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CHAPITRE VI

L'extension de la vie surnaturelle

Il y a « deux sacrements qui propagent et qui ordonnent la vie sociale dans l'ordre surnaturel » (1).

Quelle est la division de ce chapitre ?

i° La vocation en général (art. 1);

2° La vocation religieuse et sacerdotale (art. II);

3° La vocation à la vie chrétienne dans le monde (art. III).

(i) M*r Besson, Les sacrements, t. I,r, p. 87.

Article I. — La vocation en général.

« Nul n'échappe à sa vocation. Elle est en nous, depuis la seconde où, par notre premier petit cri, en débouchant dans ce monde, nous disons :

« Présent! » (l)

Qu'est-ce que la vocation ?

La vocation, c'est l'appel de Dieu.

Cet appel est multiforme :

1° En tant qu'hommes, nous sommes appelés à mener une vie sérieuse, raisonnable, utile : c'est la vocation très générale.

2° En tant que chrétiens, nous sommes tous appelés à la perfection et au salut, à la sainteté en ce monde et au bonheur éternel dans l'autre : c'est la vocation générale.

3° En tant qu'hommes et en tant que chrétiens, pour nous aider à atteindre le but naturel et le but surnaturel de l'existence, nous sommes appelés à telle ou telle fonction spéciale, à telle ou telle situation, à tel ou tel genre de vie : c'est la vocation particulière.

Nous ne nous occupons ici que de cette dernière.

Quels sont les principes qui éclairent la question?

1° Dieu est l'auteur de la société.

Il l'a formée de conditions variées, d états différents, dont la réunion compose un tout harmonieux, et qui répond aux besoins de tous et de chacun (2).

2° Dieu, qui ne fait rien d'inutile et qui ne s'arrête pas en chemin, destine et appelle les hommes à occuper les divers états, dont l'ensemble constitue la société et est nécessaire à son bon fonctionnement.

3° Dieu, qui proportionne les moyens à la fin, distribue ses dons, suivant la destination de chacun.

Il répartit les talents, les attraits, les qualités propres à l'état qu'il nous a assigné. Il nous prépare aussi les grâces, les lumières, les secours analogues à cet état, pour nous en faire surmonter les difficultés, éviter les périls et remplir tous les devoirs (2).

(i) Henri Laveda>-, Bon an, mal an, y* série, p. 278. (21 M*r Pichenot, op. cit. , p. 329 et 33i.

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Quelle est la conséquence pratique qui découle de ces principes ?

C'est qu'il est de toute première importance d'embrasser rétat auquel nous sommes appelés : « Car c'est là, et là seulement, que nos goûts seront satisfaits, nos moyens utilisés, nos aptitudes mises à profit, et que nous sommes assurés de trouver tous les secours qui nous seront nécessaires. » (1)

Quels sont les moyens à prendre pour arriver à connaître sa vocation ?

Il y en a trois principaux :

1° Avoir recours à Dieu dans la prière.

C'est Dieu qui a choisi l'état que nous devons embrasser; c'est lui seul qui peut nous le faire connaître : de là l'obligation de le consulter.

Il faut prier avec droiture, avec docilité, avec recueillement.

2° S'adresser à ceux qui tiennent la place de Dieu, c'està-dire, d'abord aux parents: en général, on ne doit pas s'éloigner de leur manière de voir; c'est-à-dire, ensuite au directeur, qui a grâce d'état pour expliquer et résoudre le problème, à condition qu'on lui en expose simplement toutes les données.

3° S'étudier et se consulter soi-même.

Dieu, qui proportionne les moyens à la fin, a établi une harmonie entre la destinée, d'une part, et les goûts, les aptitudes et le caractère d'autre part. A l'homme de peser toutes choses en s'étudiant, en se consultant soi-même, à la lumière de la raison et de la foi.

Combien y a-t-il d'espèces de vocations ?

Il y a deux espèces principales de vocation : la vocation qui consacre la vie au service de Dieu, et la vocation à la vie chrétienne dans le monde.

La vocation au service de Dieu est susceptible de trois formes :

La vocation religieuse doublée de la vocation à l'état ecclésiastique : c'est celle des religieux prêtres.

