CHAPITRE SEPTIÈME
De l'Extrême-Onction
SOMMAIRE
L’Extrême-Onction prouvée par les Saintes Ecritures. — Fausses interprétations que les Protestants donnent du texte sacré, — Les paroles de l'Apôtre saint Jacques contiennent tous les éléments constitutifs d’un sacrement.
E protestantisme a également répudié ce L sacrement, en le chargeant d’épithètes grossières et blasphématoires. Pourtant la Bible en parle d’une manière bien claire. En effet l'Apôtre saint Jacques nous dit dans son Epitre, maintenant reconnue par presque tous les protestants comme inspirée de Dieu: «Quelqu'un parmi vous est-il malade? qu'il fasse venir les prêtres de l'Eglise, qu’ils prient sur lui et l’oignent d'huile au nom du Seigneur ; et là prière de la foi sauvera le malade, le Seigneur allégera ses souffrances, et s’il a des péchés sur la conscience, ils lui seront remis (1). »
(1) Jac. v, 14.
Certains protestants ont prétendu qu'il ne s'agissait que d’un rémède à appliquer aux infirmes. Mais je le demande à tout homme raisonnable, comment cette onction faite avec de l'huile, sielle n'était qu'un remède corporel, pourraitelle être une panacée, un remède à toutes les maladies et même à celles qui sont assez graves Pour occasionner un danger de mort? Comment cette onction pourrait-elle en même temps produire l'effet qu’on y adjoint, savoir la rémission des péchés? Pourquoi serait-il nécessaire que ce remède fût administré par un prêtre et non par un laïque ? Cette hypothèse est tout à fait insoutenable.
On ne peut pas non plus prétendre ‘que cette onction n’était destinée qu’à opérer des guérisons miraculeuses et devait par conséquent cesser avec les miracles dans l'Eglise ; car les Apôtres auraient dû en faire usage chaque fois qu'ils guérissaient miraculeusement les maladies : or c’est ce qui n’a pas eu lieu. En outre dans la primitive Eglise non seulement les Apôtres, les Evêques et les prêtres avaient le don des miracles, mais encore les diacres et les laïques eux-mêmes ; cependant, dans le texte de saint Jacques, ce sont les prêtres de l'Eglise qui doivent faire cette onction sur les infirmes.
D'ailleurs les paroles de saint Jacques nous
donnent tous les éléments constitutifs d’un sacrement: le signe Sacramentel, c’est l'onction avec l'huile des infirmes et la Prière du prêtre; la grâce, c’est le soulagement physique et moral dans la maladie et Ja émission des péchés ; le ministre, c'est le Arétre. Il s'agit d’une onction qui est faite au nom du Seigneur, c’est.à-dire Par son autorité Et Sa Vertu : d’où il suit que c’est Jésus-Christ qui a dû établir ce rite productif de la grâce divine ; Saint Jacques ne faisait que promulguer un sacrement institué par Dieu même et administré par les Apôtres dans leurs missions.
Encore une fois l'Eglise catholique est donc Parfaitement d’accord avec la Bible et avec la tradition des saints Pères qui parlent'de cette onction appliquée aux malades et produisant la grâce. Le protestantisme, au contraire, a encore sur ce sujet rompu avec la Bible dans un de ses textes les plus clairs.