‹ Catéchisme de la vénérable mère Marie de L'Incarnation, fondratrice des Ursulines de Québec ou Explication familière de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 28 sur 83 · EXPLICATION DU TROISIÈME PRÉCEPTE · texte numérisé non relu

EXPLICATION DU TROISIÈME PRÉCEPTE

Souvenez-vous de sanctifier le jour du sabbat.

Ce précepte est plus étendu dans l'Ecriture Sainte où il se trouve en cette manière (Exod. 20. 8.) : « Souvenez- » vous de sanctifier le jour du sabbat. Vous travaillerez » six jours et vous ferez ce que vous avez à faire; mais » le septième jour est le sabbat du Seigneur votre Dieu. » Vous ne ferez aucun ouvrage en ce jour-là, ni votre fils, » ni votre fille, ni votre serviteur, ni votre servante, ni » vos bêtes de service, ni aucun étranger qui se trouve » parmi vous : parce que le Seigneur a fait en six jours » le ciel, la terre, la mer, et tout ce qui y est compris, » et il s'est reposé le septième jour. C’est pour cela qu'il. » a donné sa bénédiction au jour du sabbat et de son repos, » et qu'il l’a sanctifié. »

Ce précepte est une suite des deux autres : car il n'est pas possible de connaître et de croire un Dieu tout-puissant, et de savoir qu'il faut honorer son nom saint et

terrible, ce qui se fait par les deux premiers préceptes, qu'on ne 8e sente aussitôt porté à lui rendre quelque culte extérieur, ce qui s’accomplit par celui-ci. Mais pour une plus claire intelligence du précepte, il est nécessaire d'en expliquer toutes les paroles et toutes les circonstances; c'est ce que nous allons faire.

Souvenez-vous. .

Dieu’ ne nous commande pas seulement de garder le jour du sabbat, il veut encore que nous en conservions la mémoire, c'est-à-dire, qu’il ne faut pas seulement honorer ce jour quand il est venu, mais qu’il y faut encore penser les autres jours de la semaine, lorsque l'on est engagé dans le travail et dans les affaires du monde, faisant ses actions et ses ouvrages par rapport à°ce saint jour, comme si l'on devait rendre compte à Dieu, si elles ont été faites dans l’ordre de sa volonté, si l’on a eu intention de l’honorer en les faisant, et si l’on n’a point perdu le ‘temps qu'il a ordonné pour le jour du travail; parce que celui qui commande de se reposer le jour du sabbat, a aussi commandé de faire son travail les autres jours de la semaine.

Par ce mot, nous sommes encore avertis de nous ressouvenir de la sanctification de ce jour en ce jour même : car, comme il se présente souvent des occagions contraires à la sainteté du sabbat, et au culte que l'on doit rendre à Dieu ; comme sont les spectacles, les jeux, les divertissements, il faut se ressouvenir, selon la parole du précepte, que ce jour n’est point destiné à ces sortes d’amusements, mais au culte et au service que l’on doit au Créateur de toutes choses.

De sanctifier.

La façon la plus naturelle de sanctifier le sabbat selon l'Ecriture, et selon même les paroles du précepte, est la

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cessation des travaux corporels, et des affaires temporelles qui ne regardent directement ni Dieu ni son service; car, voici les paroles du précepte : Vous ne ferez en ce jour aucun travail.

