IV
par
Ayl-
Victoria Lère., fille du duc de Kent, qui avait été gouverneur militaire de Québec.
Qui gouvernait alors le Canada ?
C’était lord Gosford, grand seigneur d’Irnande, homme d’une grande bonhomie, qui était venu en même temps en qualité de commissaire-royal avec sir Charles Grey et sir George Gipps, pour examiner les griefs des Canadiens.
Qu'est-ce qui avait donné lieu à cette commission royale ?
Cescommissaires furent envoyés en Canada à la suite d’une requête de la chambre d’assemblée au parlement impérial ; cette requête était bâsée sur quatre-vingt douze résolutions qu’elle avait enregistrées précédemment ?
Quelles étaient les principales prétentions de notre assemblée législative ?
Elle ne voulait point voter de liste civile permanente, et voulait absolument que le conseil législatif devint électif.
Comment ces prétentions et beaucoup d’autres furent-elles reçues en Angleterre ?
Lord John Russel s’écria dans le parlement impérial que si l’on écoutait la chambre d’assemblée, dans le cas où un sujet britannique serait opprimé sur le Saint Laurent, le roi d'Angleterre aurait moins de pouvoir pour intervenir en sa faveur, que s’il eût êté op-
primé sur les bords du Danube ou du Bospaore.
La chambre d’assemblée renonça-t-eile à ses prétentions ?
La chambre d’assemblés ne céda point.
On vit se former des clubs révolutionnaires tels que le Comité Central et parmanent et association des Fils de la Liberté : on vit même le commencement d’une convention dite nationale. Les campagnes s’agiterent, et le drapeau tricolore fut arboré dans quel ques-unes. L’arbre de la liberté fut planté dans une grande assemblés dite ‘ des six comtés.” Enfin il se forma des camps à St.
Denis, à St. Charles, à St. Eustache.—Aux clubs révolutionnaires s’opposérent le Doric club et l’association constitutionnelle.
Par qui l’insurrection fut-elle réprimée ?
Elle fut réprimée par sir John Colborne, vétéran qui avait éte licutenant-vouverneur du Canada-Supérieur, et qui iut nommé commandant des forces dans les deux provinces.
Quelles furent les principales actions ?
Le colonel Gore fut d’abord repoussé avec perte à St. Denys par le docteur Wolfred Nelson, mais le colonel Wetherall s’étant rendu maître du camp de St. Charles, celui de St. Denys dut-être évacué.—Le camp de St. Eustache, commandé par rn Suisse du nom d’Amury Girod, qui prit la fuite et se
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Comment l’insurrection commença-t-elle dans le Haut-Canada ?
Sir Francis Bond Head, si connu par ses beaux écrits particulièrement sur l’Amérique, ne s’attendant à rien, avait envoyé toutes ses troupes à sir John Colborne, lorsque W. L.
McKenzie et Van Egmont attaquérent Toronto à la tête d’un parti qui venait d’assassiner le colonel Moodie. La ville ne fut sauvée que par le courage personnel et le sang froid du gouverneur, du shérif Jarvis et du colonel McNab. Presque tous les assaillans furent faits prisonniers.
L’insurrection du Haut-Canada ne fut-elle pas néanmoins plus sérieuse que celle du Canada-[Inférieur ?
Elle le fut davantage à cause des Américains de la frontière, qui se réunirent en grand nombre aux insurgés sous le nom de sympathiseurs,—les généraux Scott, Wool et Brady, de l’armée des Etats-Unis furent à la fin obligés de les réprimer, à la suite d’une proclamation du président Van Buren.
Le gouvernement anglais ne vit-il pas la
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nécessité de mettre les Canadas en d’autres mains que celles de lord Gosford.
