EXPLICATION DU QUATRIÈME PRÉCEPTE
Honorez votre pére et votre mére, afin que les jours de.
votre vie soient prolongés sur la terre, que le Seigneur votre Dieu vous donnera.
Les préceptes que nous avons expliqués jusqu'ici, sont ceux de' la première table, c'est-à-dire, qui se terminent immédiatement à Dieu, et au culte et à l'honneur que nous lui devons. Ceux qui nous restent à expliquer, sont de la seconde table, et ils regardent immédiatement le prochain, quoiqu’ils se terminent aussi à Dieu comme à leur fin
dernière : car encore que nous soyons obligés d'aimer q y 8
notre prochain, nous ne le devons néanmoins aimer que pour Dieu.
C'est pourquoi, Notre- Seigneur nous dit en saint Matthieu (22. 39.) : « Le commandement d'aimer Dieu, » est le premier et le plus grand de tous les préceptes. Le » second lui est semblable : Vous aimerez votre prochain » comme vous-même. De ces deux commandements dépen- » dent toute la loi et les prophètes. ».
. Ce précepte et les autres qui suivent, sont les signes et les marques par lesquelles on peut connaître si l'on aime Dieu: car, comme dit saint Jean (I. Joan. 4. 20.),« celui » qui n'aime pas son frère qu’il voit tous les jours, com-
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» ment pourra-t-il aimer Dieu qu'il ne voit pas? Si quel- » qu'un dit : J'aime mon frère, et qu'il haïsse son frère, » c'est un menteur. Et nous avons reçu ce commandement » de Dieu, que celui qui aime Dieu, doit aussi aimer son » frère. » De la même manière l'on peut dire : Si nôus n'aimons et n'honorons pas nos parents, que la nature même nous oblige d'aimer et d'honorer, et que nous avons continuellement devant les yeux, comment pourrons-nous dire que nous aimons et honorons Dieu, créateur et père de toutes choses, que nous ne pouvons voir en cette vie, et que nous ne connaissons que par la foif
Il faut donc savoir que tous les commandements de Dieu sont divisés en deux tables, c'est-à-dire, que Dieu les donnant à Moïse, ils étaient écrits sur deux tables différentes. La première table contenait les trois premiers qui regardent Dieu, son culte et son amour. Et la seconde contenait les sept autres, qui regardent le prochain et les
devoirs de charité et de justice que nous sommes obligés
de lui rendre.
Mais parce que nos pères et nos mères sont nos premiers :
prochains, et ceux qui nous touchent de plus près et à qui nous avons de plus étroites obligations, le premier précepte de la seconde table, nous oblige justement à leur rendre ce que nous leur devons, savoir, l'amour, l'honneur, le respect et l'obéissance.
Nous sommes obligés de leur rendre ces devoirs, parce qu'ils nous tiennent la place de Dieu, c'est-à-dire, que Dieu s'est servi d'eux pour nous d'nner l'être et la vie; c'est par leur moyen que Dieu nous a donné une âme spirituelle et raisonnable ; c'est par leur soin que nous avons reçu le saint baptême et que nous avons eu entrée dans l'Eglise catholiq::e, apostolique et romaine. C'est par leur diigence que nous avons eu une bonne et sainte éducation; que nous avons été instruits dans les principes de la religion, formés aux bonnes mœurs, élevés dans les sciences,
civilisés pour la société humaine, et mis en état de passer honnêtement cette vie, et de faire des œuvres dignes du salut éternel.
Toutes ces obligations méritent bien que nous honorions nos parents; d'où il faut remarquer que, encore que nous les devions aimer et les craindre, le précepte néanmoins ne dit pas : Vous aimerez ou vous craindrez votre père et votre mère, mais vous les honorerez. La raison est qu'on les peut aimer sans les craindre, et les craindre sans les aimer; mais quand l'honneur est sincère et qu'il procède du fond du cœur, il enferme l'amour et la crainte, et ainsi quand l'on honore comme il faut son père et sa mère, on les aime et on les craint tout ensemble.
