CHAPITRE XIX
Estr-il vrai que dans les échanges internationaux les produits s* échangent toujours contre les produits ? .
Le fait est très-contestable. L’échange peuf très-bien avoir lieu entre produits et immeu^ blés. N est-il pas un grand nombre d’immeubles en Portugal, en Sicile et en Amérique, qui appartiennent aux Anglais, tandis qu’il est trèspeu de Siciliens, d’Américains et de Portugais qui comptent parmi les propriétaires de la Grande-Bretagne?
Mais, en supposant que les produits s'échangent contre les produits, en résulte-t-il que le
libre-échange ne présente rien de nuisible à aucune nation ?
La réponse à cette question réside dans la théorie que nous avons donnée sur les échanges. Nous avons reconnu que, lorsque deux producteurs, l’un de matières premières, l’autre d’objets de fabrique, échangeaient leurs marchandises , celui-ci acquérait une richesse, évaluée bien supérieure à celle du premier; dès lors, si on laisse en toute liberté les produits s’échanger contre les produits, on verra certaines nations (l’Angleterre, par exemple, qui ne livre que des articles de fabrique ) accroître énormément leurs richesses évaluées, par rapport à celles de toutes les autres nations.