‹ Catéchisme de l'éducationChapitre 81 sur 135 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L'illumiaation sincère de l'intelligence

La vérité, lumière •

PwtrqtiiH i intelligence doit -''lie êU

L'iiHel licence doit être sincèrement éclairée, pane que x elle orn'iî appartient de prendre les décisions.

Quels sont les moyens- à employer pnir m sincère de l'intelligence?

[v C'est d'abord de ne rien faire qui paisse ta contrarier. 2° C'est ensuite de mettre en garde contre les illusion- et les causes classiques d'erreurs de iu'/ement. 31 C'est de teair aux principes.

r#* C'est, *u besoin, de prendre conseil.

Quelles sont les < <xmses « qui pourraient contrarier ■ l'illumination sincère de CmteUigen*

1 Ce sont les mensonges, les1 tromperies, les enfantillages^ etc.

Nous disons plus loin chapitre de la sincérité- qu'il ne faut jamais tromper les enfants.

Ce sont les flatteries qui donneraient aux enfants une idée trop avantageuse de leurs capacités et de leur puissance d'action, et qui les entraîneraient à vouloir l'impossible.

Quelles sont les a illusions » st /V lassiques. d'erreurs de

jugement contre lesquelles il faut mettre en garde les enfants que l'on a à former :'

Ce sont tout spécialement les illusions que produisent en nous l'intérêt et le plaisir.

272 CATÉCHISME DE LEDUC AT iON

Pour un romancier, le Prisme, cVst la dot.

Pour nous, ce sont l'intérêt et le plaisir, au travers desquels nous considérons et jugeons les personnes et les choses avec qui nous sommes en rapport.

Comment V intérêt personnel fausse-t-il li vision 1 En créant en nous une confusion regreitable entre nos impressions et nos appréciations.

Petite conversation entendue dans un bureau :

— Tu sais, Untel, il est parti, emportant 30000 francs.

— Oh! le gaillard!

— Mais il a aussi enlevé ton parapluie.

— Oh! la canaille!

Voilà le prisme de l'intérêt.

L'intelligence, considérant les choses sainement, appelle crime le vol de 30U00 francs, et petit larcin lenlèvement d'un parapluie. Grâce au prisme de l'intérêt personnel, nous appelons. gaillard celui qui enlève 30 000 francs à autrui, et canaille celui qui nous vole un parapluie.

Comment peut-on préserver les enfants de cette erreur d'appréciation:'

En les habituant a juger les choses d'après ce qu'elles sont en elles-mêmes; leurs fautes, comme ils feraient de celles des autres; et les avantages du prochain comme leurs propres avantages. Quand le prophète Nathan alla trouver David pour lui reprocher son double crime, il se servit d'un apologue.

David ne s'y reconnut pas, et se laissa aller à l'indignation:

— Quel est" cet homme ? s'écria-t-il.

— Cet homme, c'est toi ! répondit le prophète.

Et David tourna contre lui-même la colère dont il avait été saisi.

Comment le plaisir peut-il fausser la vision y

En substituant aux prescriptions du catéchisme et de 1* conscience des formules vides, des maximes illusoires, de.-, préjugés mondains.

La lumière de la foi projette des rayons très nets et très pénétrants sur les pensées, les. sentiments, les désirs, les imaginations, les regards, les paroles et les actes dans leurs rapports avec la vertu.

l'éducation morale 272

Et le jeune homme et la jeune fille dont les lectures, les conversations, les fréquentations, les démarches ou les plaisirs ont émoussé la sensibilité et la délicatesse, se payent de mots et les prennent pour des raisons :

Il faut que jeunesse se passe !

On n'est pas des moines!

Il n'est pas défendu d'être aimable.

Je ne fais rien de mal !

Et la conclusion est qu'il n'y a pas à se gêner.

En d'autres termes, on ne cherche pas la lumière en haut, on veut la prendre en bas.

Ce ne sont plus les étoiles qui conduisent, c'est le reflet de la pièce d'or ou la cinquante bougies du boudoir.

Que faut-il faire pour préserver les enfants de cette illusion ?

