CHAPITRE CINQUIÈME
Le Sacrifice de l’Eucharistie ou la Messe
SOMMAIRE
Existence des sacrifices chez les Juifs. — Prophétie de Malachie, — Nature du sacrifice. — L'immolation du Calvaire. — L’Eucharistie ou la Messe est un sacrifice qui représente et continue celui du Calvaire. — Les anciens Protestants ont détruit les autels ; les Ritvalistes les rétablissent — Objections : 1° « Jésus-Christ s’est offert une seule fois. » — 2° La messe célébrée en la’in et non comprise par les fidèles. — 3° Honoraires de messes, — Richesses du clergé.
ES Protestants ont, pour la plupart, complè- 1É tement faussé nos croyances à propos du saint sacrifice dela Messe et nous ont accusés d’idolâtrie : il est À propos d’exposer brièvement la doctrine catholique sur ce sujet important.
Depuis que l’homme est sorti des mains du Créateur, il n’a jamais cessé de lui offrir des sacrifices ; les enfants d'Adam furent les premiers à en donner lexempie. Caïn offrait à Dieu lies
fruits de la terre, et Abel, les prémices de ses troupeaux : Dieu agréa les offrandes d’Abel et non celles de Caïn (r). « C’est par la foi, dit saint Paul, qu’Abel offrit à Dieu un plus excellent sacrifice que Caïn (2). « Aussitôt après le déluge, Noé, sortant de l'Arche, offrit à Dieu des animaux purs, et ce sacrifice fut agréable au Seigneur (3). — Melchisédech, en qualité de prêtre, offre à Dieu du pain et du vin, et saint Paul nous montre que cette offrande était un sacrifice et que le sacerdoce de Melchisédech était la figure de celui de Jésus-Christ (4). Abraham offrait des sacrifices ; (5) Jacob et Laban également (6).
Job offrait tous les jours un holocauste pour ses enfants (7). — Quant aux Juifs surtout, il suffit de parcourir le Lévitique pour être convaincu qu'ils avaient leurs sacrifices. Il est donc constaté que, dans tous les temps, le peuple élu avait un moyen de se rendre agréable à Dieu : c'étaient les sacrifices.
Mais Notre-Seigneur, venant sur la terre pour
(1) Gen. 1v, 3.
(2) Hebr. x1, 4.
(3) Gen. viri, 20, 21.
(4) Hebr. vu, virt, (5) Gen. xv, 9.
(6) Gen. xxXx1, 54.
7) Job, 1, 5.
nous racheter et nous sauver, devait substituer à ces sacrifices imparfaits de l’Ancienne Loi un sacrifice plus excellent. Il l'avait fait annoncer déià par le prophète Malachie : « Mon affection n’est point en vous (Juifs) et je ne recevrai point de présents de vos mains. Car depuis le soleil levant jusqu'au soleil couchant, mon nom sera grand parmi les nations, et en tous lieux ou offrira en mon nom un sacrifice pur, car mon nom Sera grand parmi les nations (1).» Ce sacrifice nouveau et réel, destiné à remplacer les anciens sacrifices que Dieu rejette, pur en luimême et offert en tous lieux, ne peut être et n’est en réalité que le sacrifice de la Loi nouvelle ou la sainte Messe. Telle est l'interprétation donnée à ce texte du prophète par les Pères de l'Eglise et par le saint Concile de Trente.
D'après l'apôtre saint Paul, Jésus-Christ est établi prêtre et pontife selon l’ordre de Melchisédech. « Or tout prêtre est établi pour qu’il offre des dons et des sacrifices pour les péchés (2).» Jésus-Christ a donc dû sacrifier puisqu'il est sacrificateur, et il a dû le faire à la façon de Melchisédech dont le sacrifice consistait dans l’of. frande du pain et du vin (3). Mais ce n’est que
(1) Malach. 1, 10, 11.
(2) Hebr. v.
(3) Ps. IX, 5; Gen. xiv.
dans la dernière Cène que Jésus Christ a fait usage de pain et de vin et c'était pour instituer l'Eucharistie.
L’Eucharistie n’est pas seulement un sacrement ; elle est encore un sacrifice.
Un sacrifice est l’offrande extérieure qu'un ministre légitime fait à Dieu d’une chose sensible Pour reconnaître son souverain domaine sur toutes choses et en vue d’expier les péchés. Depuis le péché d'Adam, le sacrifice a entrainé l’idée d’ex-
piation, et c’est pourquoi il y a eu des immglations sanglantes. Dieu lui-même, dans l’Ancienne Loi, avait prescrit différentes sortes de sacrifices pour l’adorer, pour le remercier, pour lui demander pardon et pour implorer quelque grâce.
