CHAPITRE QUATRIÈME
Le sacrement de l'Eucharistie
SOMMAIRE
L’Eucharistie est un sacrement: sa nature. — Le protestantisme nie la présence réelle, — Preuves de la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie et réponses aux objections protestantes.
LE la doctrine du Concile de Trente, qui est celle de l'Eglise Catholique de tous les siècles et de tous les pays, l'Eucharistie est un Sacrement qui contient véritablement, réellement et substantiellement le corps, le sang, l’âme et la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ sous les apparences du pain et du vin. — Par les paroles de la Consécration que le prêtre prononce, toute la substance du pain et du vin est changée au corps et au sang de Notre Seigneur: c’est ce changement que l’on appelle #ranssubstantiation.
L'Eucharistie est évidemment un sacrement, s’il possède toutes les conditions requises pour
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un sacrement : un signe sensible, une institution divine, une grâce produite. Or ces trois conditions se trouvent réalisées dans l’Eucharistie, En effet, il y a un signe sensible : ce sont les apparences extérieures du pain et du vin, telles que la figure, la couleur et le goût ; il y a institution divine, puisque c’est Jésus-Christ qui, la veille de sa mort, changea du pain et du vin en son corps et en son sang et ordonna à ses apôtres de continuer à ..ire la même chose en mémoire de lui ; il y a une grâce conférée, puisque c’est Lieu, l’auteur de toutes les grâces, qui devient présent dans l’'Eucharistie et qui se donne en nourriture aux hommes.
La plupart des sectes protestantes ont nié la pré. ence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie ; ils prétendent n’y trouver qu’un signe, qu'une figure, qu’un souvenir du Sauveur, ou une vertu émanant de la divinité. Les Ritualistes et quelques autres peut-être croient encore en la présence réelle, mais ils rejettent ordinairement la transsubstantiation ; suivant eux Jésus-Christ devient présent dans le pain ou avec le pain.
Pour constater la fausseté de ces doctrines protestantes, il suifit de remarquer que le Sauveur n’a pas dit : « Ceci est le signe, ou la figure ou le souvenir de mon corps et de mon sang ; » il n’a pas dit non plus: « Avec ce pain et ce vin se
trouvent mon corps et mon sang, » mais il a prononcé ces paroles bien claires et éternellement vraies : « Ceci est mon Corps ; ceci est mon sang, »
Les Saintes Ecritures démontrent la vérité de la doctrine catholique concernant la présence réelle.
La PREMIÈRE PREUVE se tire des Paroles ; Promesse renfermées dans l'Evangile de saint Jean, chap. 6. Il y est raconté que Notre Seigneur multiplia cinq pains et deux poissons de manière à en nourrir cinq mille personnes, Ce miracle éclatant était destiné à préparer ses disciples à ajouter foi au mystère de l’Eucharistie ; il vient de les nourrir d’un pain terrestre ; il leur rappelle la manne qui fut donnée à leurs ancêtres dans le désert ; enfin il les entretient du pain de vie descendu du ciel et ce pain surnaturel n’est autre que luimême. Voici ses paroles : « C’est moi qui suis ie pain de la vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert et sont morts. Voici le pain qui descend du ciel, afin que si quelqu'un en mange, il ne meure point. je suis le pain vivant, moi qui suis descendu du ciel, Si quelqu'un mange de ce Pain, il vivra éternellement : et 1x PAIN QUE JE DONNERA!, C'EST MA CHAIR POUR LA VIE DU
MONDE. Les Juifs donc disputaient entre eux, disant: Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger? Et Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis: Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment nourriture et mon sang est vraiment breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et moi en lui. »
Comme on le voit, les Protestants font à peu près la même objection que proposaient les Juifs: « Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger? Comment peut-il être présent dans l'Eucharistie sous l'apparence d’un peu de pain ? Comment le pain et le vin pourraient-ils être changés au corps et au sang du Sauveur?» Ces questions qui mettent en doute la toute-puissance divine, renferment un blasphème. Est-ce que Dieu n’a pas créé de rien le ciel et la terre? Estce qu'il n’a pas changé la verge d’Aaron en serpent, les eaux de l'Egypte en sang, et l'eau en vin aux noces de Cana? Est-ce qu’il n’a pas ressuscité le fils de la veuve de Naïm et son ami Lazare? Ne s'est-il pas ressuscité lui-même par su propre puissance ? Le protestantisme admet tous ces miracles racontés dans la Bible; pourquoi
n’admettrait-il pas également celui de l'Eucharistie que Notre Seigneur énonce d’une manière si claire et si précise ?