Or, l’on honore son père et sa mère, lorsqu'on leur rend l'obéissance et que l'on se gouverne selon leur volonté, comme le Sage nous l’apprend quand il dit (Prov. 1. 8.) : “ Mon fils, écoutez les enseignements de votre père, et ne » rejetez point les conseils de votre mère : par ce moyen » les grâces paraîtront jusque sur votre visage, et votre » obéissance ornera votre col comme un riche collier (Eph. » 6. 1.). » Saint Paul recommande cette même obéissance : « Enfants, dit-il (Colcss. 3. 20.), obéissez à vos parents, » parce que cela est très-juste. » Il répète ailleurs la même chose : « Enfants, obéissez à vos parents ea toutes » choses selon Dieu, parce que c’est une chose très- » agréable au Seigneur. » Nous avons des exemples trèsremarquables de cette obéissance dans les saints patriarches (Gen. 22. 9.) : car nous lisons qu'Isaac se laissa lier, et se mit en posture d'être sacrifié avec une douceur et une simplicité merveilleuses pour obéir à son père. Et les Réchabites (Jérém. 35. 8.) ne buvaient point de vin, parce que leur père l'avait interdit à sa famille et à toute sa postérité.
Mais il faut remarquer que saint Paul, commandant aux enfants d'obéir à leurs parents en toutes choses, ajoute :
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selon Dieu; il veut dire que si les pères et les mères, commanduient à leurs enfants quelque chose qui fût contre les commandements de Dieu, les enfants ne doivent pas leur obéir, car il est écrit « qu'il faut plutôt obéir à Dieu »n qu'aux hommes, quels qu'ils soient (Act. 5. 29.). » La raison est, que Dieu est notre premier et notre véritable Père, parce que lui seul est l'auteur de notre âme; et si nous tenons notre corps de nos parents, Dieu s'est servi d'eux pour nous le donner : d'où il s'ensuit que nous sommes infiniment plus obligés d'obéir à Dieu qu'à nos parents, quand ils nous commandent quelque chose contre ses divins préceptes.
Il s'ensuit de ce principe, que quand Dieu attire les enfants à son service, les parents ne doivent pas s’y opposer; et s’il n’y a des raisons naturelles et. très-fortes, les enfants ne doivent pas leur obéir; car voici comme parle Notre-Seigneur dans l'Evangile (Luc. 14. 26.) : « Si quel- » qu’un vient à moi, et qu'il ne haïsse pas son père, sa mère, » sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même » sa propre vie, il ne peut être mon disciple. » Et il dit ailleurs (Matth. 10. 37.) : « Si quelqu'un aime son père et » sa mère plus que moi, il n'est pas digne de moi. » Et ayant commandé à un jeune homme de le suivre, ce jeune homme le pria de trouver bon qu'il allât premièrement : ensevelir son père qui venait de mourir; à quoi notre divin Maitre répondit (Matth. 8. 22.) : « Laissez les morts, c'est- » à-dire les gens du siècle, ensevelir leurs morts. »
L'on honore encore les pères et les mères, quand on leur donne secours dans leurs nécessités, comme Notre-Seigneur le prouva clairement aux Pharisiens en ces termes (Matth. 15. 3.) : « Pourquoi violez-vous les commande- » ments de Dieu pour garder vos traditionsf Car Dieu a » fait ce commandement : Honorez votre père et votre » mère ; et encore cet autre : Que celui qui outragera de » paroles son père ou sa mère, soit puni de mort. Cepen-
» dant vous dites : Quiconque dira à son père ou à sa » mère : Tout don que je fais à Dieu vous est utile, il » Satisfait à la loi; encore qu'après cela il n’honore et » n’assiste point son père ou sa mère; et ainsi vous avez » rendu inutile le commandement de Dieu par votre » tradition. »
L'on honore encore son père et sa mère, leur parlant avec respect, se montrant reconnaissant de leurs peines et de leurs soins, faisant des prières pour eux, parlant toujours d'eux en bonne part, et s'ils ont des défauts, les couvrant tant qu'il est possible, mieux que ne fit le misérable Cham, qui pour s'être moqué de son père attira la malédiction sur lui et sur sa postérité (Gen. 9. 22.).
L'on doit particulièrement l'honneur et le service aux parents, lorsqu'ils sont tombés dans quelques maladies, dans l'impuissance, dans l’indigence, dans l'infirmité ; donnant ordre que leurs nécessités ne leur manquent point, et qu'ils ne soient point abandonnés, surtout qu'ils reçoivent le sacrement de confession et les autres; et enfin qu'ils meurent chrétiennement en Notre-Seigneur.
Enfin, on les doit honorer après leur mort, les faisant inhumer honorablement selon leur qualité; faisant faire des prières et dire des messes pour le repos de leurs âmes, “faisant des aumônes pour racheter leurs péchés, et enfin, accomplissant religieusement leurs dernières volontés.
