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CHAPITRE I

Les règles générales de la correction

« Chacun doit employer les règles générales selon les besoins particuliers. >i (FÉNELON.)

Comment se divise ce chapitre relatif aux « règles générales de la correction » ?

En deux articles :

Article I. — Ce qu'il faut faire avant l'âge de raison.

Article II. — Ce qu'il faut faire à partir de l'âge de raison.

h M«r Bougaud, Histoire' de sainte Monique, p. 45-46. (2) M*r Dupanloup, De l'éducation, t. II, p. 38o.

Article I. — Ce qu'il faut faire avant Page de raison.

Dp mauvais fruits naissaient sur un arbre nonce, Du verger il fallait soudain le retrancher; La racine s'allonge : on ne peut Tarracher. C'est l'histoire du vie

Faut-il donc s'occuper si tôt de la correction des défauts de l'enfant/

L'éducation, nous l'avons remarqué déjà, commence avec la vie : donc, aussi la correction. Car l'enfant apporte en naissant, et manifeste bien avant Fâge de raison, certains défauts qu'il importe de réprimer dès le principe.

Tout retard augmente les difficultés; et quand le retard se prolonge, il peut rendre les difficultés presque insurmontables.

En quoi consiste la correction durant les premiers mois?

Elle se borne à ne pas satisfaire les caprices de l'enfant, caprices manifestés par des pleurs que rien ne justifie.

Sous ces cris, une mère perspicace soupçonne de l'égoïsme, de la sensualité, ou quelque autre défaut, et elle s'empresse de les réprimer.

Faut-il donc laisser pleurer les enfants'/

Si leurs larmes sont l'expression d'un besoin ou d'un désir légitimes, il faut en tenir compte, et s'efforcer de les apaiser.

Mais, s'il est évident qu'elles ne sont versées que pour arracber à la faiblesse maternelle la satisfaction d'un caprice ou d'une fantaisie, il faut alors fermer ses oreilles et son cœur, et laisser pleurer le bébé jusqu'à ce qu'il s'arrête de lui-même, épuisé ou vaincu .

Nous avons vu un enfant crier pendant des heures dans son berceau, parce qu'il voulait que sa mère le prit dans ses bras.

Il avait huit mois.

Il était déjà gâté.

Que faut-il faire quand l'intelligence s'éveille?

L'enfant grandit.

Il commence à marcher, à parler.

(i) Mollevalt, Le jeune arbre.

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Certains défauts se manifestent : c'est la gourmandise, la colère, le mensonge, un refus net d'obéissance, la vanité, l'égoïsme, etc.

Si l'enfant est d'un naturel doux et craintif, une correction légère suffira généralement à réprimer ses écarts : le refus d'une friandise, d'un jouet; la privation d'une marque d'affection; l'obligation de se tenir immobile dans un coin; le sacrifice de manger seul: l'humiliation de se mettre au lit plus tôt que de coutume.

Que faut-il faire quand l'enfant a deux ou trois ans/

L'enfant comprend mieux, il est aussi plus revêche; il faut donc que la correction soit plus énergique.

Que faut-il que l'enfant sache et comprenne, dès la première lu sur de son intelligence?

Qu'il est inutile de pleurer, de résister ou d'insister; que l'on veut de lui une obéissance prompte et complète, et que, pour l'obtenir, on ne reculera jamais devant une correction même sévère, ou devant un sacrifice même pénible.

Article II. — Ce qu'il faut faire à partir de l'âge de raison.

« 11 n'est point d'animal plus sutet à se cabrer que l'homme, surtonl le jeune âge: il n'en est point dont la conduite demande plus d'art, fautes mêmes plus de ménagement. >m!)

Comment faut-il envisager la correction des enfants </<< atteint l'âge de raison?

La correction, entendue dans un sens large, comporte alors quatre actes principaux :

1° L'instruction-exhortation ; 2° La réprimande et l'encouragement; 3 La menace; 4° La correction proprement dite.

(i) Un ancien philosophe.

§ I. — L'instruction-exhortation.

« Je n'ai connu les diverses règles de mon lycée que par les diverses punitions dont j'étais accablé. » (1)

Pourquoi faut-il faille entrer l'instruction dans l'analyse de la correction ?

Parce qu'elle en est une condition indispensable.

1° S'il s'agit des actes à poser, il faut, avant tout, que l'enfant sache ce qu'on veut de lui; il faut qu'il connaisse ce qui est permis et ce qui est défendu; il faut qu'il soit à même de distinguer le bien du mal.

Il serait absurde, maladroit et pernicieux de punir un enfant pour une faute matérielle de pure ignorance.

2° S'il s'agit des défauts à corriger, il faut -que l'enfant sache que ce sont des défauts, et qu'ils se trouvent en lui.

Instruction délicate, à propos de laquelle Fénelon fait cette importante recommandation :

Si on trouve un enfant un peu raisonnable, je crois qu'il faut l'engager insensiblement à demander qu'on lui dise ses défauts. C'est le moyen de les lui dire sans l'affliger; ne lui en dites même jamais plusieurs à la fois.

Quel caractère particulier doit revêtir cette instruction?

Elle doit s'appuyer sur la religion.

Elle doit s'adresser au cœur.

Elle doit être pratique et entraîner à l'action.

Elle doit donc se faire sous forme d'exhortation.

Ne dites jamais à l'enfant son défaut sans ajouter quelque moyen de le surmonter qui l'encourage à le faire ; car il faut éviter le chagrin et le découragement que la correction inspire quand elle est sèche (8).

§ II. — La réprimande et l'encouragement.

« C'est souvent la négligence du maître qui rend l'écolier punissable. » (Quintilien.)

Qu'est-ce que la réprimande?

C'est la répression, par la parole ou le regard, d'une faute

commise, d'un tort ou d'un désordre.

)i) Parole citée par M*r Dupanloup, De l'Education, t. II, p. 399.

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