(i) M«r Pichknot, op. cit., p. 33l.

La vocation religieuse sans la vocation à l'état ecclésiastique : c'est celle des religieuses et des religieux non prêtres.

La vocation à l'état ecclésiastique sans la vocation religieuse : c'est celle du clergé séculier.

La vocation à la vie chrétienne dans le monde suppose, ordinairement, le mariage et le choix d'une fonction, d'un état, d'une profession manuelle ou libérale.

Article IL — La vocation religieuse et sacerdotale.

/ Si la grâce d'une vocation sacerdotale

* souffle sur un fils, si la grâce d'une voca-

» tion religieuse souffle sur une fille

laissez souffler la grâce, et, comme Marie, lhumble servante, dites V Angélus de la soumission (1).

Comment les parents doivent-ils envisager la vocation religieuse ou sacerdotale?

1° Ils doivent la considérer comme un honneur.

L'Eglise, en effet, a toujours donné la préférence à la virginité chrétienne ou au célibat religieux sur le mariage.

« Si quelqu'un soutient que l'état du mariage doit être préféré à l'état de virginité ou de célibat, et qu'il n'est pas meilleur ni plus saint de demeurer dans l'état de virginité ou de célibat que d'entrer dans l'état du mariage : qu'il soit anafhème. » (2)

2° Ils doivent la considérer comme une grâce, ou plutôt comme une suite ininterrompue de grâces merveilleuses, s'appelant les unes les autres, par le jeu surnaturel des vœux formulés et par la fécondité des fonctions remplies.

Une mère de famille, une vraie chrétienne, celle-là, écrivait naguère, en parlant de sa fille, qui allait partir pour le noviciat :

Quand je considère sa délicatesse de cœur, l'élévation de son âme. tant d'admirables qualités que Dieu a mises en elle, je sens qu'il me serait bien dur de livrer a un homme un pareil trésor. Jésus- Christ sera son époux : je l'en bénis.

Voilà le langage de la foi.

3° Ils doivent la considérer comme une source de grâces pour eux-mêmes.

(i) E. Julien, Duterceau à l'école, p. i65. (2) Concile de Trente, Sess. XXIV, can. 10.

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Dieu, en effet, ne se laisse jamais vaincre en générosité ; et à ce père, et à cette mère, qui lui ont sacrifié ce qu'ils avaient de plus cher, il réserve des faveurs de choix, dont ils sentent le bienfait, pendant la vie, et surtout à l'heure de la mort.

Entre toutes les grâces, la plus précieuse, la plus désirable est évidemment la grâce d'une bonne mort.

Eh bien! c'est un fait d'expérience : les parents qui ont donné généreusement leurs enfants pour le service de Dieu font, d'ordinaire, une sainte mort. C'est la règle générale, et je ne sache pas qu'elle ait jamais souffert d'exception (1).

Le père et la mère ont-ils le droit d'empêcher leurs enfants de suivre leur vocation ?

Non, mille fois non.

Les enfants, en effet, sont à Dieu avant d'être à leurs parents; et ce serait une véritable usurpation, commise au préjudice des droits du Créateur, que de s'opposer à l'appel divin.

Et si Jésus, à l'âge de douze ans, fait pleurer d'inquiétude la plus sainte de toutes les mères, alors qu'il lui eût été si facile de l'avertir de ses desseins, « c'est pour donner à votre enfant le courage de vous voir pleurer, et à vous, sa mère, celui de l'offrir généreusement » (1).

Les parents ont- ils le droit d'éprouver la vocation de leurs enfants?

Oui, les parents ont le droit d'éprouver la vocation de leurs enfants, pour savoir si vraiment elle vient de Dieu, car on peut s'y tromper.

Quelles qualités doit avoir cette épreuve pour être légitime?

1° Elle doit être sincère.

2° Elle doit être éclairée.

Que faut-il entendre par ces mots: « L'épreuve doit être sincère »?

Il faut entendre, par là, que l'épreuve ne doit servir de prétexte à aucune tentative de destruction. On voit des parents qui, sous couleur d'examiner la voca-

(i) Charruau, Aiuo mère*, pp. 369 et 364.

tion de leurs enfants, contrecarrent la piété ou en suppriment les meilleurs exercices.