Il nous reste encore quelque chose à dire sur cette matière, mais je le remets à la prochaine instruction, abrégeant seulement ici ce que je viens d'expliquer plus au long : 4. Que les commandements de Dieu sont divisés en deux tables, dont la première contient nos devoirs à l'égard de Dieu, et la seconde, nos obligations à l'égard du prochain. 2. Que nos parents sont nos premiers prochains, et par conséquent que nous les devons préférer à tous dans nos devoirs d'amour, d'honneur et de respect, 3. Que l'amour du prochain est une marque de l’amour que nous
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portons à Dieu, et que l'on ne peut dire avec vérité que l'on aime Dieu, quand on n’aime pas le prochain. 4. Que les soins et les travaux que nos pères et'nos mères ont pris pour nous, méritent bien que nous les honorions. 5. Qu'on leur doit l'obéissance, quand ils ne commandent rien contre Dieu, le secours dans leurs nécessités, tant corporelles que spirituelles, le respect à leurs personnes durant leur vie, et à leur mémoire après leur mort, et enfin la fidélité à leurs ordres et surtout à leurs dernières volontés.
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CONTINUATION DU MÊME PRÉCEPTE
Encore que ce précepte ne nous oblige directement qu'à honorer nos pères et nos mères ; il s'étend néanmoins plus loin, et nous engage à honorer tous ceux qui sont élevés en dignité, et qui ont quelque chose de l'autorité de père, comme sont les prélats et supérieurs écclesiastiques, les rois, les magistrats, les précepteurs ou pédagogues, les maîtres, les tuteurs, les vieillards et anciens.
L'on doit donc : 1. honorer les évêques, les pasteurs,
les prêtres, parce qu'ils sont en quelque façon nos pères,
comme saint Paul nous l’apprend, écrivant aux Corinthiens (I. Cor. 4. 14.) : « Je ne vous écris point, dit-il, ces cho- » ses pour vous faire de la confusion, mais seulement pour » vous donner un avis, comme à mes enfants très-chers : » c'est le nom que je vous donne. Car quand vous auriez » dix mille maitres en Jésus-Christ, vous n’avez pas néan- » moins plusieurs pères, puisque c'est moi qui vous ai » engendrés en Jésus-Christ, par la prédication de l'Evan-
160 CATÉOHISME
gile, » Puisque les prélats et les prêtres nous tiennent lieu de pères, nous les devons honorer en cette qualité, surtout le Souverain-Pontife qui est le Père des pères et des autres pasteurs. Et encore, ceux que Dieu nous a plus partioulièrement donnés pour être nos supérieurs et nos pères spirituels. Saint Paul nous l'apprend quand il dit (I. Tim. 5. 17.) « que les prêtres qui gouvernent bien, méritent * un double bonneur, particulièrement ceux qui travail- » lent à la prédication de la parole de Dieu, et à instruire » les peuples. » Et il dit dans l'épître aux Hébreux (13. 17.) : « Obéissez à vos supérieurs, et demeurez soumis à n leur conduite, parce qu'ils veillent sur vous, comme étant » obligés à rendre un jour compte de vos âmes. » Que si quelques-uns, comme il arrive quelquefois, n'étaient pas des mieux réglés en leur vie, cela ne nous exempte pas de
l'obligation que nous avons de les honorer; car il ne faut :-
pas regarder les défauts de la personne, mais le mérite et l'excellence de l'autorité que Dieu a mise dans la personne. D'où vient que Notre-Seigneur dit (Matth. 28. 2.) : « Les » Scribes et les Pharisiens sont assis sur la chaire de »n Moïse; c'est pourquoi observez et faites ce qu'ils vous # disent, mais ne faites pas ce qu'ils font : car ils disent » bien, mais ils ne font pas ce qu'ils disent. »
2. Il faut honorer les rois, les princes, les gouverneurs, les juges, les magistrats et ceux qui sont élevés en quelque semblable dignité. Saint Pierre l'ordonne ainsi (I. Pet. 2. 13.) : « Soyez soumis, dit-il, pour l'amour de Dieu, à tout » homme qui a du pouvoir sur vous, soit au roi comme au » souverain ; soit aux gouverneurs, Comme à ceux qui sont » envoyés de sa part, pour punir ceux qui font mal, et pour » traiter favorablement ceux qui font bien. » Saint Paul ne se contente pas de nous prescrire ce devoir, il en ajgute la raison en disant, qu'ils tiennent la place de Dieu, et qu'ils gouvernent par son autorité; voici comme il parle (Rom. 13. 1.) « Que toute personne soit soumise aux puis-