L'objection que se font les Juifs suppose qu'ils. ont entendu les paroles de Jésus Christ dans le sens de sa chair véritable et de son sang réel qu'il leur promet comme une nourriture et un breuvage : autrement leur objection n'aurait eu aucune raison d’être ; elle serait tombée d'elle-même. — Loin de les détromper, loin d'expliquer ses paroles dans le sens figuré, de 4 foi, comme le voudraient les Protestants, Jésus leur répète sous toutes les formes possibles, que le pain de vie qu’il leur veut donner, c’est lui-même, c'est sa chair qu'il doit sacrifier plus tard sur la croix pour la vie du monde. Or cette chair attachée à la croix pour le salut des hommes, ce n’est ni un signe, ni une simple figure, ni un souvenir du Sauveur, c'est son CORPS VÉRITABLE livré à la merci des bourreaux. Il ajoute que s’ils ne mangent sa chair et ne boivent sx sang, ils n'auront point la vie en eux ; que celui qui s’en nourrira, aura la vie éternelle et ressuscitera au dernier jour ; que sa chair est véritablement une nourriture, et son sang vérrdablement un breuvage. Pouvait:il se servir d’un langage plus clair, s’il voulait se donner iui-méme, et plus obscur, s’il ne voulait donner à ses disciples que du pain et du vin? Quand donc
a-ton vu que le pain s’appelât chair humaine et le vin, sang humain ? Pouvait:il employer des paroles plus inintelligibles, mieux calculées pour tromper tous ceux qu’il avait cependant pour mission d’instruire ?
Aurait-il laissé ses disciples murmurer contre lui <t l’abandonner même, s'il avait remarqué qu'ils donnaient à ses paroles une fausse interprétation? Ne serait-il paë vrai de dire que Jésus-Christ aurair induit en erreur non seulement ses disciples immédiats, mais encore les millions de chrétiens qui sont venus après eux et qui ont toujours compris ces paroles dans le sens catholique ? Pareille Supposition est impossible, absurde, contraire à la manière ordinaire d'agir du Sauveur. En effet, nous voyons souvent dans les Ecritures que le Sauveur explique à ses Apôtres ce qu'ils n’ont pas bien saisi dans ses enseignements : ainsi en parlant de la nécessité du baptême, il avait dit qu’il faut renaître dans l'eau et le Saint-Esprit ; Nicodème ayant cru qu'il s'agissait là d’une nouvelle naissance corporelle, Jésus lui fait voir qu’il ne parle que d’une régénération spirituelle (Jean, CI, V. 3-7). Aïlleurs il fait mention du sommes! de Lazare ; il corrige de suite le sens faux qu'on donnait à ses paroles. (Jean, ch. IL, V. 11-14), S'agit-il du Ævain des Pharisiens, il interprète cette expression de leur Æyfccrisie, (Matth. ch. XVI,
V. 6-12). Toujours il enseigne la vérité et l’explique de manière à ne jamais permettre à l’erreur de se glisser dans l'intelligence des fidèles qui marchent à sa suite.
Il est donc évident que Jésus-Christ faisait là une promesse solennelle de l’Eucharistie, dans laquelle il devait nous nourrir de sa chair et de son sang véritable.