D'autres prennent conseil, jusqu'à ce qu'ils aient obtenu une approbation de leurs vues intéressées.

D'autres lancent dans les plaisirs et les distractions du monde.

D'autres, enfin, rarement, je le veux bien, poussent dans le chemin du vice.

Ce sont là manœuvres déloyales et criminelles.

Que signifient ces mots : « L'épreuve doit être éclairée » ?

Ces mots signifient que les parents, qui usent du droit d'éprouver la vocation de leurs enfants, ne doivent pas se laisser influencer, par les formules spécieuses dont on aurait farci leur esprit, ou les craintes chimériques dont on aurait épouvanté leur cœur.

Quelles sont les formules spécieuses dont l'application pourrait nuire à l'épreuve de la vocation?

Il en est quatre principales :

1° Si la vocation est sérieuse, elle résistera à tout.

2° L'enfant est victime d'une illusion ; il est du devoir des parents de le défendre contre lui-même.

3° Mon fils, ma fille, feraient plus de bien, en restant dans le monde.

4° J'admettrais un Ordre actif, mais un Ordre contemplatif! Pourquoi?

Que répondre à la formule : « Si la vocation est sérieuse, elle résistera à tout? »

Voici :

Que diriez-vous du père de famille qui vous ferait ce petit raisonnement : Je fais coucher mon fils dans une chambre très humide. Il tousse un peu depuis quelque temps. Gela m'avait d'abord inquiété; mais j'ai consulté un médecin très célèbre qui m'a dit qu'il n'y avait aucun danger. Si monsieur votre fils a une poitrine robuste, m'a-t-il dit, elle n'a rien à craindre de l'humidité: si elle s'affaiblissait dans cette chambre malsaine, c'est que la constitution du jeune homme laisserait à désirer. Il n'y a pas de milieu; et vous agissez sagement, en le faisant coucher dans cette espèce de cave. L'humidité est jus-

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tement la pierre de touche des constitutions solides. Après cette expérience, vous serez fixé (i).

C'est lumineux, probant et péremptoire.

Que répondre à la formule : « L'enfant est victime d'une illusion » ?

On dit cela, quand un jeune homme ou une jeune fille demandent à entrer dans quelque noviciat, où ils pourront, pendant un an, dix-huit mois ou deux ans, étudier à nouveau, en toute liberté, une vocation déjà éprouvée.

Et quand il s'agit du mariage, on laisse,, sans scrupule, s'engager pour la vie une fillette de dix-huit ans, qui se fie à la parole d'un jeune homme, qu'elle ne connaissait pas deux mois auparavant.

Où est la précipitation?

Et qui risque d'être victime d'illusions ?

Que répondre à la formule : « Mon fils et ma fille feraient plus de bien dans le monde; il nous faut de bons pères et de bonnes mères de famille; et puis il y a tant d'oeuvres à soutenir, tant d'apostolats à exercer, etc. » ?

La question est mal posée.

Il ne s'agit pas du bien problématique que l'on pourra faire, ici ou là.

Il s'agit de la volonté de Dieu.

Quelle est la volonté de Dieu ?

Tout est là.

Il est illogique d'en sortir.

Que répondre à la formule : « J'admettrais un ordre actif, mais un ordre contemplatif ! Pourquoi »?

Sans vouloir examiner, en son entier, la question de l'excellence relative des différents Ordres religieux, notons seulement quelques éléments de réponse :

1° Dans le récit de saint Luc (2), dont l'Eglise a fait l'Evangile de la Messe de l'Assomption, Marthe, c'est la vie active; Marie, c'est la vie contemplative.

Et Nôtre-Seigneur dit : Marie a choisi la meilleure part, et elle ne lui sera pas enlevée.

(i) Charruau, Aux mères, p. 274.

(2) Luc. x, 38-42.

2° Sainte Thérèse, a-t-on dit, a sauvé autant d'âmes, en priant et en se sacrifiant, dans son monastère, que saint François Xavier, en évangélisant des royaumes entiers.