Tous ces sacrifices, dont je viens de parler, étaient l’image, la figure du grand et parfait sacrifice attendu depuis tant de siècles et que Notre- Seigneur Jésus-Christ devait offrir sur la croix pour adorer Dieu comme il le mérite et pour expier d’une manière absolue et complète les péchés de l'humanité.
L’immolation de Notre-Seigneur sur le Calvaire a été, en effet, un sacrifice véritable, car nous y retrouvons toutes les conditions requises pour
un sacrifice: 1° Un ministre légitime : c'est Jésus- Christ, Pontife éternel, seul prêtre, À vrai dire, puisque tous les autres ne sont que ses délégués Ou ses représentants ; 2° Une victime : c’est Notre- Seigneur, véritable agneau de Dieu qui porte les péchés du monde : 3° Une immolation réelle, car la victime a répandu tout son sang et a reçu le coup mortel ; 4° Enfin, Zs quatre fins du sacrifice — adoration, iaction de grâces, expiation et prière — ont été atteintes.
Mais Notre-Seigneur, voulant représenter et continuer jusqu’à la fin du monde le grand et unique sacrifice de la croix, a institué et offert, le Jeudi Saint, vcille de sa mort, un sacrifice qui en est la reproduction fidèle : c’est le sacrifice de la Messe, En effet, Jésus-Christ Prononça ces paroles sur le pain et sur le vin: Ceci ess mon corps qui sera livré (sacrifié) Dour vous : ceci est mon Sang qui sera versé pour vous. N'y a til pas là Jésus-Christ, à la fois prêtie et victime, qui donne à ses Apôtres son corps et son sang, et il ajoute qu’il fait cela pour eux, pour leur salut ? N'est-ce pas là un vrai sacrifice ? Et, en vertu des paroles du Sauveur, telles que tous les siècles les ont interprétées avec le Concile de Trente, — « Æaites ceci
en mémoire de moi » —- il doit se perpétuer jusqu’à la fin des siècles. — Expliquons davantage cette doctrine.
La Messe est le sacrifice du Corps et du Sang de Jésus-Christ, offert sur l'autel sous les apparences du pain et du vin, pour représenter et continuer le sacrifice de la Croix.
La Messe est un véritable Sacrifice, car nous y trouvons, comme sur le Calvaire, 1° 4x prêtre : c’est encore Jésus-Christ, mais agissant à l'autel par le ministère d'un prêtre qui est son rermpla gant; 2° wne ticdine: c'est toujours Notre-Seigneur, mais voilé, au sacrifice de la Messe, sous les espèces sacramentelles du pain et du vin, changés au moment de la consécration en son Corps et en Son sang; 3° ne immolalion véritable : en effet, la victime, d’abord offerte à Dieu, est immolée mystiquement, mais réellement ; les paroles de la consécration lui donnent en quelque sorte le coup de la mort, et la communion la fait disparaître comme autrefois Ja victime disparaissait dans la combustion ou dans la manducation; 4"enfin, la Messe est offerte à Dieu pour obtenir /s mêmes effets que l'immolation du Calvaire.
Le sacrifice de la Messe eprésente le sacrifice de la Croix, parce que le pain et le vin consacrés séparément et tenus séparés l’un de l’autre,
10 CATÉCHISME DE CONTHOVERSE
rappellent le corps de Jésus-Christ séparé, sur la Croix, de son sang répandu à terre, et Notre-Seigneur est ainsi, sur l'autel, dans un état apparent d'immolation et de mort.
Le sacrifice de la Messe continue celui de la Croix : en effet, Jésus-Christ, toujours Pontife et toujours victime, nous obtient et nous applique les mêmes grâces, et il réalise, comme sur le Calvaire, les quatre firis du sacrifice.
C'est donc le même sacrifice dans les deux cas ; il n'ya de différence qu’en ceci: 1° Sur le Calvaire Jésus-Christ s’offrait lui-même, tandis qu’à l'autel il s’offre par le ministère du prêtre ; 2° Sur le Calvaire l'immolation était réelle et sanglante,
tandis qu’à la messe elle est mystique et le sang n’y est pas effectivement répandu (1).