Ce n’est pas néanmoins précisément en cela que consiste

la sanctification du sabbat ; car il eût suffi de dire : Vous

observerez le jour du sabbat; mais notre souverain Législateur ayant ajouté : Et vous le sanctifierez, il témoigne assez que son intention est que ce jour ne se passe pas dans l'oisiveté ni dans une pure cessation, mais qu'il soit religieusement employé au service de Dieu, et à faire de bonnes œuvres, à assister au divin service, à fréquenter les sacrements, à entendre la sainte messe, à écouter les prédications, à faire de saintes méditations, à faire de saintes et pieuses lectures, à penser aux biens de l'éternité et à les désirer, à faire réflexion sur les vanités du monde et à les mépriser, à rendre grâces à Dieu des bienfaits que l'on a reçus de sa bonté, et à lui en demander de nouveaux, mais qui regardent plus le salut que les prospérités de la terre; à faire des aumônes, à visiter les prisonniers, à consoler les affligés et les malades, et généralement à pratiquer les œuvres de miséricorde et à faire toutes sortes de bonnes œuvres. Car, comme dit saint Jacques (4. 27.), « c'est une religion pure et sainte aux yeux de Dieu notre » Père céleste, de visiter les pupilles et les veuves dans » leurs afflictions, etc. »

Le jour.

Nous avons dit, que tous les commandements du décalogue sont des préceptes de la loi naturelle. Celui-ci n’en est pas excepté ; parce que la raison nous apprend qu'étant composés d’un corps et d’un esprit, nous sommes obligés d'honorer Dieu, non-seulement intérieurement par des sen-

timents de dévotion et d'amour, mais encore extérieure- CAT, M. INC. 13

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ment par un culte sensible de religion. Cela ne se peut faire qu'il n'y ait quelque temps destiné à cela, mais comme la raison naturelle ne nous inspire pas quél doit être ce temps en particulier, Dieu l’a déterminé, en attachant au jour du sabbat, le culte que nous lui devons rendre.

L'on peut dire encore, et cela est vrai, qu'à cause de notre entière et absolue dépendance, la raison nous apprend que nous devons continuellement honorer Dieu, en tout lieu, en tout temps, à tout moment; mais que Dieu ayant condamné l’homme au travail en punition de son péché, il a seulement réservé un jour pour le culte qu'il demande de lui; mais aussi il demande ce jour-là si absolument, qu'il ne veut pas qu'il emploie ce saint temps à aucun autre ouvrage.

J'ai dit que la loi naturelle nous enseigne ce devoir : car nous voyons qu'en toutes les nations, de quelque religion qu’elles soient, il y a des fêtes publiques dédiées au culte de leurs divinités et aux exercices de leur religion. La lumière de la raison nous découvre cette obligation : car si nous avons des temps destinés pour nos affaires temporelles, d'autres pour prendre nos repas, d'autres pour nous reposer, et d'autres pour des actions semblables, il est bien raisonnable qu’il y ait aussi quelque temps destiné pour honorer plus particulièrement Celui qui nous a créés et qui nous conserve, et pour nous appliquer à la ‘contemplation des choses célestes, et à la recherche des moyens qui nous peuvent conduire à notre dernière fin et ce jour, parmi ceux qui adorent le vrai Dieu, est | jour du sabbat.

Du sabbat.

Ce mot est tiré de la langue hébraïque, et il signifie repos et cessation; de là vient que le septième jour de la semaine, auquel les Hébreux s'appliquaient uniquement au service de Dieu, et à la contemplation des choses sain-

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tes, est appelé sabbat, parce qu'ils demeuraient en repos et qu'ils cessaient les travaux des autres jours.

Dieu voulant marquer le temps, auquel il désirait d'être honoré de son peuple, leur indiqua ce jour plutôt qu’un autre, afin qu'ils honorassent par leur repos celui de leur créateur, qui, après avoir employé six jours à créer le monde et tout ce qui y est compris, se reposa Île septième, se glorifiant soi-même et prenant de la complaisance dans la vue d'un ouvrage si admirable.

Ce jour néanmoins, n'étant point destiné par la loi naturelle pour honorer Dieu, mais par une simple destination de sa souveraine volonté, il a été changé depuis au jour du dimanche, pour la raison que je dirai ci-après. Notre- Seigneur dit dans l'Evangile (Matth. 12. 8.) qu'il est le Maître de toutes choses, même du jour du sabbat : et il en a été le Maître, en effet, en le changeant comme il a fait.