Tous les Pères de l'Eglise ont donné la même interprétation à ces paroles du Sauveur. S'il y en a qui semblent parfois les entendre d’une manducation spirituelle, ils ne parlent pas dans le sens des Protestants, c’est-à-dire d’une manducation par la foi, mais ils combattent l'opinion de certains hérétiques, Capharnaïtes, qui pensaient qu’on devait manger la chair du Sauveur et boire son sang dans son état naturel, absolument comme les viandes dont on se nourrit chaque jour: dans ce cas, la manducation spirituelle n’est autre chose que la réception de Jésus-Christ dans un état surnaturel ou sacramentel,
La SECONDE PREUVE de la présence réelle se tire des paroles dé l'institution de YEucharistie : c'est l'exécution de la promesse divine faite un an auparavant.
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Les évangélistes rapportent que Notre Seigneur ayant, la veille de sa Passion, célébré la Pâque avec ses Apôtres dans le Cénacle, prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples, en disant: « Prenez et mangez ; ceci est mon Corps. » Puis il prit le calice dans lequel il y avait du vin, et ayant rendu grâces à Dieu, il le leur donna en disant : « Prenez et buvez; ceci est mon sang, le sang de la Nouvelle Alliance qui sera répandu Pour vous, pour la rémission des péchés. » Telle est la substance du récit de saint Matthieu, de saint Marc et de saint Luc. Sur ce sujet il importe de faire les remarques suivantes :
1° Il était impossible au Sauveur d’exprimer en termes plus clairs la réalité de son corps et de Son sang ; impossible également de parler d’une manière plus obscure, plus inintelligible, s’il ne voulait nous donner que du pain et du vin, un simple souvenir de lui-même.
2° Jamais le pain et le vin ne sont employés comme signe, figure ou souvenir du corps et du sang de quelqu'un ; il aurait donc fallu une déclaration antérieure et sjéciale du Sauveur, pour que ces paroles si évidentes pussent être prises dans un sens figuré. Or c’est ce que Jésus-Christ n’a pas fait.
3° Les évangélistes qui donnent le récit de l'institution de l'Eucharistie, se servent tous des
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mêmes expressions : «Ceci est mon corps; ceci est mon Sang. » Or il paraît incroyable que de tous ces écrivains sacrés aucun n’eût songé à donner la moindre explication à des paroles qui, entendues dans le sens protestant, étaient parfaitement obscures et destinées à tromper tous ceux qui les liraient sans parti pris, avec des intentions druites.
4° Jésus-Christ s'adressait à ses Apôtres chéris, dans un moment bien solennel, à la veille de sa mort ; il leur faisait Pour ainsi dire, son testament. Or dans une circonstance aussi extraordinaire Jésus se devait à lui-même et devait à ses Apôtres de leur parler clairement, sans ambiguités, sans figures.
5° De même que Moïse confirma l'alliance que Dieu avait faite entre Dieu et son peuple, en arrosant celui-ci du sang réel des victimes et en prononçant ces paroles : « Ceci est le sang de ? Ailiance que le Seigneur a faite avec vous (Exode, ch. XXIV, V. 8)» ; de même aussi Jésus-Christ, l'A. gneau de Dieu, confirme la nouvelle alliance avec le peuple chrétien au moyen de son sang réel, lorsqu'il présente le calice à ses Apôtres, en leur disant : « Prenez et buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de la Nouvelle Alliance, qui sera répandu pour beaucoup, pour la rémission des péchés. » (Matth. ch. xxvi, v. 27, 28).
6° Notre Seigneur a dit : « Ceci est mon COrps ;
ceci est mon sang, » Nous, Catholiques, nous disons absolument la même chose. Mais les Protestants ne soutiennent-ils pas tout le contraire, lorsqu'ils affirment que ce n’est que la figure et le souvenir de son corps et de son sang ? Sans doute, en admettant la doctrine catholique, il faut admettre un grand miracle ; mais qu'y at-il d'étonnant en cela, lorsqu'on sait que la vie publique du Sauveur ne, fut qu’une série non interrompue de miracles ?
