CHAPITRE Xn
Des eauses du progrès de l'Industrie (division du travail, machines, etc.) et des résultats de ee progrès.
Comment reconnaît-on que V industrie d'un pays progresse ?
1® Lorsque les anciens produits baissent de prix , bien qu’on en confectionne davantage ;
Lorsqu’une grande quantité d’objets nouveaux se présentent sur le marché et s’y débitent.
Quelles sont les causes principales des progrès de l'industrie ?
La division du travail , l’emploi des machines , etc.
Qu'est-ce que la division du travail?
C’est sa répartition entre les divers travailleurs de manière que chacun d’eux s’occupe
constamment de la même opération. Ainsi, dans la fabrication des épingles, c’est toujours le même ouvrier qui coupe le fil, le même qui rétame, le même qui fait la tête, etc.
Chaque jour le principe de la division du travail f^i favorable à la prodAiction , ne se répand-il pas de pUis en plus ?
Oui. Autrefois on fabriquait, dans chaque famille, tout ce dont ses membres avaient besoin. Les princesses même filaient la laine qui entrait dans les vêtements de leurs enfants et de leurs époux. Aujourd’hui, le plus souvent chaque famille se livre à une spécialité industrielle, et se procure les marchandises variées qu’elle consomme , en donnant toujours en échange les objets d’une même espèce qu’elle produit.
Quelle iitîlité retirons-nous des machines?
Les machines nous rendent d’éminents services. Sans doute autrefois les esclaves, seuls travailleurs de l’époque, étaient fort utiles; mais quel opprobre , quelle ignominie pour la société antique qu’un pareil ordre de choses !
Les machines, qui ont en partie remplacé les esclaves, font au contraire la gloire de l’homme, et leur sont mille fois préférables. A volonté, elles exécutent les ouvrages les plus délicats, et produisent les efforts les plus gigantesques. Ce n’est, en vérité, qu’avec étonnement et admiration que l’on considère cette masse de marchandises qu’un petit nombre de travailleurs, aidé de ces féeriques auxiliaires, peut livrer à la consommation générale. Le bien-être dont nous jouissons, les progrès que nous avons faits dans la civilisation, sont dus à l’invention et au perfectionnement des machines.
Nous terminerons par des exemples de l’utilité des machines. Si les instruments agricoles (charrues et autres) n’avaient pas été inventés, au lieu d’employer (comme nous le faisons habituellement) , sur cent mille personnes qui composent une société , quarante mille pour la nourrir, il en faudrait peut-être quatre-vingtdix mille. Alors il ne resterait que dix mille personnes pour confectionner tous les objets de pur agrément ou de luxe. Grâce à ces instru-
ments agricoles , ce dernier nombre s’est sextuplé. — On calcule qu’en France les machines à vapeur seules représentent la force de huit millions d’hommes valides.
Les machines ne sont-elles pas quelquefois funestes au bien-être des ouvriers ?
Oui sans doute, au moment de leur première mise en œuvre, car il se fait un déclassement dans les travailleurs. Mais , aussitôt que les machines ont fonctionné pendant un an ou deux, les ouvriers auxquels elles se sont substituées ont eu, en général, pendant ce temps, la possibilité de se caser ailleurs , et alors ils bénéficient avec tout le monde du bon marché des objets qu’elles aident à fabriquer.
De plus, en raison de ce bon marché , les produits se débitent en général avec une telle rapidité, que le nouveau mode de fabrication occupe très souvent un plus grand nombre de travailleurs que le précédent. Ainsi, lorsqu’ en 1769 Arkwrigt monta sa machine à filer, sept mille personnes seulement travaillaient, en Angleterre, à la confection des étoffes de co-
de L’ÉCONOMIE POLITIQUE.
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ton ; maintenant c’est par compte le nombre de ses
millions que ce pays ouvriers cotonniers.
Nous pourrions citer maints exemples ana-
logues.
Quelles sont les conséquences des progrès de r industrie ?
Généralement, le progrès de l’industrie est favorable tout à la fois aux producteurs en accroissant leurs bénéfices, et aux consommateurs en diminuant le prix des marchandises. Mais ce progrès a l’inconvénient d’astreindre les ouvriers à des travaux toujours très-sédentaires et souvent excessifs , toutes choses qui tendent à faire dégénérer l’espèce humaine. Nous ajouterons que, fréquemment, les chefs industriels, par une imprudence qui paraît inhérente à leur genre de production, fabriquent beaucoup plus qu’ils ne peuvent écouler, et qu’il en résulte des crises fatales où l’intérêt public, et surtout celui des ouvriers, est gravement compromis.
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