‹ Catéchisme de l'économie politique basée sur des principes rationnels [microform]Chapitre 6 sur 73 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

C’est le prix de ce qui , en moyenne , est nécessaire pendant une année, dans ce pays, à l’existence d’un travailleur qui n’emploie pour vivre que sa force musculaire.

Nous admettons, ce qui s’écarte peu de la vérité , que ce prix , bien qu’il varie de contrée à contrée, donne h tous les travailleurs de cette sorte la même somme de bien-être.

Vous ave% distingué la richesse d’usage d'un particulier de sa richesse évaluée en espèces. Comment expliquez-vous que ces deux richesses soient différentes^ lorsqu'il semble que plus un individu aura de capitaux, plus il lui sera possible de multiplier ses consommations, et par conséquent d'accroître son bien-être ?

Un exemple rendra cette explication facile. — Considérons deux familles dont l’une , à la tête d’un capital de 500,000 francs, habite l’Angleterre , tandis que l’autre , ne possédant que

De la richesse évaluée et de la richesse d*usage

des particuliers.

La richesse d'une personne ne peut-elle être considérée que sous un seul aspect ?

Un individu peut être riche de bien des manières. — Il peut être riche en capitaux , en bien-être, en talents, en santé, en beauté, en vertus, en imagination, etc.; mais l’économie politique ne s’occupe que de la richesse en capitaux, ou richesse évaluée en numéraire, et de la richesse de bien-être, ou richesse d'usage. Quelle différence faites-vous entre la richesse évaluée en numéraire et la richesse d'usage?

La première est relative à la quantité d’or à laquelle on peut évaluer tout ce que possède une personne. La seconde est relative au rapport qui existe entre les revenus de cette per-

300,000 francs, réside en Italie. La première , en raison de la cherté de toutes les marchandises , ne pourra se procurer autant de satisfactions que la seconde. Celle-ci, malgré l’infériorité de ses capitaux, aura la faculté de faire servir sur sa table des mets plus variés , plus abondants , de s’entourer d’un plus nombreux domestique, d’habiter un logement plus spacieux, etc.

Le bien-être est donc ici en raison inverse du capital possédé. Il y a donc une différence entre la richesse évaluée et la richesse d’usage.

C’est ainsi que l’on voit annuellement un grand nombre d’Anglais abandonner leur pays, afin de trouver sur le continent une plus grande somme de bien-être. Par le même motif, quantité de Parisiens , dont les dépenses ont outrepassé la fortune, vont se fixer en province, où ils retrouvent à moins de frais l’existence qu’ils ont perdue.

Si, d’un côté, \di richesse d’usage, dont le bonheur de l’homme dépend, doit être recherchée , d’un autre côté , de grands avantages

sont attachés à la possession de la richesse évaluée.

Quelle est, en effet, la personne qui ne préférerait sans hésiter la fortune de 500,000 francs à celle de 300,000, sauf à choisir une résidence où les choses usuelles seraient à bon marché?

Nous devons cependant ajouter qu’il est de certaines positions dans le gouvernement, de certaines nécessités sociales, de certaines exigences enfin du corps ou de l’espril, qui ne vous laissent pas toujours la faculté de choisir le lieu de votre résidence , et qu’ainsi, avec une grande richesse évaluée, on doit se résigner

parfois à n’avoir qu’une médiocre richesse d’usage.

Lorsque deux personnes, à égalité de richesse d’usage, n’habitent pas le même pays, quels

attendu que les voyages exigent pour toutes

deux les mêmes dépenses.

2° L’avantage, en habitant le même pays que la personne moins pourvue de capitaux, de pouvoir, comparativement à elle, y fonder des établissements de toute sorte d’une bien autre importance, et s’y entourer de tous les éléments qui donnent de la supériorité à l’intelligence.

Pouvez-vous formuler en peu de mots ■ les avantages gu à égalité de richesses d usage procure une richesse évaluée considérable ?

Certainement. Le chiffre de cette richesse évaluée est la mesure du pouvoir que son possesseur exerce et sur les hommes qui l’entourent, et sur les choses qu’ils produisent.

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