7° Le sens figuré qu'il a plu aux Protestants du seizième siècle de donner aux paroles de Jésus-Christ, conduit à des conséquences absurdes. En effet, Notre Seigneur aurait indignement trompé ses Apôtres et par eux l'Eglise entière qui a toujours entendu les paroles de Pinstitution dans le sens catholique.
Les Protestants font souvent l'objection suivante: Lorsque Jésus-Christ dit : « Ceci est mon Corps, » il parlait au figuré absolument comme lorsqu'il disait : » Je suis la porte ; je suis la vigne, etc. » (Jean. x. xv), ou encore comme saint Paul qui écrivait aux Corinthiens : « Et la Pierre était le Christ. » Donc le sens des paroles du Sauveur ne peut être que celui-ci: « Ceci signifie mon Corps, ou est le signe, la figure de mon Corps. » Ce sens se trouve confirmé par les paroles qu'il ajoute à la fin de la Cène: « Faites ceci en
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mémoire de moi.» Jésus-Christ n’est donc pas présent dans l’Eucharistie, puisqu'on ne fait rien en Souvenir d’une personne présente, mais seulement d’une personne absente.
À cela je réponds 1° que lorsque Jésus dit : « Je suis la porte; je suis la vigne, » la nature même des expressions indique assez qu'il parle au figuré. Il est clair, en effet, que le Sauveur ne peut-être qu’une porte spirituelle, par laquelle on doit entrer dans le ciel, qu’une vigne spirituelle à laquelle les sarments doivent être intimement unis, s'ils veulent en recevoir la sève et la vie. D'ail. leurs l’Evangéliste lui-même ajoute : « Jésus leur dit cette farabole, mais ils ne comprirent pas, » (Jean, x, 6). Personne n’ignore qu'il est de la nature d’une parabole de signifier ou de représenter une autre chose, de même qu'il est de la nature d’une photographie de représenter une personne, un édifice, un paysage, etc. Mais il n'en est pas de même des paroles de l'institution ; il n’y a rien, absolument rien qui indique qu’elles doivent être prises au figuré, tandis qu’il y a une foule de raisons pour les prendre dans le sens littéral.
2° Quant aux paroles de saint Paul: « La pierre était le Christ, » elles ne sont que l’explication des figures de l'Ancien Testament et en ‘particulier de ce qui arriva aux Israélites dans
le désert. Voici le contexte (1. Cor. x, 1. 6);«lIls (les Israélites) ont tous mangé la même nourriture spirituelle ct ils ont tous bu le même breu- Vage spirituel (car ils buvaient de l’eau de la pierre spirituelle qui les suivait ; or cette pierre était le Christ) ; ... or, toutes ces choses ont été des fgures de ce qui nous regarde, etc. » D'après ces paroles, il est facile de voir que Jésus-Christ n’est appelé Zierre que d’une manière figurée.
3° Lorsque Jésus-Christ dit : « Faites ceci en mémoire de moi,» il ne veut pas dire qu’il ne sera pas présent dans l'Eucharistie, pas plus qu'on ne saurait nier la présence du Créateur à n'importe quel âge de la vie, bien qu'il soit écrit : # Souviens-toi de ton Créateur aux jours de ta jeunesse » (Eccles. XH1, 1). D'ailleurs nous voyons dans la Sainte Ecriture qu’une chose peut être considérée comme ur souvenir d'elle-même ; c'est ainsi que la manne était conservée dans l'Arche d’alliance, de même que la verge d’Aaron dont Moïse s'était servi Pour opérer tant de miracles. Dans l’'Eucharistie la chose est encore plus possible : en effet, Jésus-Christ à vécu sur la terre; il était passible, mortel et dans un état naturel ; dans le Saint Sacrement il est dans un état surnaturel, il est impassible et immortel.
— Mais, reprennent les Protestants, Jésus-Christ “a pas besoin de demeurer dans l’Eucharistie
pour répandre ses grâces ; il peut bien les conférer d’une autre manière. En outre, l'Ecriture ne nous dit-elle pas expressément que le Sauveur est monté au ciel ? S'il est au ciel, il n’est pas dans l’Eucharistie.