Il faut éveiller leur conscience et les habituer à raisonner d'après des principes. (Voir, au livre V, ce que nous disons de la formation de la conscience. )

Quel serait l'avantage de cet attachement aux • vrincipes » Ami les décisions prises par l'intelligence ?

Ce serait de couper court à toute faiblesse.

Quiconque est attaché aux principes, aux bons principes, naturellement, est guidé par la droite raison, la conscience et Dieu : il ne peut s'égarer.

Quels sont les moyens de produire, dans les enfants, cet attachement aux principes?

1° C'est de leur en donner l'exemple, et, au fur et à mesure du développement de leur intelligence, de leur faire toucher du 'doigt les raisons supérieures de la ligne de conduite suivie. Par exemple : tel commerçant est bien achalandé, il est aimable, il vend bon marché. Néanmoins, je ne me fournis pas chez lui, par principe, parce qu'il est juif, ou franc-maçon, et qu'on ne doit pas encourager les ennemis de sa religion et de sa foi ni les aider à s'enrichir.

Telle école est plus proche; on y apprend bien : les voisins

lui ont confié leurs enfants Malgré cela, je ne vous y ai

pas placés, par principe, parce que'cette école est neutre et que l'on ne peut, en conscience, confier ses enfants à de semblables institutions que si l'on a une raison sérieuse.

274 CATÉCHISME UK L' ÉDUCATION *

Telle personne est très aimable; elle \oudrait entrer en relations: ses enfants paraissent bien élevés et pourraient être de bons petits camarades et «Je gentilles compagnes. Mais la famille est protestante, et, par principe, je me tiens sur la réserve; il n'est ni sage ni prudent de se lier d'affection avec les hérétiques.

2° C'est de leur répéter, de façon à les en pénétrer, quelques sentences bien choisies, quelques maximes expressives, quelques devises élevées qui portent avec elles lumière et chaleur.

Les sentences sont comme des clous aiyus qui enftwacent la vérité ùms notre souvenir K>.

Les bonnes maximes sont les germes de tout bien ; fortement imprimées dans ta mémoire, elles nourrissent la volonté [%:

Voici quelques exempLes :

Patins mori quant fœdari : Plutôt mourir que me souiller!

Aide-toi, le Ciel t'aidera î

11 n'y a que le premier pas qui coûte!

C'est en forgeant qu'on devient forgeron !

Pas de plaisir sans peine !

Bien faire et laisser dire! etc.

Est-ce que l'illumination de l'intelligence et la connaissance des principes seront toujours suffisantes pour donner naissance, par et (es seules. 0 une dérision raisonnablement fondée Y

Non ; il faudra, dans certains cas. recourir aux lumières d'atitrui : il faudra prendre conseil.

]j> « conseil » doit-il être considéré comme nécessaire-/ 11 est souvent nécessaire iux grandes personnes; on peut dire qu'il Test toujours aux enfants.

Dans quelles dispositions générales faut-il se mettre quand on demande cons*

Il faut être sincère; sincère dans l'exposé de la question; sincère dans la docilité préalable, qui est à la base de toute consultation sérieuse.

(\) Didhhoi. Le Saint-Esprit l'avait dit dans l'JbtiéBiftStft « Verba sapientium sicut stimuli. et qaasi clavi in altum defixi : Les paroles des sages sont comme des aiguillons et comme des dons "nfoneés profondément ». (xn, u.i

(2) .Toubeht.

l'éducation morale 275

Une personne, un jour, nous annonçait qu'elle viendrait nous visiter, \ our demander notre avis, sur une question dont elle indiquait vaguement le sujet.

Tout en lui disant que nous serions très heureux de pouvoir lui être utile et très honoré de recevoir sa visite, nous laissâmes entendre, ou plutôt sentir, que nous n'étions pas tout à fait de son avis.

Nous ne reçûmes pas la visite annoncée.

Et de la consultation, il ne fut plus question.

Et cette personne suivit une ligne de conduite complètement différente de celle que nous lui aurions conseillée. Authentique.)

Page 1