Grand nombre de Protestants de la Haute Eglise d'Angleterre — surtout la fraction Ritualiste — croient à la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie, bien qu’ils rejettent généralement le dogme de la transsubstantiation. On trouve même dans leurs églises des autels dressés à la manière des autels catholiques, et leurs ministres
(1) Voyez Cauly, Le catéhisme expliqué ; E. Franche La Bible & c. ; Cathala, Traité des Sacrements.
CATÉCHISME DE CONTROVENSE 4l
ritualistes y célèbrent un office religieux qui, dans leur opinion, correspond à la messe chez les catholiques romains.
Mais n'y at-il pas encore dans cette manière de faire une étrange contradiction ? Qu’est donc devenue cette fureur sauvage des Protestants de jadis contre la sainte messe lorsqu'ils pourchassaient ls pauvres prêtres catholiques et leur défendaient sous peine de mort de célébrer le saint sacrifice ? L'histoire est là pour démontrer jusqu’à l'évidence que les protestants, en s'emparant des églises catholiques, ont commencé par renverser et briser les autels, afin que la messe fût à jamais supprimée. Parcourez l'Angleterre, l’Allemagne, la Suisse et autres contrées que la prétndue Réforme a envahies au seizième siècle ; pénétrez dans les temples protestants qui ne sont pour la plupart que d'anciennes églises arrachées violemment au culte catholique: vous n'y trouverez d'ordinaire que les murailles dépouillées de tous les chefs-d’œuvre de peinture et de sculpture qui en faisaient l'ornement et, surtout, le sanctuaire vous apparaîtra sans autel ; on a tenu à faire disparaître tout ce qui servait au saint sacrifice, tout ce qui le rappelait même. Souvent jes pierres d’autel ont été enlevées et converties en pavés au seuil des églises profanées. Ces églises sont devenues comme des salles de concert ou
des gares de chemin de fer ; il n'y reste rien qui parle au cœur, rien qui relève l’homme vers le ciel : c’est le froid de la mort.
Mais si les Protestants — à part les Ritualistes peut-être — répudient le saint sacrifice de la messe, pourquoi donc ont-ils été si vivement contrariés de la solution donnée par Notre Saint Père le Pape, Léon XIII, à la question de la validité des ordinations anglicanes? Pourquoi ontils alors réclamé avec tant de chaleur la succession apostolique ? C’est Encore une de ces contradictions étranges, inexplicables, qui ont toujours caractérisé la Réforme. Que de chapitres le granä Bossuet pourrait ajouter à son Æistoire des variations, Sil revenait sur la terre et voulait continuer son immortel ouvrage ! Evidemment les premiers évêques anglicans ne Pouvaient pas avoir l’intention de conférer aux ordinands le pouvoir d'offrir le saint sacrifice, Puisque le protestantisme l'avait aboli et exécré, Comment auraïient-ils pu conférer un ordre sans en avoir l'intention ? — D'ailleurs le prêtre est, d’après l’apôtre saint Paul, essentiellement sacrificateur, Mais s’il n'y a plus de sacrifice, pourquoi des prêtres ? Quelle serait leur fonction ? Serait ce d’aller lire la Bible au peuple tous les dimanches, comme le font les ministres Protestants, et la commenter à leur manière ? Pour faire cette lecture de la Bible et pour l'interpréter
d’une manière arbitraire et le plus souvent fausse — Comme le reconnaissent beaucoup de protestants — il n'est pas besoin de sacerdoce, pas besoin d’ordination, pas besoin de prêtres ; chacun peut s’arroger à son gré cette facile fonction et la remplir à la satisfaction plus ou moins grande des auditeurs, lesquels n’ont rien à ÿ gagner, mais iront plutôt perdre le reste de leur foi dans le dédale de mille opinions contradictoires.
Le comte de Gasparin, protestant, affirme avoir vu dans certains pays protestants des pasteurs célébrer la messe avec la même pompe que les prêtres romains. « L'Allemagne, dit-il, a maintenant des images, des crucifix, des autels, une hostie remplaçant le pain ... De même l’Angleterre protestante à vu reparaitre les couvents, les ornements sacerdotaux, les tableaux d'église, l’encens. Aussi a-t-elle vu le puséisme tirer des conséquences logiques de la liturgie et introduire au milieu des ecclésiastiques et des hautes classes l'idée d'un clergé distinct des laïques et d’une justification par les sacrements, de la présence matérielle du Christ dans l’hostie (Zcoes du doute, Pp.360, 370). » Voilà certes un témoignage impartial qu’il importait de signaler et qui nous fait voir le changement qui s’est opéré dans les idées d’un grand nombre de protestants, Ils se rapprochent graduellement du catholicisme par une série de
variations incessantes : preuve évidente qu'ils sont dans l'erreur, car la vérité, comme Dieu luimême, est immuable.
