EXPLICATION DU NEUVIÈME ET DU DIXIÈME PRÉCEPTES
Vous ne désirerez point la femme de votre prochain, ni sa maison, ni ses terres, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui lui appartient.
Ces deux préceptes ont une grande connexion, parce que l’un et l’autre défend seulement les mauvais désirs, quoique les choses désirées soient différentes : c'est pourquoi nous les joignons ensemble puisqu'ils n'ont qu'un même objet, qui est le désir des choses qui appartiennent au prochain.
Il est défendu d’avoir et d'entretenir volontairement de mauvaises pensées, qui sont les semences et le principe des mauvais désirs. Je dis volontairement, car dans la corruption de la nature après le péché, il est difficile qu'il ne se forme quelquefois de mauvaises pensées dans l'esprit, mais elles ne sont pas imputées à péché quand la volonté ne s'y arrête pas, il faut les rejeter promptement, et dès qu'elles commencent à naître, comme nous rejetterions des charbons ardents qui seraient tombés sur notre robe. C'est pourquoi le saint homme Job, jaloux de la pureté de son âme, disait (31. 1.): « Mon âme s'est accordée avec mes » yeux de ne pas même regarder une fille, de crainte que » mon esprit ne pense à elle, »
Ce passage de Job dit encore davantage ; il nous apprend que pour bien garder ce précepte, il ne suffit pas de conserver son âme pure de mauvaises pensées et de mauvais
désirs, mais qu'il faut encore garder les dehors, de crainte
ÉCEPTES.
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qu'il n’y entre quelque chose qui les puisse exciter. Il faut, dis-je, fermer les sens extérieurs aux objets qu'il n'est pas permis de désirer : car, comme dit l’Ecriture, les yeux et les autres sens extérieurs sont les portes par lesquelles le péché entre dans l'âme. Et saint Paul veut (I. Cor. 7. 34. h que la vierge soit sainte, non-seulement d'esprit, mais encore de corps. Elle est sainte en son esprit, quand elle n'a point de mauvaises pensées ni de mauvais désirs; et elle est sainte en son corps, quand elle tient ses sens fermés aux objets qui pourraient donner quelque atteinte à sa pureté.
Il faut, premièrement, fermer les yeux pour ne point regarder sans nécessité les personnes de l’autre sexe, selon le conseil de Notre-Seigneur qui dit (Matth. 5. 27.) : « Vous avez entendu dire qu’il a été commandé aux anciens » de ne point commettre d’adultère : et moi je vous dis » que quiconque regardera une femme avec un mauvais » désir, il a déjà commis un adultère dans son cœur. Si » votre œil droit vous est un sujet de scandale, c’est-à-dire, si vous reconnaissez que vous ne puissiez regarder un objet dangereux sans concevoir de mauvais désirs, arrachez-le et jetez-le loin de vous; c'est-à-dire, fermez-le » et mortifiez-le de telle sorte que vous en ayez comme si » vous n'en aviez point du tout : car il est plus avantageux » pour vous, qu'une partie de votre corps périsse, que * votre corps entier soit jeté dans l'enfer. »
Il faut encore fermer les yeux à tout ce qui peut causer de mauvaises pensées et de mauvais désirs, comme sont les spectacles, les peintures déshonnétes, les figures dissolues, la lecture des mauvais livres. « Tous ces objets » sont des larrons, selon les paroles de Jérémie (Lament. » 8. 5L.), qui dérobent à l’âme son honneur, ses mérites, » et ses richesses spirituelles. »
Les oreilles sont encore des portes ouvertes au péché gi l'on n’y prend garde. Il faut les fermer à toutes sortes