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» sances supérieures, car il n’y a point de puissance qui » ne vienne de Dieu, et c'est lui qui a ordonné celles qui » sont sur la terre. C'est pourquoi celui qui s'oppose aux » puissances résiste à l'ordre de Dieu; et ceux qui y résis- » tent attirent la condamnation sur eux-mêmes : car les » princes ne sont point à craindre lorsqu'on ne fait que de » bonnes actions, mais seulement lorsqu'on en fait de maun vaises. Voulez-vous ne point craindre les puissances, » faites bien et elles vous seront favorables. Le prince est » le ministre de Dieu pour vous favoriser dans le bien. » Que si vous faites mal, vous avez sujet de craindre, car » ce n'est pas en vain qu'il porte l'épée : il est le ministre » de Dieu pour exécuter sa vengeance en punissant celui »* qui fait mal. Il'est donc nécessaire de vous y soumettre, * non-seulement par la crainte du châtiment, mais aussi » par le devoir de la conscience. C'est pour cette raison » que vous payez le tribut aux princes, parce qu'ils sont » les ministres de Dieu, étant occupés sans cesse aux fonc- » tions de ce ministère. Rendez donc à chacun ce qui lui » e8t dû; le tribut à qui vous devez le tribut, et l'honneur » à qui vous devez l'honneur. »
8. Les serviteurs doivent aussi honorer leurs maîtres, les regardant comme pères. C'est ainsi que les serviteurs de Naaman le Syrien, l'appelaient leur père, comme nous lisons au quatrième livre des Rois (5. 13.) : parce qu'en effet, les maîtres doivent toujours se souvenir, qu'ils ne sont point d’une nature plus relevée que leurs serviteurs et leurs domestiques, et ainsi, qu’ils doivent plutôt les gouverner en pères qu'en maîtres. Voici comment saint Paul veut qu'on les honore (Ephes. 6. 5.) : « Vous, serviteurs, » obéissez à ceux qui sont vos maitres selon la chair, avec » crainte et avec respect, dans la simplicité de votre cœur, » comme vous feriez à Jésus-Christ même. Ne les servez » pas seulement lorsqu'ils ont l'œil sur voas, comme si » vous ne pensiez qu'à plaire aux hommes ; mais faisant de
CAT. M. INC. 14
» bon cœur la volonté de Dieu, comme étant serviteurs de » Jésus-Christ; et servez-les avec affection regardant en » eux le Seigneur et non les hommes. Et vous, maîtres, » témoignez de même de l'affection à vos serviteurs. » Et afin que les serviteurs ne s'excusent point sur la mauvaise humeur dé leurs maîtres, voici ce que dit l'Apôtre sair.t Pierre (I. Pet. 2. 18.) : « Serviteurs, soyez soumis à vos » maîtres avec toute sorte de respect et de crainte, non: » seulement à ceux qui sont bons et doux, mais encore à » ceux qui sont rudes et fâcheux. »
4. L'or doit honorer ceux à la foi, à la probité et aux soins desquels, l'on est en quelque façon que ce soit recommandé. Comme aux tuteurs qui nous tiennent lieu de pères, et qui ont soin de nous et de tout ce qui nous regarde, après la mort de ceux qui nous ont mis au monde.
Aux maîtres et précepteurs qui ont soin de notre éducation, et qui rous élèvent dans les sciences et dans les bonnes mœurs. C'est en ce sens, que les disciples de Samuel, d'Elie et d’Elisée, étaient appelés les enfants des prophètes.
5. Enfin, il faut honorer les vieillards et les anciens, qui sont en quelque façon nos pères, parce qu'ils nous devancent de beaucoup en âge. L'Ecriture Sainte nous l'ordonr: en beaucoup d'endroits : « Levez-vous, dit-elle (Levit. 19. » 82.), devant les têtes blanches, et honorez la personne » des vieillards, et honorez en eux le Seigneur votre Dieu. » C'esi moi qui vous l'ordonne, dit le Seigneur. »
Voilà jusqu'où s’étend l'obligation du précepte que nous expliquons; mais il nous faut revenir au sens propre et naturel des paroles, qui est de nous obliger à honorer ceux dont Dieu s’est servi pour nous donner l'être. Comme Dieu ne laisse point sans récompense l’obéissance que l'on rend à ses commandements, il ajoute ces paroles à coll qu'il nous fait d' honorer nos pères et nos mères,
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Afin que vos jours soient prolongés sur la terre, que le Seigneur vous donnera.