Les Protestants font une première objection : Si la messe est un sacrifice, pourquoi saint Paul (Hebr. 1x, 28) nous dit-il que «Jésus-Christ s'est offert une seule fois ? D’après les catholiques, Jésus-Christ s'offre tous les jours et en tous lieux sur les autels,
Réponse, Le sacrifice de l'Eucharistie n’est que le renouveltement du sacrifice de la croix ; ce renouvellement est nécessaire Pour nous en appliquer les mérites. 11 est très vrai que Jésus- Christ est le seul souverain pontife de la Loi nouvelle, le seul dont le sacerdoce soit éternel et qui . en fera éternellement les fonctions. I] n’a pas besoin de renouveler tous les jours d’une manière sanglante le sacrifice qu’il a offert sur la Croix ; mais de même qu'il intercède continuellement Pour nous auprès de son Père, ainsi il.lui fait toujours l’offrande de son sang et de ses mérites Pour le salut dès hommes. De même qu'il est « l’Agneau de Dieu immolé depuis le commencement du monde (Apoc. XIII, 8)», de même il le sera jusqu’à la fin des siècles, non seulement dans le ciel, mais sur la terre. C'est en cela que consiste l'éternité de son sacerdoce, qu'il exerce par lui-même dans le ciel, et sur la terre par les
mains de ses prêtres. Un exemple fera mieux Comprendre ma pensée. Voilà un pharmacien qui possède un remède infaillible Pour vous guérir de telle maladie. Si vous faites usage de ce remède, Vous serez guéri ; si vous ne vous en servez pas, Vous conserverez votre infirmité, Le remède, c'est l'immolation de Jésus-Christ sur la croix ; cette seule immolation suffira Pour nous guérir de toutes nos misères: mais ce remède souverain du sacrifice de Ja croix, il faut nous l'appliquer Par le moyen de la prière, des sacrements et du sacrifice de l'autel. C’est donc toujours l’unique sacrifice du Calvaire qui nous procure ses fruits, ses effets et nous ouvre le ciel, mais il faut nous en appliquer les mérites par les sacrements et le sacrifice de la messe. (Franche)
DEUXIÈME oBJEcTION : Pourquoi l'Eglise catholique se sert.elle de la langue latine, qui est in- Connue du peuple, dans sa liturgie et en particulier à la messe ? N'est-ce Pas condamner l’apôtre saint Paul (1 Cor. XIV) qui défend de parler en des langues étrangères et inintelligibles ?
RÉPONSE, 1° L’apôtre saint Paul, dans le cha- Pitre susmentionné, parle de ces chrétiens privilégiés qui étaient doués quelquefois du don surnaturel des langues et parlaient dans l’église sans pouvoir être compris de personne,
Afin de réformer cet abus, l’apôtre leur prescrit
de prier Dieu pour qu'ils puissent interpréter leurs oracles, et ainsi édifier et instruire les fidèles. Il leur permet donc deseservir de langues étrangères, pourvu qu'ils interprètent eux-mêmes leurs discours ou qu'un autre le fasse pour eux. Chez les catholiques, toutes les iustructions se donnent en langue vulgaire ; les prières même de la liturgie sacrée sont traduites et expliquées au peuple et consignées dansila plupart des livres de prières. Les fidèles sont donc instruits non seulement de la doctrine catholique, mais encore de tout ce que le prêtre fait à l'autel. 2° L'Eglise a constamment conservé dans l'office divin les mêmes langues dans lesquelles il avait toujours été célébré. L’Evangile a été prêché et la sainte messe célébrée dès les premiers siècles en Arabie, en Perse, en Afrique, dans les Gaules, en Angleterre, chez les peuples du Nord, et nous ne voyons pas que les prières liturgiques se soient jamais faites dans les langues de ces diverses contrées. 3° Siles peuples catholiques forment entre eux une société, c’est qu’ils participent aux mêmes Mystères et aux mêmes Sacrements. D'où il suit qu’une même langue leur est nécessaire pour exprimer leur religion. L'identité de la langue liturgique contribue à maintenir davantage l'unité de doctrine et à unir plus étroitement les peuples entre eux et avec le centre de la catholicité. 4° Le changement
Constant qui s'opère dans les langues, amènérait en même temps de continuelles variations dans les formules du culte divin et de l’administration des sacrements. 5° Dans les villes où l'on rencontre nombre de personnes appartenant à toutes les nations connues et parlant les langues les plus dissemblables, les Prêtres devraient étudier un nombre considérable de langues et recommencer indéfiniment l'office divin. C’est pour toutes ces graves raisons que l'Eglise conserve sa langue Primitive, la langue latine,
TROISIÈME OBJECTION, — Notre Seigneur a dit (Matth. x, 8): «Ce que Vous avez reçu £ratuitement, donnez-le gratuitement. » Et saint Pierre adressait à Simon le Magicien ces foudroyantes paroles : « Que votre argent Périsse avec vous, vous qui avez Cru que le don de Dieu Peut S'acquérir avec de l'ar. &ent (Act. VIN, 20). » Comment concilier ces paroles avec les honoraires qu'on doit payer pour messes et enterrements ?
