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CHAPITRE Vil

La durée dans la décision

L'homme juste et énergiquement résolu verrait les ruines s'accurnuier autour de lui, il ne changerait pas de sentiment. (Horace).

Que faut-il pour pratiquer celte première forme de la persévérance . la durée dans la décision ?

Il faut se garder— et défendre les enfants — des influences mauvaises qui pourraient s'exercer sur la volonté.

Quelles sont les influences mauvaises dont il faut se garder et dont il faut défendre les enfants?

Ce sont toutes celles qui sont de nature à décourager la volonté, à émousser l'énergie ou à ruiner la persévérance : 1° L'inconstance naturelle; 2° Le mauvais exemple ; 3J La crainte des difficultés.

L'inconstance est-elle donc naturelle à Vhomme ?

Nous le croyons ; et, généralement au moins, ce n'est pas sans effort qu'il arrive à maintenir une décision quelque peu onéreuse.

Livré à ses inclinations naturelles, il ressemblerait vite au type d'inconstant tracé par Boileau :

Il va du blanc au noir.

Il condamne au matin ses sentiments du soir. Importun à tout autre, à soi-même incommode, Il change à tous moments d'esprit comme de mode ; Il tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc. Aujourd'hui dans un casque, et demain dans un froc 1 1

Faut-il avertir les enfants des « mauvais exemples » qu'ils sont exposés à rencontrer dans le monde?

Oui, il est un temps où l'enfant doit savoir qu'il y a des sots, des menteurs, des trompeurs, des méchants, des lâches, des hommes qui se vendent, des hommes qui sont victimes du respect humain, etc. ; que ce sont des malheureux, des gens mai formés: qu'il faut les plaindre et ne jamais les imiter.

Ne faut-il pas envisager les difficultés?

Oui, il faut les envisager, mais il ne faut pas les craindre ni leur subordonner les décisions que l'on a prises.

« N'ayez pas peur! » s'écrie René Bazin, dans un magnifique chapitre de la douce France :

N'ayez pas peur du danger, toutes les fois que le devoir commande. Allez-y vivement, joyeusement, comme à la fête.

N'ayez pas peur des échecs. Le premier est nécessaire, car il exerce la volonté. Le second peut être utile. Si vous vous relevez du troisième, vous êtes un homme ; vous êtes comme le raisin, qui n'est jamais si bon que s'il mûrit sur les cailloux.....

(i) Boilkav, Satires, via

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N avez uas peur de l'obscurité, de ia difficulté de votre métier, car l'homme vaut, non pas par l'importance et le retentissement de ses actes, mais parla volonté qui l'anime. Un brin de paille ramassé avec amour, par une fermière, pour le nid de ses poules, méritera plus de récompense que dix actions d'éclat faites orgueilleusement.

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