Car encore que la vie présente soit sujette à tant d'afflictions et de misères, et que les Saints mêmes, comme Job, David et saint Paul, aient quelquefois désiré d’en être délivrés, c'est néanmoins un bienfait de la bonté de Dieu, qui donne le temps et les moyens de faire pénitence, ds ls servir, de faire de bonnes œuvres, et de mériter quelque haut degré de gloire dans le ciel, ce qui ne se peut plus faire après cette vie, car le temps de mériter est passé. C'est pourquoi, Dieu ne promet pas simplement une longue vie, mais il la promet bonne, tranquille, et propre à faire des œuvres dignes de la vie éternelle : parce que Dieu n'a pas seulement dit (Deut. 5. 46.) : « Honorez votre père et » votre mère, afin que votre vie soit longue, » mais il ajoute : « Et afin qu'elle soit bonne et heureuse sur la terre, » que le Seigneur votre Dieu vous donnera. » Saint Paul répète la même chose, écrivant aux fidèles d’Ephèse (6. 3.).
Il est vrai néanmoins, qu'il arrive assez souvent, que les enfants bien nés et qui honorent leurs pères et leurs mères, autant que Dieu et la nature les obligent, meurent dans la fleur de leur jeunesse. C'est pour eux un coup de grâce, et Dieu en use ainsi, mais c’est par un effet incompréhensible de sa bonté, qui, prévenant les occasions où ils se pourraient perdre, les prend dans un état où il les trouve dignes de la vie éternelle, qui vaut mieux infiniment que celle de ce monde.
Comme Dieu promet des grâces et des bénédictions, aux enfants qui honorent leur père et leur mère, il est, au contraire, presque incroyable, de combien de malédictions, il menace ceux qui les déshonorent et qui leur refusent l'obéissance et le respect qui leur est dû. « Celui, dit-il
» (Exod. 21. 17.), qui maudit son père ou sa mère, qu'il » soit puni de mort. Que celui qui cause de l'afliction à son » père, et qui a de l’aversion pour sa mère, demeure sans » postérité, et que sa mémoire demeure éteinte et ensevelie + dans les ténèbres. Qus les corbeaux aillent arracher les » yeux de celui qui se moque de son père, et qui méprise » les douleurs que sa mère a souffertes en le mettant au » monde. Que les aigles s'assemblent pour le dévorer # (Prov. 19. 26-30. 17.). »
Mais, comme la loi de Dieu oblige les enfants d'honorer leurs pères et leurs mères, de leur obéir et de leur rendre service ; les pères et les mères sont obligés, de leur côté, d’avoir un grand soin de leurs enfants, et de faire leur possible pour les élever dans les sciences, dans la piétéet dans les bonnes mœurs. Surtout, ils sont obligés de leur donner de bons exemples, et de ne rien faire en leur présence qui ne mérite d'être imité; car il arrive ordinairement que quand les enfants sont séparés de leurs parents, ils font ce qu'ils leur ont vu faire, soit pour les mœurs, soit pour la conduite de leur famille.
Que les pères n'irritent point leursenfants mal à propos et par leur humeur rude et fâcheuse, selon le conseil de saint Paul : « Pères, dit-il (Coloss. 3. 21.), n'irritez point » vos enfants, de peur qu'ils ne tomentdansl':battement. » Et ailleurs (Ephes. 6. 4.) : « Et vous, pères, n'irritez point » vos enfants, mais ayez soin de les bien élever, en les » corrigeant et les instruisamt selow Dieu. » C'est-à-dire, si vos enfants font des fautes, corriges-kaepon par l'emportement de votre passion, ou avec læ sévérété d’un maître, mais selon la volonté de Dieu, et avec l'amour et la douceur d'un père.
Encore que tout ce aue je viens de dire soit fort clair, j'ajouterai néanmoins en forme d'abrégé, que ce précepte ayant plus d'étendue qu'il ne paraît d'abord, il faut honorer : 1. Les prélats de l'Eglise, les prêtres, nos pères spi-
, qu'il à son à Sans evelie er les éprise ant au évorer
onorer r renle leur le faire lans la obligés ire en arrive le leurs our les
propos nseil de z point ment. »
z point
en les à-dire, emporon aître, la dou-
clair, écepte honoes Spi-
rituels. 2. Les rois, les princes, les gouverneurs, les juges, les magistrats. 3. Les maîtres on précepteurs qui nous enseignent. 4. les maîtres ou seigneurs que nous servons. 5. Les tuteurs ou curateurs qui nous tiennent lieu ds pères. 6. Les vieillards et les anciens. 7. Que comme Dieu promet de grandes bénédictions aux enfants qui honorent et respectent leurs parents; il menace, au contraire, d'une infinité de malédictions, ceux qui les méprisent et qui ne leur rendent pas l'honneur qui leur est dû. 8. Que comme les enfants sont obligés d’honorer leur père et leur mère ; de même, les pères et les mères sont obligés d'aimer leurs enfants, et de les élever dans la crainte de Dieu et dans
les bonnes mœurs, em: par leurs paroles que par leurs exempies.