‹ Catéchisme de l'économie politique basée sur des principes rationnels [microform]Chapitre 25 sur 73 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Du prix des marchandises.

IDe In firotton bee prir.

Comment s'e'tabîit le prix à' une marchmidise ?

Le prix d’une marchandise résulte des désirs plus ou moins vifs que les producteurs et les consommateurs ont les uns de vendre et les autres d’acheter cette marchandise. Ces désirs plus ou moins vifs, traduits en un certain nombre d’unités monétaires, sont appelés, en économie politique, l’offre et la demande.

U offre et la demande ne relèvent-elles pas de certaines lois qui permettent , dans plusieurs circonstances , de préjuger comment se réglera le cours d'une marchandise ?

Oui, jusqu’à un certain point. Ainsi :

DE L’ÉCONOMIE POLITlÜlE.

r Considérons d’abord les objets qui sont à confectionner. Le prix minimum de ces objets, évidemment, se calculera sur le coût de leur fabrication, et ce prix s’élèvera d’autant plus au-dessus de ce coût qu’ils seront plus demandés. Il en serait de même si l’on avait confectionné d’avance quelques-uns de ces objets, en prévision de besoins parfaitement reconnus.

2“ Lorsque les objets existent de toutes pièces, et qu’une nouvelle création est impossible, leur prix ne se règle plus sur l’ancien prix de fabrication , et leur valeur est d’autant moins ou d’autant plus élevée qu’ils sont plus communs ou plus rares.

3” Si les objets peuvent être fabriqués à nouveau, mais sont en telle abondance sur la place que leur production ne puisse avoir lieu qu’à perte , leur prix de vente ne dépendra encore en aucune manière du prix de fabrication, et ils seront d’autant moins chers qu’ils seront plus communs.

Donnex^-nous des exemples à l'appui de ce que vous venex d'avancer?

1° Les étoffes de toute nature que Ton confectionne en vue d’un besoin immédiat, ou dont il n’existe qu’un petit nombre par rapport aux demandes du public, sont vendues à peu près au prix de revient.

2® Les tableaux des maîtres décédés, les pierres précieuses, les curiosités, etc., sont vendus d’après leur rareté.

3® Les maisons , dans certains pays qu’abandonnent leurs habitants, se vendent le tiers, le quart, le dixième de ce qu’elles ont coûté.

A quelles causes doit-on attribuer le bon marché des produits à confectionner ?

Le bon marché des produits tient à nombre de causes. Nous signalerons les principales : 1® le faible loyer des capitaux, 2® la grande quantité des débouchés ouverts aux marchandises fabriquées , les aptitudes que depuis longtemps les ouvriers ont su acquérir , 4® la proximité des matières qui entrent dans la fabrication d’un objet, et généralement la facilité des transports ; 5® le milieu où les producteurs travaillent , milieu dans lequel leurs fa-

cultés prennent chaque jour un nouvel essor.

Le prix des marchandises, dans un pays, n'est-il pas en rapport avec la quantité d'or et d'argent qui s'y trouve ?

Nullement. En effet, le prix des mêmes objets dans deux contrées , l’une très-riche et l’autre très-pauvre en métaux précieux, ne diffère tout au plus que d’une somme égale aux frais de transport. Ce prix n’est donc pas déterminé par la quantité d’or qui s’y trouve. Ï1 est vrai que la quantité des métaux précieux existant dans le monde a une grande influence sur le prix des marchandises , car, depuis la découverte du Nouveau Monde, il n’est point d’article commercial qui n’ait renchéri; mais cet effet provient d’une cause générale et non locale. Dans chaque pays, le cours des marchandises dépend bien plutôt de l’offre et de la demande , ainsi que de l’importance des capitaux disponibles qui s’y trouvent , que d’un approvisionnementconsidérableenoreten argent, à moins que cet approvisionnement ne puisse s’utiliser pour les transactions intérieures.

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tjXiste-t-il des rapports entre le prix des marchandises fabriquées et les salaires ?

Lorsque le travailleur, pour rendre ses efforts fructueux, n’a besoin que d’un très-faible capital, son salaire s’accroît et diminue avec le prix de la marchandise. Mais, lorsqu’il est obligé d’avoir recours à un capital d’une cer-

taine importance, en général son salaire s’augmente au fur et à mesure que la marchandise diminue.

Pour quoi y lorsqu'on emploie un capital important , les salaires ne s'élèvent-ils pas ou ne s' abaissent-ils pas avec le prix des fabrications ?

