De plus, il est constamment en péril de perdre la foi
3. Le mari qui n'est pas tout à fait chrétien ne le deviendra jamais.
4. La femme imprimera une tache au nom de son mari, et rendra son intérieur suspect et malheureux (2).
5. La femme ne pourra jamais élever chrétiennement ses enfants.
Attache-t-on généralement assez d'impwtance à cette question de religion?
Nous ne le croyons pas.
Et nous faisons des vœux pour que tous les fiancés puissent répéter, avec sincérité, la parole du duc Louis de Thuringe, l'heureux époux de sainte Elisabeth de Hongrie :
(i) M*T Gibier, La désorganisation de la famille, p. i56. (a) M»r Pichehot, op. cit., p. 386.
l'éducation surnaturelle 493
— Je veux avoir mon Elisabeth. Elle m'est plus chère, par sa vertu et sa piété, que toutes les terres et toutes les richesses du monde (1).
Que faut-il exiger par rapport à la conduite?
L'homme qui. dans sa première jeunesse, a commis quelques fautes de fragilité, pourra néanmoins, s'il est sérieusement converti.
remplir fidèlement ses devoirs de père et d'époux Mais s'il s'est
montré franchement libertin, gardez-vous de consentir à un tel mariage: il y a trop de chances pour qu'un jeune homme, longtemps et foncièrement adonné au vice, retombe, un jour ou l'autre, dans ses égarements (2).
A l'égard d'une jeune fille, on doit se montrer plus sévère. Dans la grande majorité des cas, vous ne pourrez être sûr d'elle, si, dans sa jeunesse, ses relations, même en passant, n'ont pas été irréprochables. Pour commettre ces fautes, elle a dû violer la pudeur naturelle à son sexe. Ces défaillances indiquent un penchant bien accentué vers le mal. On n'est que trop fondé à en craindre le retour \2).
Doit-on faire grand cas de la santé?
Sans nul doute, puisque la santé est un facteur nécessaire dans la création d'une famille (3).
Il y a de jeunes personnes qui ne devraient jamais s'établir et qui font nécessairement de leur bandeau nuptial un suaire, qui trouvent leur cercueil au berceau de leur premier-né. Il y a des jeunes gens qui ne transmettent la vie qu'en se donnant la mort, et dont les enfants expieront l'imprudence, pour ne rien dire de plu-
Il y a bien longtemps que le Saint-Esprit a dit :
Un corps plein de vigueur vaut mieux que les plus grands revenus. Non, il n'y a point de richesse comparable au trésor d'une bonne santë (o).
Faut-il faire aussi grand cas de la science?
Le P. Hoppenot (6) va nous répondre :
De la science religieuse nécessaire au salut, oui. Des sciences profanes nécessaires au mari, dans son métier ou sa carrière, oui encore. Dans le choix qu'il fera, que l'homme, de son côté, tienne
(i) Montalembert, Sainte Elisabeth de Hongrie, ch. v. (2) Charruau, Aux mères, p. 233-234.
(3i Hoppenot, op. cit., p. 140.
(4) Pichenot, op. cit., p. 373.
(5) Eccli. xxx, i5-i6.
(6) Op. cit., p. 141-142. J
à s'adjoindre une femme cultivée, qui soit capable de le suivre et de le comprendre, si. quittant un instant le terre à terre de la vie. il lui plaît d'aborder les régions de l'esprit et du goût, rien de mieux; mais qu'il se mette en garde contre la femme savante, Oubliant que son rôle est d'être à son ménage, Qu'on vit de bonne soupe et non de beau langage.
En fait de brevets, en voici deux, indispensables à une jeune épouse, dans son ménage :
Brevet élémentaire : brevet d'amabilité.
Brevet supérieur : brevet de dévouement.
N'y a-t-il pas quelque chose de mieux que la science et l'esprit?
Oui, c'est :
1° Un sens ferme et droit : « Une femme sage bâtit sa maison, et une femme insensée la renverse de ses propres mains », nous disent les Proverbes (1).
2° Le sérieux de l'esprit.
Les parents qui songent à marier leur fille tiennent ordinairement à trouver un gendre sérieux. Mais s'il s'agit d'établir leur bis, le sérieux de Tes prit n'est souvent, à leurs yeux, qu'une qualité très accessoire pour la jeune tille qui doit être sa compagne. « Ma bru est une petite folle qui ne songe qu'à s'amuser, disait un jour une dame, qui avait pourtant réputation de sage personne; mais, ajoutaitelle, elle est charmante, et d'ailleurs mon fils a du sérieux pour elle et pour lui: il n'est vraiment pas trop tôt que sa femme le déniaise un peu. » [i]
Quelle pitié!
Que faut-il exiger par rapport au courage?
1° Les parents, qui veulent sérieusement le bonheur de leurs enfants, n'accepteront jamais pour gendre un jeune homme sans position, sans carrière, sans occupations réglées, « bon qu'à lui-même et point à autrui » (3).
t I s ne choisiront pas davantage une bru qui n'aurait pas l'amour du travail, et du travail manuel.
Si j'en voulais à un jeune homme, et qu'il fût permis de se venger, je lui souhaiterais une liseuse de romans pour épouse (4).