Le jour du sabbat étant d'une institution divine, était la première et la plus sainte des cérémonies de l’ancienne loi. C'est pourquoi les autres cérémonies ayant cessé par la venue de Notre-Seigneur dans le monde, comme les ténèbres et les ombres se dissipent quand le soleil se découvre, le jour du sabbat a aussi cessé; mais avec cette différence que les autres cérémonies légales ont pris fin entièrement, et le jour du sabbat a été changé en un autre jour n° jue nous avons remarqué.

Jov nez-vous de sanctiñer le jour du sabbat.

Toutes ces paroles ayant été expliquées séparément, elles nous apprennent, si on les prend toutes ensemble, qu’en ce jour nous ‘evons tellement nous dégager de corps et d'esprit des trav 1x, des soins et des affaires du monde, que rien ne nou. empêche d'honorer notre créateur, par

des actions de rehwion et par la pratique de toutes sortes de bonnes œuvres.

148 CATÉOHISMÉ

Ce saint jour étant passé de la sorte, est ce sabbat saint que le prophète (Isaïe 58. 13.) appelle un sabbat délicat : parce que les dimanches et les fêtes passées saintement et en des œuvres de piété sont des délices, non-seulement à Dieu, mais encore à ceux qui le servent fidèlement et avec amour. :

Avant que de continuer l'explication de ce précepte, nous mettrons le précis et l’abrégé de ce que uous en avons dit jusqu'ici : 1. Qu'il faut se ressouvenir du jour du sabbat, dans les autres jours de la semaine et lorsque l'on travaille actuellement, afin de le sanctifier par l'offrande des travaux et des actions que l’on fait, comme d'autant de petits sacrifices que l'on doit offrir à la majesté de Dieu. 2. Que le repos du sabbat n'est point institué pour demeurer dans l'oisiveté, ni pour passer le temps dans les spectacles, ni dans les jeux, ni dans les divertissements. 3. Mais pour honorer Dieu plus particulièrement par des actions de religion, par la méditation des choses saintes, et par la pratique de toutes sortes de bonnes œuvres : c’est là ce que l'on appelle sanctifier le jour du sabbat. 4, Que c'est un précepte de la loi naturelle d’honorer Dieu, et d'employer quelque temps pour cela; mais que le jour du sabbat est seulement d'institution positive, pour honorer le repos de Dieu après qu’il eut créé le monde. 5. Que ce précepte n’étant point de la loi naturelle, qui est immuable, il a pu être changé, comme en effet il l'a été depuis, le dimanche tenant aujourd’hui ia place du samedi ou du sabbat.

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INSTRUCTION VI (Suite) (1).

CONTINUATION DU MÊME PRÉOBPTE

Vous travaillerez six jours, et ferez tout ce que vous avez à faire; mais le septième jour est le jour du repos du Seigneur votre Dieu.

Ces paroles nous apprennent, que ce jour du sabbat est dédié à la majesté de Dieu, consacré à son honneur, et destiné à son culte et aux actions de religion. Elles hous enseignent encore qu'il faut cesser de faire tout autre ouvrage, afin que rien n'empêche de rendre à Dieu ce que l'on est obligé de lui rendre par ce précepte.

Il était à propos, que Dieu indiquât lui-même le jour auquel il voulait être honoré, de crainte que s'il en eût laissé le choix au peuple, il n'eût suivi la coutume et la façon des Egyptiens dans leurs profanes solennités. Au reste, ce jour est rempli de mystères, d'où vient que l'Ecriture lui donne le nom de signe. « Prenez garde, dit le texte » sacré (Exod. 31. 13; Ezech. 20. 12.), à bien garder le » jour de mon repos; parce qu'il est un signe entre moi » et vous dans vos générations à venir, afin que vous » sachi”. nue je suis le Seigneur qui vous sanctife, et qui » vous scpare des peuples impurs et souillés par l'idolâtrie. »

Ce jour est donc appelé signe : 1. Parce qu'il est comme un mémorial de la création de l'univers. 2. Parce qu'il est un monument perpétuel de la délivrance miraculeuse du peuple de Dieu de la servitude des Egyptiens, comme Dieu même l’a témoigné en ces termes (Deut. 5. 15.) : «“ Souvenez-vous que vous avez servi dans l'Egypte, et

(1) L'ancienne édition porte ici, pour la seconde fois : Insrrucrion VI. Nous mettons Suite de l'Instruction VI, pour ne rien changer aux chiffres suivants.

