Personne n'est assez sot pour s'imaginer qu'il y a en cela un acte d'idolâtrie: chacun sait que ce témoignage extérieur de respect et d'amour se rapporte non aux tableaux, mais aux êtres bien-aimés dont ils reproduisent fidèlement tous les traits. Ainsi en est-il du catholique que l'on voit agenouillé devant une statue du Sauveur, de la ;Sainte Vierge ou d'un Saint : cet acte de vénération, ainsi que la prière qui l'accompagne, ne s'adresse pas au marbre ou à la pierre, mais à celui qu'elle représente. Voia qui est facile à comprendre, et cependant
CATÉCHISIIK DB COXTROVKBSE i.',
a Idolâtrie ou de superstition.
La principale objection du protestantisme contre le culte dos images repose sur ce précepte du decalogue où le Seigneur avait dit au peuple juif ■ " I u n auras point de dieux étrangers devant moi ; tu ne te feras point d'images taillées au ciseau, ni aucune représentation de ce qui est dans le ciel sur la terre ou dans les eaux ; tu ne les adoreras pomt, n, ne les honoreras ; car c'est moi qui suis le Seigneur ton Dieu, (i) »
RÉPO.NSE. - Le but de ce précepte divin était évidemment de détourner le peuple juif du culte des taux dieux. L'histoire du veau d'or nous montre que ce peuple était très enclin à l'idolâtrie surtout a cause des peuples voisins qui adoraient les astres et les animaux de toute «pèce. Voilà pourquoi Dieu recommand.' aux Juifs de ne pas adorer de-, dieux étrangers et leur défend de s'en laire de.s images pour leur rendre le , ulte suprt-me, l>our leur demander des grâces et mettre en elles leur confiance, car lui seul est le vrai Dieu. Il leur défend donc uniquement de fabriquer des idoles ou des images pour les adorer cor.medes dieux.fz) Or le.s catholiques n'ont jamais cru que les ima-
(1) t'xod. .XX, 4; Dcut. V, H.
M) Cf. tîxod. XXII, 24.
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ges df nos t'gliscs fussent des dieux et ils ne les ont jamais adorées. Donc la défense faite par Dieu ne s'appliiiiie pas aux catholiques.
D'ailleurs il est bien clair ([ue cette défense du divin législateur n'était piis absolue. En effet, nous voyons que Dieu lui-niênie, immédiatement après, ordonne à Moïse de fairt: deux chérubins d'or battu et;de les placer :'i l'extrémité du propitiatoire. Salomon en fit graver d'autres sur les murailles du temple de Dieu. Le Seigneur dit à Moïse : '1 Fais un serpent d'airain et expose le comme lin signe ; celui qui ayant été blessé, le regardera, vivra ( i ). « Cette vertu curalive lui venait de ce qu'il représentait le futur Messie, Jésus-Christ, qui devait être exalté en croix. Si Moï.se et les Juifs ont pu, sur l'ordre de Dieu, élever et vénérer ce serpent d'airain, qui préfigurait le crucifiement du Christ, sans se rendre coupables d'idolâtrie, pour<iuoi les catholi<|ues le seraient-ils davantage en mettant dans leurs églises des images qui rappellent la naissance, la vie, la mort de ce même Jésus ? L'e.sprit de la loi, tel que l'entendaient les chefs du peuple juif, interdisait donc uniquement l'adoration des images.
Il ne faut pas croire que la coutume de faire
(I) Cf. Exod. XXV, i8; il Parai, m, 7; Nombre, XXI, 8.
CATÉCHISME DK i:ONTIlOVEHSI
des
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moderne. l'our s'en ronvain. re, on trer dans ks catii
une origine
n'a iju'à péné- '•'™"''"'* romaines oi'i nos ancêtres dans la foi allaic.u ,„„ r ., se préparernu martyre • on y trouve un n,„„bre .onsidérable de peintures représentant .|e>u. en Croix, la sainte Vierge le» Samts, la plupart des personnages bibliques • on avait donc, dans la primitive Eglise, la même foi et les mêmes pratiques que nous avons maintenant .- c'est aussi .lair que le soleil en plein midi. Atrnu.; ..mjkc tk.x. L„ catholiques manifestent une plus grande vénération pour certaines •ma,^s ,,ue pour d'autres. N'y a-t-il pas là une preuve qu ,1s reconnaissent dans ces images une excellence propre, une vertu intrinsè.|ue? N'est-ce pas là de l'idolâtrie ?
