‹ Catéchisme de controverse [microforme]Chapitre 6 sur 13 · DR PER PRES · texte numérisé non relu

DR PER PRES

b fil £

LA

k 1} (il }||

de parler de la profanation du corps et du sang du Sauveur ; on ne comprendrait pas la raison de cette énorme culpabilité, de cette sentence de réprobation, non plus que la nécessité de cette épreuve sérieuse : mais si l’on admet la présence réelle de Jésus-Christ, alors tout devient d’une clarté lumineuse,

3° Jésus Christ Prononça sur le pain les paroles suivantes : « Ceci est mon Corps qui sera livré Dour vous. » Or Jésus-Christ n’a pas livré pour nous seulement l'image, la figure, le souvenir de son corps, mais son corps réel, véritable et substantiel. Donc ce langage du Sauveur ne peut indiquer autre chose que sa présence réelle dans l’Eucharistie. — De même lorsqu'il dit : « Ceci est mon sang, qui sera répandu... pour la rémission des péchés » (Matth. c. XXRV, v. 28), il entendait bien parler de son sang réel, qu'il devait verser sur la croix pour nous et non pas simplement de la figure de son sang, i

— Mais répliquent les protestants et tous les incrédules : COMMENT CROIRE À LA PRÉSENCE RÉELLE?

Je réponds : Comment plutôt n’y pas croire ?

L’Eucharistie n’est-elle pas la réalisation d’une multitude de promesses, de prophéties et de figures énoncées déjà dans l'Ancien Testament ? Qu'étaient l'arbre de vie planté dans le paradis

terrestre, les sacrifices anciens et en particulier celui de Melchisédech qui offrit du pain et du vin, l’Agneau Pascal, la manne dont les Israélites furent nourris dans le désert, le pain mystérieux qui répara les forces du prophète Elie et qui lui permit de continuer sa marche jusqu’au mont Horeb? N'étaient.ce pas là autant de figures qui annonçaient longtemps d'avance les réalités de la Nouvelle Loi, la sainte Eucharistie, l'adorable sacrifice de nos autels ?

D'ailleurs les paroles de Jésus-Christ : Crcr EST MON CORPS: CECI EST MON SANG, sont si claires qu’elles €mportent l'assentiment de tout esprit droit et exempt de préjugés ; elles ont toujours fait le désespoir des hérétiques. Luther ne put s'empêcher un jour d'écrire aux Strasbourgeois : « Si quelqu'un pouvait me persuader qu'il n’y a dans Eucharistie que du pain et du vin, il me rendrait un grand service , j'ai sué longtemps pour en venir là, persuadé que ce serait un moyen de faire beaucoup de mal à la Papauté; mais je suis enchaîné, nul moyen dé. chapper à l'évidence du lexte, il est trop clair. » — Certains chefs Protestants ayant voulu donner aux paroles de Jésus-Christ un sens figuré, Luther crut devoir venger la vérité en leur écrivant cette rude apostrophe: « Il ÿ 2 des bibles hébraiques, grecques, allemandes ; que les Suisses nous

montrent donc une version où soit écrit: Ce est le signe de mon corps. S’ils ne le peuvent, qu'ils se taisent, I/Ecriture ! L’Ecriture ! exciament-ils Sans cesse: mais la voilà l’Ecriture ; elle crie assez haut et assez clairement ces paroles qui aboient contre eux: Ceci est mon corps. Il n’y a pas un enfant de sept ‘ans qui donnera à ce texte une autre interprétation. — Misérables! qui ne s’entendent pas entre eux, que Dieu, pour notre enseignement, laisse se mordre, se déchirer et se manger les uns les autres ; car nous savons que l'esprit de Dieu est un esprit d’union, que son Verbe est un: grande preuve que ces sectes de sacramentomagistes ne procèdent pas de Dieu mais du diable (1).» — Schlussemberg, luthérien, disait que les paroles de Jésus-Christ dans l'institution de l’Eucharistie sont «si précises qu’aucun ange du ciel, qu'aucun homme sur la terre ne pouvait parler plus clairement.»

Les protestants ont dû faire violence aux lois ordinaires du langage pour arriver à nier la présence réelle. Pour les premiers sacramentaires, l'Eucharistie n'était qu'un sife destiné à perpétuer le souvenir de la Cène ; les Anabaptistes la réduisirent à une simple cérémonie ecclésiastique ; les Quakers et une foule d’autres sectes n’y ont vu qu'une superstition dont il fallait se

(1) Defensio de cxna Dominz.

débarrasser. C’est ainsi que selon l'expression du prophète Joël, «la sauterelle a mangé les restes de la chenille, Je vér a mangé les restes de la sauterelle et la nielle a dévoré les restes du ver (1).» A force de torturer les paroles du Christ, à force de leur donner des interprétations si multiples, si variées, on a fini par trouver qu’elles étaient vides de Sens: preuve évidente que le Protestantisme n’en à pas le sens véritable,

Pour achever de réfuter les objections des Protestants, j'ajouterai avec l'abbé Berseaux : « Qu'est-ce qui répugne à votre raison dans le dogme eucharistique ?

CÆste Le changement de Lx substance die Lain et du vin au Corps ef au sang de Jésus- Christ ? Mais chaque jour le Pain que noùs mangeons n'est-il pas changé en notre Corps, et le vin que nous buvons n'est-il pas changé en notre Sang ? Dieu ne pourrait.il Pas donner à ses ministres et à ses représentants un Pouvoir qu'il à donné à l'estomac ?

(Æstce la présence de Jésus-Christ tout entier dans chaque hostie ? — Mais la parole d’un orateur n'est-elle pas Présente ‘out entière aux oreilles de chacun de ses auditeurs ceux-ci fussent-ils en grand nombre ? L'âme n'est-elle pas

(1) Joël, r, 4.

tout entière dans chaque partie d corps? Ce qui constitue la substance de l’eau ne se trouvet-il pas tout entier dans chaque goutte d'eau? Ce qui constitue la substance du pain ne se trouve:t-il pas tout entier dans chaque miette de pain ? Ce qui constitue la substance de l'air ne se trouvet-il pas tout entier dans le plus petit globule d’air ?

Æstce l'existence des apparences du Dain et du vin là où il n’y a plus ni païn ni vin ? —- Mais dans les pétrifications, ne voyons-nous pas les apparences d’un végétal, d'un animal, bien qu'il n’y ait plus ni végétal, ni animal, mais simplement un minéral?

«Est-ce l'existence de Jésus-Christ tout entier Sous chacune des parties de l’hostie divisée en parcelles ?» — Mais l’image qui se reproduit dans une glace ne se reproduit-elle pas tout entière dans chacune des parties de cette glace quand elle vient à être brisée? Cette image se divise-t-elle comme la glace en une multitude de parties !...

«La puissance de Dieu qui est infinie et qui par là même peut tout, suffit pour donner réponse à tout. » à

Les protestants ne veulent pas admettre le miracle de lEucharistie, Mais eux qui ne s’appuient que sur la Bible n’admettent:ils pas l’incarnation. du Verbe divin, le changement de

l’eau en vin aux noces de Cana, Ja multiplication des pains et des Poissons, la résurrection du fils de la veuve de Naïm, de Lazare, de Jésus-Christ lui-même ? N’admettent-ils pas que Dieu a créé le monde de rien? Ne sont-ce pas là autant de miracles éclatants que la pauvre raison humaine ne peut expliquer ? Pourquoi donc refusent:ils de croire à celui de l’'Eucharistie qui est si clairement énoncé dans la Bible ? C'est là une de ces innombrables contradictions qui fourmillent dans le Protestantisme,

Page 1