‹ Catéchisme de l'économie politique basée sur des principes rationnels [microform]Chapitre 37 sur 73 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Le eoninierce des grains et de quelques denrées essentielles doit s*effeetuer partout librement.

En tous pays , n est-il pas des produits qui ne doivent jamais être protégés ?

Les grains, base essentielle de la nourriture de l’homme , doivent être partout échangés librement. D’abord l’humanité le veut ainsi. N’est-il pas convenable que, tout en cherchant à accroître le plus possible la richesse évaluée d’un pays, on conserve à ses habitants la richesse d*usage\s. plus indispensable, c’est-àdire l’usage au meilleur marché possible des articles essentiels à l’existence?

Ensuite , la réduction du grain au prix le plus minime tend à faire accroître la richesse évaluée due aux fabrications. En effet.

les salaires, dans le travail des manufactures, diminuant sans que l’aisance de l’ouvrier en souffre, on peut avec plus de succès soutenir la lutte contre les fabricalions étrangères, nonseulement chez soi, mais encore en tous pays.

Ne craignez-vous pas que les producteurs de grains, n'étant pas protégés, soient à la merci der agriculteurs étrangers, et qu ainsi la richesse évaluée nationale soit cruellement atteinte ?

En aucune sorte. Si l’étranger cherche à faire concurrence aux agriculteurs d’un pays industriel en expédiant des grains dans ce même pays , le prix de vente de ces grains comprendra non-seulement le coût de la production, mais encore les frais de transport, les frais de chargement et de déchargement, les primes d’assurance, etc., qui se montent à une somme considérable. L’agriculture indigène sera donc protégée par ces frais de diverses natures qu’elle ne supporte pas. Ensuite, les salaires étant moins considérables, par suite

du libre arrivage des grains étrangers, l’in-

dustrie prendra de nouvelles racines , et sa prospérité sera non -seulement très -utile au pays, mais encore très-favorable à l’agriculture elle-même, ainsi que nous allons le prouver.

En effet : 1" Les bénéfices que feront les industriels, bénéfices très-élevés, ne manqueront pas de donner lieu à des dépenses qui feront surgir une population nouvelle dont l’alimentation tendra à rendre les travaux du sol de plus en plus rémunérateurs. Conséquemment les terres, pour suffire aux nouveaux besoins , passeront de la culture extensive à la culture intensive, en prenant des valeurs de plus en plus considérables. 2® Les capitaux acquis par une industrie prospère , ne sortant du pays qu’autant qu’ils trouveront à l’étranger d’énormes bénéfices, se placeront habituellement dans l’agriculture indigène et l’avantageront encore.

On voit ainsi que l’agriculture est la sœur jumelle, la compagne bien-aimée de l’industrie, et qu’on ne peut accorder des faveurs à cette dernière sans qu’elle les fasse partager à son inséparable amie.

Nous admettons quon ne doit pas protéger les grains; mais doit-on protéger la viande, la laine , la garance , la soie , le charbon de terre, etc,, c'est-à-dire toutes les autres matières premières ?

Ici, nous sommes moins absolus. Généralement, les peuples bénéficient de la libre importation des matières premières ; mais, relativement à chacune d’elles , il y a nombre de considérations à faire valoir qui demandent un examen spécial.

N’y a-t-il pas des marchandises qui, bien que produits manufacturés, doivent en général entrer en franchise, comme certaines matières

premières ?

Sans doute. Ce sont les produits manufacturés qui servent d’outils , comme les machines, certains acides, etc. Toutefois il est telles circonstances où un pays doit faire des sacrifices momentanés pour protéger la fabrication indigène de ces produits, afin d’arriver plus tard à se récupérer largement en se passant de l’étranger à leur égard.

If

Lorsque Von met à Viniportation sur les produits de fabrique des droits plus élevés que sur les matières premières , peut-on dire que Von a seulement pour but de donner la vie à bon marché à la classe ouvrière ?

Assurément cette mesure peut avoir pour but d’être utile à la classe pauvre, mais elle est éminemment favorable à l’accroissement de la richesse évaluée d’une nation : car, les salaires et la valeur des matières qui entrent dans les fabrications se réduisant, il en est de même du prix de revient de toutes les productions indigènes, d’où il résulte qu’on acquiert de grandes facilités pour les écouler sur tous les marchés et pour accroître le capital national. Mais ce qui semble indiquer qu’une pareille mesure est prise en général plutôt dans le but de la protection que pour soulager l’humanité, c’est que jamais aucune faveur à l’importation n’est accordées aux toiles communes et aux draps grossiers, qui surtout dans le nord sont presque aussi essentiels au peuple que la nourriture. Et pourquoi? parce qu’ils font par-

tie des produits dont la fabrication est reconnue instinctivement partout comme étant extrêmement utile au développement de la richesse évaluée.

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