3° La Sainte Vierge, silencieuse et méditative à Nazareth, a-t-elle donc été inutile au salut des hommes?

Et les trente années de la vie cachée de Notre-Seigneur ont-elles été de moindre valeur, pour la rédemption du monde, que les trois années de vie publique?

Quelles sont les craintes chimériques dont s'épouvante le cœur de certains parents, devant la vocation religieuse de leurs enfants?

Il en est trois principales :

i° Le déshonneur de la famille;

2° Le malheur de l'enfant;

3° L'oubli dans lequel l'élu de Dieu tiendra ses parents.

La famille peut-elle, sérieusement, considérer comme un déshonneur de donner un de ses membres au service immédiat et personnel de Dieu?

Sérieusement, non; mais il est des milieux tellement infectés de l'esprit du monde, que l'on y veut avoir l'air de regarder comme un déshonneur ce qui est surnaturellement une gloire, et comme une humiliation ce qui, chrétiennement parlant, est un prestige et une dignité.

En quoi est chimérique la crainte du malheur de l'enfant consacré au service de Dieu?

En ce que cette crainte ne repose sur aucun fondement.

Au contraire, rien n'égale la grâce que Dieu fait à ceux à qui il accorde une véritable vocation religieuse; c'est le bonheur sur la terre pour obtenir le bonheur du ciel.

El saint Paul, inspiré de Dieu, dit nettement : « Si vous mariez votre fille, vous faites bien, mais si vous ne la mariez pas, vous faites mieux. » (1)

Que vaut la crainte éprouvée par certains parents de se voir oublier par l'élu de Dieu?

C'est une absurde calomnie d'accuser la vie religieuse d'égoïsme. Elle ne détruit pas le cœur, elle le dilate, au contraire, elle l'élève

(i) I Cor. vu, 38.

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et le purifie; et, au lieu d'un amour naturel et terrestre, qui se recherche lui-même, elle le remplit d'un amour tout spirituel et tout divin, qui ne cherche que Dieu et le salut des âmes. Votre fille priera pour vous, elle sera l'ange gardien de la famille, le paratonnerre de la maison paternelle. Non, il n'est pas vrai que la grâce détruise la nature, et que la chasteté affaiblisse la sensibilité : elle la consacre et l'éternisé. Que de pieuses affections, développées ou même écloses à l'ombre des cloîtres, et que le foyer domestique ne connaît pas ! Souvenez-vous de la Mère de Chantai, tombant évanouie, au pied du lit de mort de sa fille, la jeune baronne de Thorens. Souvenez-vous de sainte Paule, accompagnant le cercueil de sa fille, au milieu des sanglots. On crut qu'elle en mourrait,, et le vieux saint Jérôme ne savait comment faire pour la consoler. Jamais femme païenne n'a autant pleuré ses enfants, disaient les païens (1).

Article III.

La vocation à la vie chrétienne dans le monde.

« Parlez, Verbe éternel, et parlez assez haut pour vous faire entendre, malgré le bruit confus que mes sens et mes passions excitent sans cesse dans mon esprit. » (2)

Que comporte, au point de vue de l'éducation, la vie chrétienne dans le monde?

Deux choses :

1° Le choix d'une profession libérale ou manuelle; 2° ordinairement, du moins, le mariage.

§ 1. — Le choix d'une profession.

L'être engendré suivrait une route pareille A celle des parents, si Dieu, qui toujours veille. Sous un décret plus fort ne courbait cette loi (3).

Que faut-il tout d'abord considérer, quand il s'agit de déterminer la profession de l'enfant?

Il faut considérer, avant tout, les attraits et les aptitudes :

Si l'on tenait compte, en bas, dans votre monde,

Du premier fondement que nature a posé,

Chaque homme à son emploi serait bien disposé (3).

(i) PlCHENOT, Op. Cit., p. 3^9-

(2) Malebranche, Méditations chrétiennes. Prière.

(3) Dante, La divine comédie. Le Paradis}, cb. vm, traduction de M. A. db Hambui.

Les parents suivent-ils toujours fidèlement cette recommandation?