RK..ONsr. Non, il n'y a pas la n,oindre
trace d Idolâtrie dans cette piété des fidèle.s. Si leur vénération se porte sur une image plutôt que sur une autre, cela est dû à dos causes purement accidentelles et non pas à la persuasion qu'il y a dans telle image tme vertu divine. Sans aucun doute I),eu peut bien, par des vues particulières de sa l'rovdencc, rendre telle de ces images l'organe plus spécial de ses bénédiction.s, le canal plus abondant de ses grâces merveilleuses et de sa toute-puis.antc bonté. La Sainte Ecriture nous ' en fournit des exemples analogues, lorsqu'elle
nous rapporte les prodiges opérés par les mains de saint Paul, par des linges et des mouchoirs appliqués sur le corps de cet illustre apôtre des nations ; mais jamais catholique n'a cru que ces images ou statues miraculeuses fussent douées en elles-mêmes du privilège d'opérer des guérisons, de faire des miracles. Qui pourrait, cependant, refuser à Dieu le pouvoir de choisir l'organe qui lui plaît pour communiquer ses faveurs ? Les plus grands génies, les saints de tous les siècles ont admis des faits de ce genre : leur sentiment ne doit-il pas être préféré aux arguties des sceptiques, des rationalistes ou prétendus esprits forts de notre ■époque ?
Mais, reprennent certains protestants, à quoi bon les PÈLERINAGES que font les catholiques ? Est-ce que Dieu est plus accessible en un lieu qu'en un autre ?
La Sainte Ecriture me fournit la réponse. On voit que « Jacob partit avec tout ce qu'il avait, vint au Puits du Serment, et là immola des victimes au Dieu de son père Isaac (i). » Le Seigneur récompensa la dévotion de son serviteur en lui envoyant une vision céleste, comme il l'avait fait en faveur d'Isaac auprès de ce même Puits d« Serment.
(i) Gen. XLVi, i, 8.
CATÉCHISME DE CONTBOVEBSE
Après avoir ordonné aux Israélites de ruiner olatrie dans le pays de Chanaan, le Seigneur leurd,t: «Vous viendrez a« !ieu çue ie SelZ votre D,eu aura choisi d'entre toutes vos tSI pour y établir son nom et pour y habiter ; et vous offrirez .„ .. lu, ,^, holocaustes et vos vic.i mes, etc. (i) » "" '
Plus tard Salomon adresse à Dieu, le jour de la dédicace du temple, une magnifique prière, afin quil daigne ouvrir les yeux sur cette maison et exaucer son serviteur .„ ce lieu où il a promisque son nom serait invoqué; il supplie le Seigneur
d écouter favorablement tous ceux qui vienLn le pner dans le temple (2).
Voyez encore Naaman, l'Assyrien, qui est guéri de la lèpre, en se plongeant sept fois dans lestaux du Jourdain, et qui demande ensuite à Elisée la permissmn d'emporter avec lui la charge de deux mu ets de terre, afin de pouvoir oflhr à Dieu sur oete terre, dans son propre pays, un sacrifice qu'il ne lu, eta.t pas possible d'aller offrir jusqu'à Jérusalem (3). ^ -'
Lorsqu. l'eunuque d'Ethiopie rencontra le diacre Ih,!-ppe qui lui expliqua la prophétie d'Isaïe
(i) Deut. xii, 5, 7.
(2) Il l'aral. vi, 20, L-tc.
(3) IV R(}isj V, 17.
et lui conféra le baptême, il avait fait un véritable pèlerinage à la Ville Sainte, pour y adorer le Seigneur (i).
La piscine probatique de Jérusalem n'était pas autre chose qu'un lieu de pèlerinage, comme le sont maitenant ceux de Lorette, de Lourdes, de Sainte-Anne de Beaupré. Sous les cinq portiques dont était ornée cette piscine, gisait une multitude de malades qui attendaient le mouvement de l'eau pour y descendre les premiers et y recouvrer la santé (2). Mais d'où venait à l'eau cette vertu de guérir les infirmes ? Pourquoi un ange descendait-il du ciel pour agiter cette eau ? Parce que tel était le bon plaisir de Dieu ; il voulait s'en servir pour opérer des cures merveilleuses et manifester sa puissance. Quelle plus grande répugnance y a-t-il maintenant à ce que Dieu se serve des reliques d'un saint ou de l'eau de Notre-Dame de Lourdes pour opérer de semblables guérisons ? Est-ce que Dieu n'est plus libre, comme autrefois, de déroger, aux lois de la nature dans le lieu, dans le temps et de la manière qu'il lui plaît davantage ? Ce serait une absurdité de le nier.
Encore une fois, ce ne sont pas les objets matériels, quels qu'ils soient, que nous invoquons ;
(i) Act. VIII, 26 etc.
(2) Jean, v, 2 etc.
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