En 1838, le fameux Lambton, lord Durham, qui avait été l’idole du peuple anglais, a cause du support qu’il avait accordé au Bill de la réforme, joignit aux titres de gouverneur, capitaine-général, et vice-amiral, la commission de grand-commissaire de la reine, qui équivalait à celle de vice-roi. Il fut conduit en Canada par l’amiral Paget, et y parut entouré du plus grand éclat. Son ent-ée à Montréal fut un véritable triomphe.
Le pays se vit inondé de 50,000 miliciens et de 20,000 réguliers parmi lesquels on distinguait les plus beaux régiments, tels que les . Coldstream, les hussards, les dragons.—Cependant lord Durham ayant exilé plusieurs Canadiens à la Bermude, fut accusé en Angleterre d’avoir agi légalement, et fut induit par cette censure à abandonner soudainement son poste. Il fut mal accueilli à la Cour et mourut peu après, de chagrin, a-t-on dit, non cependant avant d’avoir eu le temps d'adresser à sa souveraine son fameux rapport sur le Canada, œuvre disparate, où l’on trouve quelques contradictions et où 1l conseille de reprendre le projet d’anglifier le pays. Une multitude de renseignemens précieux et de vérités forment le bon côté de ce rapport.
Qu’arriva-t-il en Canada aussitôt après le départ de lo:d Durham ?
L’insurrection recommencça dans les deux Canadas.—$Sir John Colborne, administrateur, puis gouverneur-général, et sir James MecDonell, dispersèrent les insurgés à Napierville et à Beauharnais--Von Schoultz, officier polonais, qui s’était mis à la tête d’un parti dans le Canada-Supérieur, fut pris et exécuté après une défense habile et 1ésolue, Plusieurs périrent sur l’échafaud. Colborne fut récompensé par la pairie, sous le nom de lord Seaton, et passa du gouvernement des Canadas au poste de vicaire-général des îles Ionniennes. Les autres acteurs de ce drame sanglant furent aussi récompensés.
Les généraux Clitherow et McDonell furent promus. Les colonels Wetherall, Maitland et McNab (ce dernier canadien-anglais) furent faits chevaliers. Le colonel Gore luimême, qui n’avait pas été un soldat heureux, fut fait major-général.—Louis Joseph Papineau, orateur de la chambre d’assemblée et le principal auteur de la révolte, avait trouvé un refuge aux Etats-Unis, puis à Paris, où il fut bien accueilli par plusieurs hommes illustres.
Par qui lord Keaton fut-il remplacé ?
Par le trés-honorable Charles Poulett Thompson, ci-devant président du bureau de commerce, qui joua en Canada le rôle qu'avait joué en Irlande le fameux lord Cornwallis, et fut, en récompense, élevé à
la pairie, sous les titres de lord Sydenham et
de baron de T'oronte.
Comment lord Sydenham joua-t-il en. Canada le rôle qu’avait joué lord Cornwallis en Îrlande ?
Ce vice-roi avait projetée l’union. de l’Anoleterre et de l’Irlande, qui eut lieu en 1801, Lord Sydenharn l’imita en Canada en consommant l’union des deux provinces.
Comment s’y prit cet homme d’état ?
Il flatta beaucoup les Canadiens et profita du moment où la constitution du Bas-Canada était suspendue.---Le bill d’union ayant eté adopté dans les deux chambres du Haut- Canada, qui avait lé plus grand intérêt imaginable à la mesure, il le fit approuver par le conseil spécial, qui avait été depuis 1838, la seule législature du Bas-Canada.
Que doit-on penser de la conduite de l’Angleterre à cette époque et subséquemment ?
On peut, sans hésitation, l’accuser d’un machiavélisme d’autant plus apparent et regrettable qu’après avoir fait périr sur les échaffauds les chefs secondaires de larévolte, on amuistia les principaux chefs; on les earessa, on les admit même aux charges publiques.—-Il est néanmoins de fait que dans la manière d’exécuter ses instructions, le vertueux sir Charles Bagot, d’une maison ancienne d’Angleterre, et allié du duc de
Wellington, se fit chérir des Canadiens, qui: pleurèrent sa mort soudaine.
