IV — LA GRACE
Est-il possible de faire entendre à l'enfant quelque chose du mystère si profond de la grâce ?
Par exemple, demandez-lui s'il aimerait mieux mourir que de renoncer a Jésus-Christ: il vous répondra : Oui. Ajoutez :
— Mais quoi! donneriez-vous votre tête à couper pour aller en paradis!
— Oui.
Jusque-la. l'enfant croit qu'il aurait assez de courage pour le faire.
Mais vous, qui voulez lui faire sentir qu'on ne peut rien sans la grâce, vous ne gagnerez rien, si vous lui dites simplement qu'on a besoin de grâce pour être tidele : il n'entend point tous ces mots-là, et, si vous l'accoutumez à les dire sans les entendre, vous n'en êtes pas plus avancé. Que ferez- vous donc? Racontez-lui l'histoire de saint Pierre: représentez-le qui dit d'un ton présomptueux : « S'il faut mourir, je vous suivrai: quand tous les autres vous quitteraient. je ne vous abandonnerai jamais. » Puis dépeignez sa chute; il renie trois fois Jésus-Christ: une servante lui fait peur. Dites pourquoi Dieu permit qu'il fût si faible : puis servez-vous de la comparaison d'un enfant ou d'un malade qui ne saurait marcher tout seul, et faites-lui entendre que nous avons besoin que Dieu nous porte, comme une nourrice porte son enfant: par là. vous rendrez sensible le mystère Je la grâce J
ij Fe>elo>-, De l'éducation des filles, cb. vi.
l'éducation surnaturelle 437