J 90 CATÉCHISME
Voici, du reste, quelques propositions dont il est difficile de contester l’exactitude par rapport à la richesse évaluée et à la richesse déu-. sage &Q?, peuples :
‘ Lorsqu’un pays riche et manufacturier,par suite d’un fléau, tel qu’un incendie, une inondation, un désordre dans les saisons, etc., perd un grand nombre de marchandises, la nation qui est appelée à les fabriquer et à les fournir bénéficie de cette perte. Le bénéfice de la fourniture est, en général, d’autant plus grand que le pays frappé est plus prospère.
2® Une destruction de marchandises survenue dans un pays quelconque diminue la richesse d'usage moyenne du monde entier.
3® Lorsque les habitants d’une contrée sont apathiques, paresseux, ils ne peuvent avoir qu’une faible richesse évaluée. Alors il est désirable pourles nations étrangères que ces habitants, en devenant laborieux, accroissent leur richesse évaluée y car par leurs travaux iis augmentent la quantité des marchandises qui
s’échangent sur le globe, et, par suite, la richesse d'usage générale. Un sinistre qui frapperait cette contrée serait donc un malheur universel.
4® Si la contrée dont il vient d’être parlé «
avait une production tellement prépondérante que sa richesse évaluée fût devenue formidable,
: dangereuse pour les nations étrangères, il se-
i rait sans doute préjudiciable à la richesse d'u-
I sage de ces nations, mais profitable à leur
force, à leur puissance , à leur richesse évaluée relative, que la production de cette contrée fût
arrêtée.
5® Deux peuples en commerçant ensemble , dans le cas où ils profitent mutuellement de leur prospérité respective, doivent, au point de vue de leurs puissances relatives, prendre des mesures pour que , dans le trafic qu ils font entre eux, la richesse évaluée de l’un ne s’accroisse pas dans une plus forte proportion que la richesse évaluée de l’autre L
* Voyez note W.
En prétendant que les intérêts des peuples sont toujours ou antagonistes ou solidaires, on était sous l’influence de préjugés inhérents à une époque encore dans l’ignorance de la richesse évaluée et de la richesse d'usaae.