Je réponds 1° que Jésus-Christ aurait pu sans aucun doute choisir une autre manière de nous communiquer ses grâces ; mais ici il ne s’agit pas de savoir ce qu'il aurait pu faire ; nous ne cherchons qu’à connaître ce qu’il a fait en réalité. Or il lui a plu de se donner à nous sous les espèces du pain et du vin: que rous reste:til à faire, si ce n’est à admirer son intinie bonté et à profiter des trésors de sa miséricorde ? Ces espèces nous montrent que la sainte Eucharistie doit être, pour ainsi dire, la nourriture journalière de notre ime.
2° Sans doute Jésus Ghrist est au ciel depuis son Ascension, mais il y est d’une manière visible, étendue et naturelle, tandis qu'il est dans l'Eucharistie d’une manière invisible, non étendue et sacramentelle. C’est dans le premier sens que le Sauveur disait à ses Apôtres : « Vous avez toujours des pauvres avec vous ... mais moi vous ne m'aurez pas toujours » (c’est-à-dire dans l’état naturel où il se trouvait sur la terre) — De même lorsque saint Paul dit en présence de l’Aréopage : «Dieu n’habite pas dans des temples faits de main d'homme, » il ne parle pas de l’'Eucharistie,
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ni de Jésus-Christ fait homme qui y réside, mais il réfute l'opinion des Païens sur leurs fausses divinités, en leur enseignant que le vrai Dieu, qui est un pur esprit, n’est Pas restreint aux étroites limites d’un temple matéric]. (Matth. xxvi, 1 1)
La TROISÈME PREUVE de la présence réelle se tire de la octrine de saint Paul dans sa première épitre aux Corinthiens, ch. X, V, 16. Il leur fait la question suivante: «Le calice de bénédiction que nous bénissons n'est-il pas la communication du sang du Christ ? et le pain que nous rompons n'est il pas la participation dv Corps du Seigneur ?» Ces paroles supposent clairement que l’'Apôtre admettait, sous les appañences du pain et du vin, la présence réelle du Corps et du sang de Jésus- Christ ; autrement elles seraient inintelligibles.
Plus loin (ch. xr, v. 23-30), il ajoute : « J'ai reçu moi-même du Seigneur ce que je vous ai aussi transmis ; que le Seigneur Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain, et rendant grâces, le rompit et dit: Prenez et mangez ; ceci est mon Corps qui sera livré Pour vous : faites ceci en mémoire de moi. De même il prit le calice après qu’il eut soupé, disant: Ce calice est le nouveau lestament en m07 Sang ; faites ceci, toutes les fois
que vous boirez, en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne. C’est pourquoi quiconque mangera Ce pain ou boira le calice du Seigneur indignement sera coupable du Cor: et du Sang du Seigneur, Que l’homme donc s'eprouve lui-même, et qu’il mange ainsi de ce pain et boive de ce calice. Car quiconque en mange et en boit indignement, mange et boit son jugement, ve discernant point le Corps du Seigneur. »
Ces paroles du grand Apôtre nous fournissent les remarques suivantes : 1° l'institution de l’Eucharistie est racontée absolument de la même manière que dans les Evangiles. Si nous supposons que saint Paul ait compris ces paroles de l'institution dans le sens protestant, il semble qu’il aurait dû expliquer ou éclaircir ce qu'elles auraient pu avoir d’obscur et dire par exemple : ceci est la figure ou le souvenir de mon Corps et et de mon Sang : ce qu’il n’a pas fait, 2° Il confirme au contraire l'interprétation catholique lorsqu'il déclare que par une communion indigne, le chrétien se rend coupable 44 Corps et du Sang du Seigneur, qu'il mange et boit son jugement, sa propre condamnation, parce qu'il ne discerne pas Æ Corps du Seigneur. En vérité, s’il n’y avait que du pain et du vin ordinaires, il serait absurde