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Non, le siége du gouvernement avait été fixé à Kingston d’abord, puis à Montréal.
Québec ne fut-elle pas en quelque sorte dédommagée de cette injustice ?
En 1844 fut consommée l'érection 4e Québec en métropole par le pape Grégoire XVI; Hyacinthe Hudon, doyen de Montréal et chanoine-honoraire de Notre-Dame de Chartres, en France, qui se trouvait en Europe, fut porteur du pallium, qu’il remit solennellement, la même année, à Monseiœneur Signay.
N°y a-t-1l pas plusieurs autres faits importans à remarquer dans le domaine de l’histoire ecclésiastique ?
En effet les Frères des Ecoles Chrétiennes étaient arrivés en Canada dès l’année 1837, particulièrement grâce au zèle de Vincent Quiblier, supérieur distingué de MM.
de St. Sulpice, et successeur du savant supérieur Jean Henri Roux.—Un peu plus tard, Ignace Bourget, deuxième évêque de Montréal, prélat d’une activité et d’un zèle extraordinaires, fit deux voyages à Rome et appela dans son diocèse les Oblats, les Jésuites, et les clercs de St. Viateur, les Dames maintenant établies à Longueil, les Dames du Sacré-Cæur et celles du Bon-Pasteur.— Les RR. PP. Jésuites, arrivés en 1842, ont ouvert en 1851 un magnifique collége où les études comprennent, outre le cours classique
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ordinaire, plusieurs cours spéciaux et entre autres un cours de jurisprudence confornément à l’esprit de la loi 12 Victoria ch. 46. Les Dames du Sacré-Cœur, institutrices non moins renommées, arrivées la même année, allèrent se fixer à St, Jacques de l’Achigan, tandis que les Dames de la Congrégation continuérent à enseigner avec succès à Montréal, et les Ursulines à Québec et aux Trois Rivières. Enfin, les sœurs de Charité, cette merveille du catholicisme, furent etablies à Montréal en 1843.
Le Canada n’avait-il pas aussi été visité par un prélat illustre, et dont la mémoire est chère aux Canadiens ?
Oui, sous le gouvernement de lord Sydenham, le pays fut visité par Monseigneur de Forbin Janson, évêque de Nancy et de Toul, pr rimat de Lorraine, d’une illustre maison de
rance, qui, de temps immémorial, a fourni des grands hommes à l’égiise. Ses prédications pleines de fruit sont un des faits les plus mémorables de l’histoire ecclésiastique de ce pays.
N’avez-vous pas un fait bien intéressant à raconter pour l’année 1846 ?
A cette époque sir George Simpson, l’hon.
Peter McGill, sir Allan McNab, l’hon.George Moffat et autres formèrent une compagnie ou société pour l’exploration des mines “du lac Supérieur, depuis Matane en oubli, bien
rnttr rentrant
que leur existence eut été connue au P.:Allouez, ns missionnaire qui ait atteint ce grand lac, a Lahontan, à Charlevoix et au voyageur anglais Henry.—Les associés obtinrent un acte d’incorporation et entrèrent en relation avec le célèbre professeur américain Silliman, qui leur indiqua des explorateurs habiles. Sir George Simpson partit lui-même à la tête d’un parti de quatre-vingt dix hommes dont plusieurs étaient géologues et les autres mineurs ou voyageurs canadiens. M. Forrest Shepherd avait toute la responsabilité de l’exploration, dont les premiers produits, analisés par le savant Silliman, offrirent, outre du cuivre, de l’or pur.
Par quel fléau la ville de Montréal fut-elle visitée en 1847 ?
Les malheureux prolétaires d’[rlande entassés par des spéculateurs inhumains sur leurs navires, apportèrent les fièvres sur nos plages. Elles n’épargnèrent point les prétres et les religieuses, dont grand nombre moururent en exerçant leur zèle auprès des pestiférés. On eut à regretter particulièrement le doyen Hudon, vicaire-général du diocèse, et l’abbé Rey, très habile théologien, attaché à l'évêché. L’aichevêque de Québec et ses suffragans s’adressèrent avec éloquence aux archevêques et évêques d’Irlande, et parvinrent ainsi à arrêter les flots de l’émigration.
“AI- Dans quel état se trouvait l’Europe à cette it ce époque ?
et au pra
b- La société y paraissait ébranlée jusque ENT | dans ses fondemens, et l’on vit des tragédies
ni: ns jouées sur la scène du monde en Italie, en ET 4 Allemagne, en France.
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artit LE Le Canada ne 5e sentit-il pas de cette . ‘ii L 9
ingt A profonde secousse ?
oues Oui, car lord Elgin, qui avait cru pouvoir ana- (M sanctionner sans danger le fameux bill d’inee la (M demnité, fut cruellement trompé. Deux fois pre- M la populace 6sa attaquer sa personne, et la Silli- législature siégeant, fut dispersée par les in- ! cendiaires. Le parlement fut consumé en peu
de $ d’heures; mais le plus déplorable résultat de -elle cet attentat fit la perte d’une bibliothèque que la province aura peine À remplacer, en- malgré les dons que lui ont déja faits les s sur gouvernemens d’Angleterre et de France, et * nos la mission de M. Faribault en Europe.
pré- Quel fait curieux avez-vous à noter pour bre ” la même époque ?
des 4 La mémoire de Jacques Cartier, dont on
êre- F4 * ne parlait guères plus en Canada, s’était l du #” tout-à-coup réveillée, et les citoyens de
B0lo- Montréal en particulier donnèrent son nom à
e de la place qu’occupait l’ancien marché et où vec se trouve le monument Nelson.