Non, malheureusement.

Soit par ignorance, soit par égoïsme, soit par intérêt, un certain nombre poussent leurs enfants dans une voie qui ne leur plaît ni ne leur convient.

Quand un homme est né propre à ceindre l'épée

Au cloître vous poussez sa pauvre âme trompée, Et vous faites un roi d'un autre né prêcheur. Ainsi cheminez-vous dans un sentier trompeur (1).

X'est-il pas quelquefois bien difficile de connaître les attraits et les aptitudes de l'enfant?

11 est vrai.

Nous avons trop souvent rencontré des jeunes gens de seize, dixsept ans. qui répondaient invariablement à la question : « Que ferezvous? » cette vague phrase : « Je ne sais pas encore. » — Je ne sais

pas encore à l'heure où les études sont presque terminées,

où les examens spéciaux s'imposent, où le choix d'une carrière est imminent. Ceux qui, à dix-huit ou vingt ans, ne « savent pas encore » ce qu'ils veulent, ont grande chance de ne le savoir jamais (2).

Que doivent faire les parents pour prévenir cette indécision prolongée?

1° Ils doivent s'efforcer de démêler les aptitudes, les forces, les aspirations de l'enfant qui leur est confié ;

2° Ils doivent entendre, recueillir, retenir et exploiter les petites confidences, que certaines circonstances font jaillir de son cœur : « Moi, je veux être religieux et soigner les malades ; moi, je veux être religieux et prier pour ceux qui ne prient jamais ; moi, je veux être soldat et mourir pour la France. »

Mères françaises, vous devez avoir du respect pour ces motslà. et vous réjouir à cause d'eux. Ils ne sont pas la preuve d'une vocation, pss plus qu'on ne peut dire: « Je sais une langue difficile », lorsqu'on en balbutie à peine une ou deux phrases. Mais ils peuvent l'annoncer, et ils sont farouches, et ils ne vous seront peut-être plus jamais dits, si vous vous moquez ou si vous demeurez indifférentes à l'élan de cette petite âme. qui découvrait le sacrifice et s'y sentait portée. Ce sont là des mystères que vous touchez chaque jour (3).

(i) Dante, La divine comédie. Le Paradis, ch. vin, traduction de M. A. de Margerie.

(2) Marc Debrol, La femme contemporaine, juillet 1911, p. 5i4.

(3) René Bazin, Un devoir maternel, article de YEcho de Paris,

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3° Si ces confidences leur manquaient complètement, ils devraient les provoquer, en multipliant les situations susceptibles de révéler l'enfant à lui-même : Le Corrège, Lesueur, etc., trouvèrent, en un instant, grâce à une circonstance révélatrice, la voie dans laquelle ils devaient marcher.

Que faut-il considérer encore avant de déterminer la profession de l'enfant?

1° Il faut considérer la santé, pour ne pas imposer à l'enfant des obligations qu'il serait incapable de remplir, ou auxquellesilne pourrait faire face qu'en s'épuisant avant l'âge.

2° Il faut considérer la naissance, pour ne pas lancer l'enfant dans un milieu social où il serait tenté de rougir de ses parents et de sa famille.

3° Il faut considérer la fortune, pour ne pas établir imprudemment l'enfant dans une situation mal assise, dont le moindre flottement l'exposerait à la ruine.

Que faut-il faire après avoir déterminé la profession de l'enfant?

Il faut lui donner ou lui faire donner une éducation en rapport avec la fonction spéciale qu'il aura à remplir dans la société.

M*r Dupanloup appelle éducation populaire celle qui prépare aux professions ouvrières et agricoles; éducation intermédiaire, celle qui achemine vers les professions industrielles et commerciales; et haute éducation littéraire, celle qui forme aux professions libérales (1).

§ 2. — Le mariage.

« Si les hommes faisaient un

noviciat avant de se marier

la moitié ne feraient pas profession. » (2)

Comment les parents doivent-ils envisager la question du mariage de leurs enfants?

1° Avec discrétion.

2° Avec prudence.

3° Avec désintéressement.

(i) De l'éducation, t. I", p. a58 (2) J. de Maistre.

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