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» que le Seigneur votre Dieu vous en a retirés par la force » de sa main et par la puissance de son bras. C’est pour- » quoi il vous a commandé de garder le jour du sabbat et » du repos. » 3. Ce jour est appelé signe, parce qu'il est signe, en effet, de deux autres sabbats, savoir, du sabbat spirituel et du sabbat céleste.

Le sabbat spirituel est ce repos mystique, par lequel le vieil homme est enseveli avec Jésus-Christ par le baptême, comme saint Paul nous l'enseigne (Rom. 6. 4.), afin de ressusciter à une nouvelle vie, savoir, à la vie de la grâce, et de pouvoir faire des actions de piété et dignes de la vie éternelle. « Car il est bien juste, dit le même Apôtre » (Ephes. 5. 8.), que ceux qui ont autrefois été ténèbres, » soient lumière dans le Seigneur, et qu’ils marchent » comme des enfants de lumière dans la sainteté, dans la n justice, et dans la vérité, et qu'ils ne participent en rien »* aux actions stériles ét infructueuses des ténèbres. »

Il y a encore une autre espèce de sabbat spirituel, qui consiste dans un repos intérieur de l'âme, et qui fait que l'esprit et le cœur étant dégagés de la vue et des affections des créatures, s'appliquent uniquement à contempler Dieu et à l'aimer. C'est le sabbat des âmes saintes et parfaites, dont saint Paul fait mention bien au long au chapitre quatrième de l’épître aux Hébreux.

Le sabbat céleste est la vie bienheureuse, dans laquelle nous nous reposerons éternellement en la jouissance de Dieu et de tous les biens de la gloire, le péché étant entièrement étouffé jusque dans la racine, qui est la concupiscence, selon qu’il est écrit (Isaïe. 35. 8.) : « Il n’y aura » point là de lion ni de bête de carnage; mais il y aura » une vie pure, et toutes les voies en seront saintes. »

Mais quoique ce jour fût sanctifié non-seulement par la volonté de Dieu, qui l'avait particulièrement destiné à son service, mais encore par les merveilles dont nous venons de dire qu'il était le mémorial et le signe, il a plu néan-

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moins à Notre-Seigneur de transférer son culte à un autre jour, afin d'ensevelir la synagogue avec toutes ses.cérémonies. Son culte était attaché au sabbat ou samedi, qui est le dernier jour de la semaine, et il l'a attaché depuis au dimanche qui en est le premier : 1. Afin que les chrétiens n’eussent rien de commun avec les perfides Juifs. 2. Pour honorer la résurrection de Notre-Seigneur, qui arriva en ce jour : d'où vient que ce saint jour est appelé dimanche, c'est-à-dire le jour du Seigneur. Car encore que tous les jours de la semaine lui appartiennent également, celui-ci néanmoins lui appartient par un titre spécial, parce que c'est celui qui lui a été le plus glorieux de tous, à cause de sa glorieuse et triomphante résurrection.

Ce changement n'est pas nouveau, Dieu même l'a fait par les Apôtres, puisque les Apôtres même en font mention : car, saint Jean dit dans l'Apocalypse (1. 10.) : « Je » me trouvai ravi en esprit un jour de dimanche, et j'en- » tendis derrière moi une. voix forte et éclatante comme » le son d'une trompette, qui me disait : Je suis l'alpha et » l'oméga, le premier et le dernier. » Et saint Paul écrivant aux fidèles de Corinthe (I. Cor. 16. 2.), leur ordonne de faire la quête pour les pauvres le premier jour de la semaine, qui était le dimanche, comme l'explique saint Jean Chrysostôme.

