CHAPITRE I
De réchange et de la monnaie.
Qu est-ce quun échange?
Le troc que fait un individu d’une richesse qu’il possède contre une autre qu’il désire s’approprier.
Comment se fait la distribution de la richesse? Par l’échange L
‘ L’échange n’est pas le seul mode de distribution des richesses. La conquête à main armée, les dons gratuits, la fourberie, etc., les répartissent encore entre les hommes. Mais l'économie politique ne s’occupe que de la répartition des richesses par voie d’échange.
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L’échange a-t-il lieu ordinairement d’une manière directe.
Non. On se sert habituellement d’un intermédiaire appelé monnaie, dont nous avons déjà fait connaître les propriétés.
Indique%-nous comment dans les échanges la monnaie joue ce rôle d’intermédiaire?
Un objet est-il désiré : d’une part, la richesse qu’on peut donner en échange n’est presque jamais d’une valeur égale, et, d’autre part, le propriétaire de cet objet peut ne pas se soucier de l’espèce de richesse qu’on lui offre en retour?
C’est en recourant à l’intermédiaire dont il a été parlé que l’on parvient à sortir de cette difficulté. Ainsi , une personne veut-elle opérer un échange , elle commence par faire maints efforts pour transformer en monnaie ce qu’elle possède, puis ensuite elle troque aisément cette monnaie contre l’objet désiré.
Pourquoi est-il plus difficile d’échanger une marchandise quelcoyique contre de la monnaie que de faire l’échange inverse?
Lorsqu’une marchandise n’est pas deman-
dée par son consommateur, ce qui est trèsordinaire, il n’est qu’un petit nombre de personnes, qu’on appelle négociants, qui soient disposées à l’acquérir, leurs fonctions sociales consistant à trouver des débouchés à cette marchandise, et à la conserver en bon état jusqu’au moment où la consommation la réclame. Nous sommes donc forcés, lorsque nous avons un objet à vendre, de passer par les mains de cette classe de la société , qui en général est maîtresse du marché, et nous fait trop souvent la loi.
Qu’il en est différemment lorsque la marchandise que l’on possède se compose de métaux précieux! Tout le monde est marchand de cette sorte de richesses; chacun en v^nd et en achète à toute heure. On est donc toujours assuré d’en trouver bien vite le placement, et c’est ce qui fait que la monnaie est si recherchée.
Les gouvernements fixent-ils la valeur des monnaies ?
En aucune sorte. Ils fixent bien le poids
(l’or que doivent avoir les divers disques dont se compose la monnaie, mais ils se gardent de déterminer la quantité de cotonnades, de lainages ou d’autres articles que l’on devra donner en retour.
Les monnaies n ont-elles jamais été quen or et en argent ?
On s’est servi de platine , de cuivre , de fer, de cuir, de coquilles, de plomb, de papier, etc.; mais l’or et l’argent ont toujours été le plus généralement employés à cet usage.
L*or et r argent peuvent-ils servir comme monnaie lorsqu’ils sont à l’état brut?
Sans doute, et en Chine une grande partie des transactions s’opère de cette manière. Mais, lorsque l’Etat met une empreinte qui constate et le poids et le degré de finesse de ces métaux, les transactions deviennent bien plus faciles. Cette empreinte ajoute, à la vérité, un léger prix aux monnaies , mais aussi elle rend inutiles les vérifications longues et dispendieuses que chaque morceau de métal soumis à l’échange exigerait.
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DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE. 9r>
La monnaie de billon et de cuivre mise en circulation par VEtat n a-t-elle pas un cours supérieur, à sa valeur mtrinsèque ?
Oui. Dans la fabrication de cette monnaie, les gouvernements s’appliquent un énorme bénéfice. Ainsi 5 francs en gros et petits sols ne valent guère que 3 francs.
Est-ce dans un but frauduleux que les gouvernements agissent ainsi ?
Non. Ils ont seulement pour but de rendre plus maniable une monnaie que son peu de valeur n’expose que rarement à être contrefaite.
N’a-t-on pas fait dans certains temps des monnaies d’or et d’argent n’ayant pas le poids quelles marquaient?
Oui , mais c’était dans un temps d’ignorance et de barbarie, c’était à une époque où l’on regardait la monnaie moins comme une richesse que comme un signe de richesse. Aujourd’hui, avec les facilités que tout le monde possède pour reconnaître le véritable titre des monnaies, une pareille fourberie ne tournerait qu’à la honte des gouvernements. ï.a France tire
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même un certain profit de la précision du titre des pièces d’or et d’argent qu’elle frappe , car ces pièces inspirent tant de confiance qu’elles sont acceptées presque dans toute l’Europe.
Donnex-nous des exemples de la manière dont les richesses se distribuent au moyen de rechange.
Voyez ce manœuvre et ce haut fonctionnaire gagnant, par an, l’un 500 fr. et l’autre 100,000 fr. Le contraste de leur position sociale est dû uniquement à la différence des sommes contre lesquelles chacun d’eux peut échanger son travail manuel ou intellectuel.
Dans des négociations de la même durée, le grand banquier bénéficiera de 100,000 fr., alors que le petit escompteur devra se contenter d’un profit cent et mille fois plus faible. La diversité de ces rémunérations est encore due à l’échange de leur travail individuel.
A presque tous les instants de notre vie nous distribuons, au moyen de l’échange, nos richesses entre ceux qui nous nourrissent , nous habillent, nous logent, nous transportent, etc.