RÉPONSE. Lorsque Notre-Seigneur enjoint à ses Apôtres de donner gratuitement ce qu’ils ont TEéçu par pure grâce, il a soin d'ajouter que « tous Ouvrier est digne de son salaire (Matth. x, 10).» Et saint Paul énonce la même pensée lorsqu'il dit : «Qui est-ce qui va Jamais à la guerre à ses dépens ? Qué est.ce qui Plante une vigne et n'en mange point di fruitt... Celui qui laboure, doit labourer avec
espérance de recueillir ... Si nous avons semé parmé vous les biens Spirituels, est-ce une grande chose que nous recueillions un peu de vos biens temporels?... Ne savez-vous pas que les ministres du temple mangent de ce qui est offert dans le temple, et que ceux qui servent à l'autel ont part aux oblations de l'autel?... Ainsi le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent ! Evangile de vivre de l'Evangile... (1 Cor. 1x, !7-15).» Comme les prêtres de l'ancienne Loi, nos prêtres doivent donc vivre de l'autel. Quand Notre Seigneur ditaux Apôtres de donner gratuitement ce qu’ils ont reçu gratuitement, il parlait du don qu’il leur avait accordé de guérir les malades et les lépreux, de chasser les démons. Aussi si nos prêtres font de ces guérisons miraculeuses, ils ne reçoivent pour cela aucun argent. — Mais lorsqu'ils travaillent à l'autel, ils demandent non pas le prix des biens spirituels qu’ils nous procurent, mais un simple honoraire. Le prix d’un objet est payé à raison de sa valeur, tandis que l’honoraire est donné à une personne qui est occupée pour le public ou pour quelqu'un en particulier, quelle que soit d'ailleurs la valeur du service qu'il rend. Le prêtre ne reçoit donc pas le prix de ses services ; et s’il lui arrivait, comme à Simon le Magicien, d'estimer à prix d’argent les choses spirituelles, il encourrait de suite lexcommunication. D'ailleurs personne ne
force les fidèles à faire dire des messes ou à faire faire de Pompeuses funérailles : chacun conserve sonentière liberté, Ajoutons même quefortsouvent le prêtre emploie ses épargnes en bonnes œuvres, Secours aux nécessiteux, fondation de bourses pour lesétudiants pauvres, d’hospices, d’orphelinats, etc. Les Protestants ont fort mauvaise grâce à reprocher au clergé catholique ses revenus pécuniaires, lorsque les fortunes colossales de leurs ministres leur arrachent forcément des aveux très Compromettants et très significatifs. Ecoutons langlican Moore Capes, membre de l'Université d'Oxford, aujourd’hui converti au catholicisme : « Le protestantisme d'Angleterre et d'Irlande se prend lui-même de dégoût, lorsqu'il entend parler des énormes fortunes accumulées sans cesse par les évêques et archevêques anglicans » C’est peu, ce n’est rien pour un de ces évêques de ne laisser après lui qu'une fortune de cinquante mille livres sterling (deux cent cinquante mille Piastres). Les épargnes épiscopales doivent être comptées Par centaines de mille livres (demi-million de piastres)... Toutes les forces du nouveau prélat sont Consacrées à amasser pour sa veuve et pour ses enfants une fortune de gentilhomme. (Quatre ans d’exp. rel. cath. P. 38).» Je pourrais multiplier des citations analogues à celle de Capes : je le ferai au besoin. Celle-ci suffit pour le moment.