Quelle avait été la fin de lord Sydenham ?
Il était mort à Kingston des suites d’une chute de cheval, et le pays avait été administré jusqu’à l’arrivée du chevalier Bagot, par le général sir Richard Jackson.
Quel fut le successeur de sir Cnarles Basot ?
Ce fut sir Chales Theophilus Metcalf, depuis lord Metcalf, homme dont toute la vie avait été consacrée aux affaires.-—Il se signala en Canada par sa libéralité et sa munificence ; mais en politique, il ne put se résoudre à laisser gouverner ses conseillers, et en cela, 1l déplut beaucoup aux Canadiens qui ne l’ont point regretté. Une maladie dont 1l mourut en Angleterre en 1846, l’avait forcé de résigner.—Le comte de Cathcart, commandant des forces, le remplaça comme administrateur, jusqu’à l’arrivée de lord Elgin, de la maison royale des Bruce, sous lequel le geuvernement dit responsable put fonctionner.
Que doit-on dire de ce systêèine nouveau de souvernement colonial ?
C’est plutôt au publiciste qu’à l’historien qu’il appartient de le juger. Le dernier peut se contenter de poser en fait qu’il a donné plus d’importance aux colons, en fouruissaut à leurs hoinmes marquans dans la
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politique, l’occasion de paraître à la tête des üffaires de leur pays, comme l’ont fait suc cessivement les Viger, les Lafontaine, les Drummond. Leur élévation n’a pas eu l’effet de faire dissoudre l’union, consommée au détriment momentané du Bas-Canada, et perpétuel sous le rapport de la nationalité des Canadiens-Français ; maïs l’on ne saurait nier que cette union des deux provinces n’ait fait faire aux Canadas-Unis de grands progrès matériels.
Quand le parlement-uni du Canada faut-il assemblé pour la première fois ?
Ce fut en 1841.
Quelle loi importante redigea-t-il ?
Il nous donna une loi d’instruction publique, et au commencement de l’annnée suivante, le gouverneur nomma un surintendantgénéral et deux surintendans particuliers.
Le surintendant de l’instruction publique pour le Bas-Canada fut le docteur J. B.
Meilleur, auteur d’ouvrages utiles sur la chimie et les langues française et anglaise, et Pun des fondateurs du collése de l’Assomption.—La charge de surintendant-général a été mise de côté depuis, avec d’autant moins d’inconvénient que celui qui en avait été honoré avait eu peu d’occasion d’agir.
L’année 1822 ne fut-elle pas aussi mar-
juée par Ja mort de quelque Canadien illustre ?
Cette année en effet mourut au château de Montreal, en Bugey, Louis Archambault; comte de Douglas, chevalier de Malte, de St. Maurice et de St. Lazare de Piémont, natif de Montréal], en Canada, dont son aïeul maternel avait été gouverneur. Il avait succédé en 1770 à Charles Joseph de Douglas, comte de Montréal, en France, qui avait accompagné le prince Charles F ouard dans sa tentative chevaleresque pour : 2couvrer le trône de ses ancêtres. Peu d’années après mourut le dernier comte de Beaujeu, successeur d’un Canadien illustre qui, ayant passé en Fance à la paix de 1763, servit avec gloire avec Lapeyrouse à la Baie d'Hudson, puis en Flandre. L’honorable George Réné Saveuse de Beaujeu, chef actuel de la branche qui était demeurée en Canada, a succédé à ses biens.
Comment les années suivantes furent-elles:
signalées ?
Elles furent signalées par les malheurs arrivés aux bourgs florissans de Boucherville et de Laprairie, qui devinrent la proie des flammes, et à la ville de Québec dont une grande partie fut aussi détruite par un incendie.—La Province, les Etats-Unis, l’Angleterre,et même la France vinrent généreusement à son secours.
Ceite ville éta-elle toujours la capitale du pays ?