Outre le jour du sabbat, les Juifs avaient encore certaines fêtes solennelles, qui avaient été instituées de temps en temps, pour perpétuer la mémoire des principales faveurs qu'ils‘avaient reçues de la bonté de Dieu. Ils les observaient religieusement, et ils enseignaient à leurs enfants de rendre grâces à Dieu des bienfaits que leurs pères avaient reçus en ces jours-là. |

Ces fêtes. ont pris fin comme le sabbat légal; mais la sainte Eglise en a établi d'autres on leurs places, savoir :' les fêtes de Notre-Seigneur qui nous représentent les mystères de sa vie divinement humaine; celles de la très-sainte

Vierge, des Apôtres, des Martyrs, et des autres Saints qui ont plus particulièrement éclaté par leurs vertus et par leur sainté vie. Nous sommes obligés d'honorer ces fêtes, pour remercier Dieu des grâces qu'il a plu à sa bonté de leur faire, et de nous les avoir donnés pour médiateurs auprès de sa divine majesté.

Vous ne ferez aucun travail en ce jour-là, ni vous, ni votre fils, ni votre fille, ni votre serviteur, ni votre. servante, ni vos bêtes de service, ni les étrangers qui se trouveront dans vos villes et dans vos maisons.

Nous sommes avertis, par ces paroles, de ne faire en ce jour aucun ouvrage qui puisse empêcher le culte que nous devons rendre à la majesté de Dieu. Il est clair, que toute œuvre servile est retranchée ; non que ces sortes de travaux soient mauvais de leur nature, mais parce qu'ils occupent ” l'esprit, et qu'ils l'empêchent de penser à Dieu, de l’honorer et de le servir, ce qui est la fin du précepte.

Si ces sortes de travaux sont défendus au jour du sabbat, beaucoup plus est-il défendu de souiller la sainteté de ce jour par des actions mauvaises et indignes du nom chrétien, et surtout par des péchés mortels, qui, non-seulement empêchent l'esprit de penser aux choses saintes, mais séparent l'âme entièrement de Dieu, la privant de sa grâce et de son amour.

Il n’est pas néanmoins défendu c'e faire quelque travail qui tourne à la gloire et au culte de Dieu, comme d'orner les autels, de tapisser les églises, de coudre quelque ornement dont l'on est pressé de se servir, et autres semblables, qui, se faisant par rapport à Dieu et au service du jour, ne sont pas tant des actions serviles que des œuvres de religion. |

Il ne faut pas croire non plus qu'il soit défendu par la loi de faire certains travaux aux jours de fêtes, par le

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défaut desquels il arriverait des pertes et des dommages considérables, comme d'amasser les moissons de crainte qu’elles ne périssent, de soutenir une maison que l’on voit prête de tomber, de retirer un bœuf ou un autre animal d’une fosse où il est tombé, comme Notre-Seigneur nous l'apprend dans l'Evangile (Luc. 44. 5.); les saints Canons le permettent, et les Machabées nous en ont donné l’exemple (I. Macc. 2. 41.), combattant leurs ennemis auj our du sabbat, parce que, abusant de leur simplicité, ils prenaient occasion de leur repos pour mettre tout à feu et à sang, dans la créance qu'ils ne se défendraient pas.

Au reste, par ce précepte, il est défendu aux bêtes de service, comme sont les bœufs, les ânes, les chevaux,

de travailler au jour du sabbat, non qu'elles soient directe-

ment sujettes au précepte, et qu'elles soient dignes de récompense si elles y obéissent, ou de punition si elles le transgressent; mais parce que la récoi:pense ou la punition retombe sur ceux à qui elles appartiennent, en ce. qu'elles ne peuvent agir ni travailler, qu'elles ne soient conduites et dirigées par quelque créature raisonnable,

Le sommaire de cette instruction est: 1. Que par ce précepte, Dieu a attaché son culte au jour du sabbat.

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