9 e. L] LL e e
F0 A quoi doit-on attribuer cet incident reots
marquable ?
On peut attribuer ce retour au sentiment d2
le la renommée que mérite Jacques Cartier au don que la ville de St. Mâlo, qui l’a vu naître, venait de faire à la société Littéraire et Historique de Québec d’un tableau qui représente le grand navigateur.
Quel est l’évènement le plus mémorable de l’année 1851 ?
C’est le premier concile du Canada, tenu à Québec, et auquel se trouvèrent, outre les évêques du Haut et du Bas-Canada, ceux des autres provinces britanniques qui relèvent immédiatement du saint-siêge, mais sont tenus de se nrésenter aux conciles provinciaux de Québec.—Ce concile donna lieu à l’é’ection des nouveaux évêchés des Trois- Rivières et de St. Hyacinthe. Le Canada- Supérieur était déjà divisé depuis plusieurs années en trois évêchés. Michel Power, premier évêque de Toronto, y avait été remplacé par Armand de Charbonnel, d’une illustre famille de France, et prêtre de St, Sulpice, qui fut sacré à Rome par le pape Pie IX. Le R.P. Guigues, visiteur ou supérieur des Oblats, religieux très distingué, avait été fait évêque de Bytown.
Quel évènement désastreux signala l’année 1852 ?
Ce fut le grand incendie de Montréal, qui consuma plus de seize cents maisons, la cathédrale et le nouveau palais épiscopal, sans exciter la même sympathie que celui
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de Québec, si l’on en juge par les faibles se:cours venus d’Angleterre, et par le fait que: le chef de la nation française, maintenant:
l’empereur Napoléon II, crut se montrer assez généreux en présentant deux mille francs: à des prélats canadiens qui sollicitaient sa charité en faveur des victimes de l’incendie.. Malgré cela Montréal promet de se relever plus belle que jamais, en partie grâce à læ sage prohibition de rebâtir en bois.—La mort du duc de Wellington arrivée la même année intéresse aussi le Canada en cela qu’il s'était invariablement montré l’ams des Canadiens dans tous ses votes dans le arlement impérial, et les avait délivrés de ord Dalhouzie quand il était premier ministre. À la nouvelle de sa mort notre chambre des communes s’ajourna sur motion de:
M. Hincks. Le duc eut à Montréal une imposante fête funèbre comme à Vienne, à St, Petersbourg, à Berlin, à Madrid, à Lisbonne et à Londres. Les Anglais firent leurs démonstrations pour leur principal héros, et les Catholiques pour celui qui avait émancipé les Catholiques.
Qu’y a-t-il à dire pour l’année présente ?
Les incidens les plus remarquables de cette année sont la mort de sir James Stuart, baronet, juge-en-chef du Banc de la Reine, le passage en Canada du prince Hohenloe, grand-croix honoraire de l’ordre du Bain, ac-
compagné du vice-amiral Seymour, et l’affaire Gavazzi,
Quel est le personnage que vous venez de nommer ?
Le fameux Gavazzi est un barnabite italien qui, après avoir pris part aux troubles politiques de son pays, crut se venger efticacement du souverain-pontife en fondant une secte basée sur la pelitique, au moins en ce sens que la politique lui a donné l’impulsion. Il a surtout fait des prosélites aux Etats-Unis. Orateur populaire, (Gavazzi s’exprime avec grossièreté, comme l’a avoué un journal anglais de cette ville, et insulte proies les nativualités elles-mêmes. Cela ui avait attiré quelque violence à Québec, sans le dissuader de venir prêcher à Montréal.
Que s’est-1l passé dans cette ville à propos de ses prédications ?
À son arrivée à Montréal, les protestans, parmi lesquels on remarquait plusieurs ministres, tourmentés du désir d’entendre discourir contre le pape, allèrent le recevoir et Jui firent une ovation, bien qu’il ne fût pas de leur secte, et qu’il ait déclaré que le protestantisme ne lui suffisait pas, mais qu’il préchait l’anéantissement de l’église romaine sans se contenter de protester. Cette ovation devait bientôt se changer en tragédie. Pendant qu’il discourait dans la chapelle Zion au milieu d’applaudissemens tumul-
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tueux,de rires immodérés et d’armes à feu,les autorités qui ont invar!ablement coutume de paraître quand tout le mal est fait, étaient d’avance sur les lieux. Il n’y eut qu’une
légère attaque contre la chapelle, et elle
avait été repoussée facilement, quand la précipitation des officiers publics amena une catastrophe. Lorsque les partisans de Gavazzi sortirent de l’église, et au moment où il n’y avait aucune émeute, l’acte fut lu à l’insu de presque tout le monde, les troupes tirèrent par l’ordre d’on ne sait qui, et le résultat de cet espèce de guet-à-pens fut un massacre considérable, dont les plus nombreuses victimes se trouvêrent parmi les protestans. Pour Gavazzi, il fut reconduit comine en triomphe entre deux haies de soldats.--Ses partisans au désespoir, exaspérés contre les soldats, qui furent traités de lâches dans quelques journaux, poussèrent néanmoins l’esprit de secte jusqu’à vouloir souiller de nouveau leur temple, et que Gavazzi, qui avait été l’oecasion d’un tel malheur, préchât une seconde fois. Plus sensé, le docteur Bethune a censuré en termes les plus forts dans un discours remarquable la conduite des protestans en cette occasion.
Quelle sera probablement pour Montréal la conséquence de cette affaire ?
L’attentat de 1849 avait fait décider au grand détriment du pays que le gouverne-