La baisse du prix des fabrications dans une contrée résulte, en grande partie, de la masse des capitaux qui chaque jour viennent s’y accumuler : car alors l’intérét de ces capitaux diminue , et 1 on ne manque pas de faire des machines un usage de plus en plus fréquent. Mais une masse de capitaux ne peut exister dans un pays sans qu’une grande quantité de citoyens n augmentent leurs dépenses, et, de proche en proche, par l’exemple, ne donnent à l’ouvrier de nouveaux appétits, qui prennent bientôt le caractère de besoins indispensables qu’il faut absolument satisfaire. De là tout à la fois la baisse de prix des marchandises fabriquées et In hausse des salaires.

‘ Voyez note N.

Le prix des produits de V agriculture tend-il à s* abaisser, comme celui des objets fabrique's^ au fur et à mesure que les capitaux s'accroissent ?

Loin de là. La viande de boucherie, la volaille , le gibier, le beurre, les œufs, etc., avec l’accroissement des capitaux, deviennent chaque jour plus chers, et si le grain, dans son prix, ne suit pas la même marche ascendante , tout au moins il reste stationnaire.

Quelle en est la raison ?

C’est que, malgré les perfectionnements opérés dans l’agriculture , les produits agricoles ne paraissent pas se mettre en équilibre avec les demandes d’une population qui chaque jour devient plus nombreuse et plus recherchée dans ses consommations, tandis que les produits fabriqués se multiplient avec plus de rapidité que les besoins qu’ils doivent satisfaire.

Est-ce que dans V agriculture, comme dans Vindustrie, les salaires sont en raison inverse du prix des produits?

C'est tout le contraire. A mesure que les

produits agricoles prennent plus de valeur, les salaires des cultivateurs suivent la même marche ascendante. La raison en est toute simple : ne faut-il pas chaque jour une égale quantité de produits agricoles pour soutenir l’existence des travailleurs? Or, le salaire n’étant presque destiné qu’à l’acquérir, il doit s’élever en même temps que la valeur de ces produits.

Comment expliquez-vous que les ouvriers dont le salaire est le plus élevé sont en général ceux dont le labeur est le moins rétribué relativement à ses fruits ?

D’abord ces ouvriers , se trouvant dans les pays les plus civilisés, peuvent unir une grande somme d’intelligence à une grande force musculaire. Ensuite ils sont convaincus qu’en redoublant d’énergie, non-seulement ils jouiront de tous les fruits de leurs efforts, mais encore

que le champ le plus vaste doit s’ouvrir à leur ambition.

Dans les autres contrées , ce n’est plus l’espoir d’un avenir séduisant qui stimule, anime, entraîne les travailleurs. La crainte est près-

que toujours l’unique motif de la peine qu’ils se donnent : on craint le maître, on craint la misère, et c’est dans l’espérance fondée d’un plus grand bien-être prochain que l’homme trouve la force de se roidir contre la fatigue et de ne redouter aucune défaillance.

Ajoutons qu’en ces contrées le travail est presque entièrement musculaire.

Pourquoi les salaires , les traitements , soîitils en général plus élevés dans Vindustrie que dans r agriculture ?

Tout simplement parce qu’un plus grand nombre d’ouvriers se présente pour les travaux agricoles.

Ne pensez-vous pas que c'est en raison de la difficulté de V apprentissage que les salaii'cs sont habituellement plus élevés dans Vindustrie que dans V agriculture ?

Nous nous gardons de le croire. Sans doute, lorsqu’on veut introduire une industrie dans un pays, au début, l’apprentissage des ouvriers est fort coûteux ; mais, lorsque cette industrie a pris racine depuis quelque temps.

l’industriel qui veut élever son fils dans sa profession ne dépense guère plus que l’agriculteur en pareille occurrence. Ainsi, dans les pays de houillères, de forges, de filatures , etc., les enfants apprennent le métier de leur père tout aussi facilement que dans les pays agricoles. — Du reste, dans l’industrie, si l’on excepte ce qui concerne les directeurs et les contremaîtres, le rôle de l’homme devient de jour en jour moins difficile, en raison de l’emploi des machines et de la division du travail , qui simplifient singulièrement sa besogne.

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b’une nation.

Quels doivent être les prix des marchandises de toute sorte, pour que le capital d'une nation prenne le plus grand développement possible? En jetant les yeux sur les quatre termes de

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