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CHAPITRE I

La nature du respect

« Le respect est le sens de valeurs. » (Kieffer).

Qu'est-ce que le respect ?

1' Le respect, c'est quelque chose de plus que l'estime, la déférence, la politesse et les égards, un a des égards pour ses égaux, de la déférence pour ses amis, de l'estime pour le mérite, de la politesse pour tous : le respect s'élève beaucoup plus haut, et il entraîne avec lui l'estime, la déférence, les égards les plus polis, et, de plus, la considération et l'honneur, et quelque chose même de plus grand encore.

•2 Le respect, c'est le souvenir réfléchi et le religieux sentiment de ce qu'il y a de divin en soi et dans les autres.

Non, le respect pour soi et pour ses semblables n'est pas autre chose que la considération attentive de ce qu'il y a de plus haut dans la dignité humaine, c'est-à-dire de l'image de Dieu, de la chose divine en nous, puis le sentiment grave et intime, le sentiment religieux, que ce souvenir et cette lumière inspirent (1).

Qu'est-ce, par exemple, que le respect de soi-même, « sinon un regard d'étonnement sur soi et de religieuse estime pour une dignité intérieure et cachée? » (1)

Qu'est-ce que le respect des lois, sinon la considération pratique de ce qu'il y a de majestueux et de divin dans l'expression de la volonté des législateurs, pour en tirer une conclusion de religieuse docilité?

•T SI on voulait définir le respect, il faudrait l'appeler : le sens des valeurs, et, par la, le respect est une vertu intellectuelle qui tient de très près au jugement et au bon sens (2).

Qu'y a-t-il au fond de tout respect ?

Il y a Dieu.

Le véritable respect est divin; il s'élève jusqu'à Dieu et ne s'adresse qu'à lui.

Il se distingue par là, et essentiellement, de tous les respects humains qui rabaissent l'esprit et avilissent le cœur.

Quelles sont, pour les enfants, les formes du respect?

1° Il y a le respect du maintien.

Le respect interdit l'égarement des yeux, la hardiesse du regard la brusquerie des gestes, les attitudes négligées, les démarches préci-

(Il M«f Dupanloup, De l'Education, t. II, p. 487.

(2) F. KlKFFER, Op. Cit., p. 340.

l'éducation morale 209

pftées, les poses prétentieuses, les airs hautains, tout ce qui, en somme, dénoterait le sans-gêne ou l'orgueil d'un pauvre jeune homme (ou d'un enfant) qui, par son affectation d'indépendance et d'importance, n'arrive qu'à se déprécier en prétendant se surfaire il».

2° Il y a le respect du langage.

a) Quand l'enfant parle de ses supérieurs.

Le respect ne permet pas à des lèvres chrétiennes un mot, une svllabe, une allusion, une insinuation, je ne dis pas calomnieuse, je ne dis pas injurieuse, mais même malveillante, mais même malséante à l'endroit de celui dont le caractère et la personne doivent être sacrés comme la personne et la majesté de Dieu (2).

b) Quand l'enfant parle à ses supérieurs.

Le respect n'élève pas la voix à grands éclats devant un supérieur, de quelque degré qu'il soit; il ne l'interrompt pas, il ne le contredit

Sas, il ne parle que lorsqu'il faut, il ne dit que ce qu'il doit dire, il le it en termes déférents, puis il se hâte de rentrer dans un silence discret comme dans son domaine propre. Rien de vulgaire, rien de familier, rien de suffisant ni de tranchant, rien d'inconsidéré ni d'évaporé, mais une convenance parfaite dans le ton et les mots, sans exclure cette aisance qui ne laisse pas oublier que le maître auquel on s'adresse est en même temps un père (8).

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