‹ Catéchisme de l'économie politique basée sur des principes rationnels [microform]Chapitre 48 sur 73 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

De la eoïK^ommatlon dite improductive*

Qu est-ce que la consommation d*un produit matériel ?

C’est l’annulation ou totale, ou partielle, ou momentanée, de l’utilité de ce produit matériel, par suite de son emploi \ ce produit ne

* On annule totalement lutilité d’un morceau de pain en se l’assimilant, partiellement l’utilité d’un vêtement en le portant quelques jours , momentanément Tutilité d’une maison en l’habitant.

.Jlb CATÉCHISME

pouvant être lui-même anéanti , puisque les diverses particules dont se composent les corps ne font jamais que se réunir et se disjoindre. Quest~ce que la consommation d*un produit

immatériel ?

C’est la combinaison de ce produit avec un objet matériel ou bien son absorption par une personne i les produits de l’architecte s’incorporent aux maisons, les produits du musicien

s’incorporent aux auditeurs.

Ne distingue-t-on pas diverses sortes de consommations par rapport aux produits matériels

et immatériels ?

On en distingue deux sortes, la consommation reproductive et la consommation improductive.

Q lé entendez-vous par là?

La consommation que l’on fait d’un objet pour en créer un autre est dite une consommation reproductive. Comme il en a déjà été traité au chapitre IX de la deuxième partie de ce Catéchisme, nous n’y reviendrons pas ici. Quant à la consommation improductive, c’est celle que

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nous faisons nous-mêmes directement des produits pour notre utilité personnelle.

Cette épithète usuelle ^d’improductive, appliquée à ce genre ' de consommation, vous paraîtelle heureusement choisie pour la caractériser ?

En aucune sorte. L’épithète personnelle eût été beaucoup plus convenable.

En effet, comment est-^il possible qu’étant presque tous en môme temps producteurs et consommateurs, on puisse dire que l’huile qui nous éclaire, le bois qui nous chauffe, et tant d autres matières que nous consommons afin de nous tenir en santé et nous donner la force nécessaire pour confectionner toutes espèces de produits, donnent lieu à des consommations improductives ? Ces consommations sont productives au premier chef. Bien plus, les consommations les plus regrettables que nous puissions faire donnent quelquefois naissance à de nouveaux capitaux. Ainsi , Paris gagnerait peut-être en valeur si l’on détruisait une partie des maisons qu’il renferme. — Autrefois les Hollandais firent brûler nombre d’épices pour

augmenter la valeur du capital qu ils possédaient en denrées coloniales.

Est- il bien vrai que nous soyons tous et producteurs et consommateurs ?

Incontestablement, car dans une société, surtout comme nous l’avons considérée, produisant des richesses matérielles et immatérielles, tous les citoyens, soit par leur industrie, soit parleurs capitaux, soit par les places qu ils occupent, soit par les fonctions mêmes de chefs de famille qu’ils remplissent, sont incontestablement à la fois et producteurs et consommateurs .

D'où vient ce nom de consommation improductive ?

Alors que ce nom fut donné aux consommations individuelles, la pensée d’établir une distinction entre la richesse d'usage et la richesse évaluée ne s’était pas encore présentée à l’esprit des économistes.

La richesse des nations leur apparaissait comme quelque chose de vague , et c’était tantôt la valeur, tantôt l’utilité, qui attirait leur

attention d’une manière plus spéciale. Relativement au moi mproductif, ils paraissent avoir considéré particulièrement la richesse d'usage^ attendu que la consommation individuelle, en détruisant des marchandises, occasionne une réduction dans l’approvisionnement, et en conséquence une diminution dans cette espèce de richesse. Mais, s’ils avaient en même temps tenu compte de ce que devient la richesse évaluée y ils auraient reconnu que, le plus souvent, ces consommations dites improductives , lorsqu’elles sont en rapport avec nos besoins , nonseulement donnent naissance à cette dernière sorte de richesse, mais encore contribuent à son accroissement. N’est-il pas vrai qu’une chose n’a de valeur qu’autant qu’elle doit être consommée, et que, si elle ne devait avoir cette fin, personne ne voudrait la produire. La consommation est donc non-seulement le principe de la richesse évaluée, mais encore, sans la consommation qui. prolonge notre existence, il n’y aurait pas possibilité de produire, il n’y aurait pas d’humanité.

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