‹ Catéchisme de l'éducationChapitre 123 sur 135 · I) XIV, I · texte numérisé non relu

I) XIV, I

(2 i.h rruau, Aux mères, p. 238.

(3 iiu.NTAltiNE.

(4) M*r PlCHENOT, Op. Cit., p. 373.

l'éducation surnaturelle 495

Est-il permis de rechercher la beauté?

« Assurément, répond le Catéchisme du Concile de Trente. Jacob, dans l'Ecriture, n'est pas blâmé d'avoir préféré Rachel à Lia, à cause de sa beauté. »

À une condition cependant, « c'est que cette beauté ne soit pas un masque trompeur, mais le reflet d'une àme vertueuse » (1).

Les personnes sérieuses se tiennent toujours en défiance :

« Je ne voudrais pas, nous disait un jour un jeune homme de grand sens, épouser une jeune fille dont la beauté fît parler d'elle. On me traitera peut-être d'original, mais c'est, chez moi, conviction bien arrêtée. »

Avait-il si grand tort? (2)

Que faut-il penser de la fortune?

1° Il est permis de désirer une dot suffisante, qui permette de soutenir son rang et d'élever, sans trop de peine, un grand nombre d'enfants.

2° Mais faire delà fortune la question principale, à laquelle on subordonne toutes les autres, voilà qui est à la fois insensé et antichrétien.

MIe X... est aimable et bonne; elle ferait une excellente femme; elle me plairait beaucoup! mais elle n'a que tant! Impossible d'y songer.

Cette jeune fille ne me va guère; si elle n'était pas si riche, je n'v

penserais pas un instant Mais quelle dot! quelle magnifique doù

Songez donc : jamais je n'aurais pu espérer un si beau parti. Je serais vraiment bien bête de manquer cette occasion! Décidément, je la prends! (3)

Voilà, certes, un raisonnement bien déraisonnable, mais qui tient le haut du pavé. Ce n'est pas une compagne que Ton cherche, c'est une dot, et on se sait bon gré d'être si sage, quand on agit si follement. (3)

3° Que les parents n'oublient pas le vieux proverbe : a Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. » Et que le jeune homme se persuade « que la fortune de la femme ne

(i) Hoppenot, op. cit., p. i3g.

(a) Charruau, Aux mères, p. 240. — Le Talmud raconte que, deux fois par an, les jeunes filles de Jérusalem, vêtues de blanc, allaient danser dans les vig-nes en répétant: Jeune homme, vois donc, et tà-he de bien choisir; ne t'attache pas à la beauté, mais consulte plutôt la famille, car la grâce est mensongère et la beauté vaine. C'est la femme qui craint Dieu qui sera louée

(3) Charruau, Aux mères, pp. 240-241.

remplacera jamais, au foyer, l'affection vraie et désintéressée'» (i).

Quand on ne prend en dot que la seule beauté, Le remords est bien près de la solennité. Et la plus belle femme a très peu de défense Contre cette tiédeur qui suit la jouissance (2).

Que faut-il penser des fréquentations qui précèdent le mariage? 1° Elles sont nécessaires.

Puisque, dans le mariage, il n'y a pas de noviciat, dit saint François de Sales, je veux qu'il y ait au moins un postulat; car je n'admets pas qu'on se marie d'abord, et que l'on s'aime ensuite, si 1 on peut,

Il faut donc que les jeunes gens sachent, au préalable, s'ils sont faits l'un pour l'autre, s'ils pourront se comprendre et s'aimer. De là la nécessité des entrevues.

2° Elles sont dangereuses.

Plus les jeunes gens sont purs, et plus ils sont exposés à être entraînés par la violence de leurs affections naissantes.

Et puis, le mariage pourrait ne pas se faire : il faut donc que la rupture ne soit pas impossible, si elle est jugée nécessaire.

En conséquence, les entrevues seront peu fréquentes d'abord, pleines de réserve toujours, en présence et sous les yeux d'une mère. Enfin, quand le mariage est décidé, qu'il soit contracté le plus vite possible.

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