‹ Catéchisme de la vénérable mère Marie de L'Incarnation, fondratrice des Ursulines de Québec ou Explication familière de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 34 sur 83 · VS · texte numérisé non relu

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Maître Jesus s'explique davantage, quand il dit (Luc. 16. V.) : « Faites-vous des amis des richesses d'iniquité, afin » que quand vous viendrez à mourir, ils vous reçoivent » dans les tabernacles de l'éternité. » Il appelle les biens de ce monde des richesses d'iniquité, car ce sont des moyens dont, pour l'ordinaire, on se sert pour faire toute sorte de mal : mais quand on les emploie à soulager la misère du prochain, ce ne sont plus des richesses d'iniquité, ce sont de véritables richesses qui deviennent saintes, par le bon usage que l'on en fait. Je dis que ce sont de véritables richesses, puisque l'on s’en sert pour acheter le ciel, et que les misérables à qui l'on en fait part, doivent recevoir ou par eux-mêmes ou par leurs bons anges, ceux qui les donnent, dans les tabernacles de l'éternité.

Nous sommes encore plus fortement excités à la miséricorde, par ces paroles que Notre-Seigneur a promis de dire, au jour du jugement, à ceux qui auront soulagé les misérables (Matth. 25. 34.) : « Venez, vous qui avez été » les bénis de mon Père, possédez le royaume qui vous a » été préparé dès le commencement de ce monde. Car j'ai » eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et » vous m'avez donné à boire; j'ai eu besoin de logement, » et vous m'avez logé ; j'ai été sans habits et vous m'avez » revêtu: car autant de fois que vous avez rendu ces » devoirs de charité aux moindres de mes frères, c'est à » moi-même que vous les avez rendus. »

Et il dira, au contraire, à ceux qui auront été sans compassion et qui se seront rendus insensibles à la misère de leurs frères : « Retirez-vous de moi, maudits, et allez au » fou éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses » anges. Car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à » manger ; j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire ; » j'ai eu besoin de logement, et vous ne m'avez pas logé ; » j'ai été sans habits, et vous ne m'avez pas revêtu ; car je » vous dis en vérité, qu'’autant de fois que vous avez mar-

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» qué à rendre ces assistances aux moindres de ces petits, » VOUS avez manqué à me les rendre à moi-même. »

Notre-Seigneur, infiniment bon et équitable, ne se contente pas Ce promettre la vie éternelle, à ceux qui auront fait part de leurs biens aux pauvres et aux misérables; il promet encore, et il l’assure par serment (Marc. 10. 29.), qu’il leur rendra au centuple, même dès cette vie, ce qu'ils auront donné pour son amour. Et il tiendra assurément sa parole, car il est fidèle en ce qu'il promet. S'il ne donne le centuple des biens temporels, il le donnera des biens spirituels, en comparaison desquels les biens de ce monde, pour grands qu'ils soient, ne sont rien.

Après avoir déclaré ce que ce précepte nous cblige d'éviter et de faire, il faut ajouter un point de conséquence, sans lequel l'on ne peut l'observer parfaitement : c'est la restitution des choses que l'on a prises et du tort que l'on a fait; car ce précepte a cela de particulier : quand l'on a manqué à observer les autres, l’on satisfait à Dieu par la pénitence, mais quand l'on a contrevenu à celui-ci, outre la pénitence, il faut restituer ce que l'on a pris. La raison est qu’en ne restituant point, et en retenant toujours le bien d'autrui, l’on est censé continuer le vol et conserver la volonté que l'on a eue quand on l'a fait.

Pour un plus grand éclaircissement de cette obligation, il faut savoir que ceux qui ont volé le prochain, et qui lui ont fait quelque tort, ne sont pas seuls obligés à cette restitution, mais encore ceux qui ont conseillé de faire le vol, quoiqu'ils ne l'aient pas fait eux-mêmes : comme si un maître avait commandé à son serviteur de voler à son voisin de l'argent ou quelque autre chose, il serait obligé à restituer, quoique la chose volée ne tournât point à son profit, mais qu'elle demeurât toute au serviteur.

Il faut dire de même de ceux qui consentent au vol, qui veillent tandis qu'on le fait, et qui y concourent en quelque manière que ce soit.

> petits, Ceux pareillement qui participent au vol et qui en tirent ? quelque profit sont obligés à la restitution; car c'est de se con- ceux-là que parle le Prophète, quand il dit (Psal. 49. 18.) : auront «“ Si vous voyiez un voleur, vous l'accompagniez et étiez de bles; il » concert avec lui. »

D. 29.), Enfin, les recéleurs qui cachent et retirent les voleurs e qu'ils ‘et les choses volées, ceux qui leur donnent du secours dans ment sa leurs entreprises, et ceux qui les défendent et les protéohne le gent, sont tenus de rendre la chose volée ou de satisfaire s spiri- d’une autre manière.

monde, Il faut ici remarquer, que si l'on ne connaît pas la per- 1e sonne à qui l’on a fait du tort, ou si la connaissant, l'on est e d'évi- dans l'impuissance de lui satisfaire, parce qu'elle est peutjuence, être décédée il y a longtemps, l’on n'est pas moins obligé. gen la à restituer. Il le faut faire à ses héritiers, et si elle n’a ÿ l'on point d’héritiers, il faut faire la restitution aux pauvres, on a

ou faire prier Dieu pour le salut de son âme. Mais excepté ces rencontres et quelques autres semblables, il est de la

par la

outre justice naturelle de restituer à celui-là même à qui le tort Fomou a été fait.

le bien ver la

INSTRCCTION XIII.

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