‹ Catéchisme de la vénérable mère Marie de L'Incarnation, fondratrice des Ursulines de Québec ou Explication familière de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 48 sur 83 · EXPLICATION DE LA QUATRIÈME DEMANDE · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE LA QUATRIÈME DEMANDE

® Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour.

Les demandes de l'oraison dominicale sont dans un si bel ordre, qu'après avoir demandé à Dieu les choses qui regardent sa gloire, comme sont la sanctification de son nom, l'établissement de son règne, et l’accomplissement de sa volonté, nous descendons à ce qui nous touche, et nous lui demandons nos nécessités spirituelles et corpo-

ide, l'âme and celui it faite en 1 disait :

met à vos mon corps rière que r la rébel- . 7. 21.) :

oi une loi i de Dieu | membres

> la loi de

i du péché >ureux que 9 Ce sera -Seigneur.

à la loi de a chair. »

e jour.

ans un si hoses qui pn de son blissement ouche, et et corpo-

relles, en disant : Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour.

Ce n'est pas qu’en demandant ces choses, nous nous écartions de la gloire de Dieu; car si l’homme même doit tendre à Dieu comme à son souverain bien et à sa fin dernière, il y doit rapporter à plus forte raison tout

ce qu'il a et tout ce qu'il demande. Mais Dieu veut que

nous lui demandions ces choses, et il nous les donne comme des secours sans’lesquels nous ne saurions subsister, ni le louer, ni le glorifier, ni garder ses commandements, ni accomplir ses volontés, ni faire notre salut. Quand donc nous demandons nos nécessités spirituelles et corporelles comme il faut, et dans les vues que je viens de dire, nous demandons la gloire de Dieu, nous mélons nos intérêts avec les siens, en sorte néanmoins que les siens sont le but et la fin des nôtres. Cette vérité est trèsimportante pour ne point attacher notre cœur aux créatures; et saint Paul nous l'enseigne quand il dit (I Cor. 10. 31.) : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, » Où que vous fassiez quelque autre chose que ce soit, » faites tout pour la gloire de Dieu. » Et au commencement du même chapitre, il dit que tous les biens corporels et spirituels que Dieu faisait aux Israélites dans le désert, étaient par rapport à Jésus-Christ : « Je ne veux » pas que vous ignoriez, mes frères, que nos pères ont » tous été sous la nuée, et qu'ils ont tous passé la mer; » qu'ils ont tous été baptisés sous la conduite de Moïse » dans la nuée et dans la mer; qu’ils ont tous mangé » d'une même viande spirituelle, et tous bu d’un même * breuvage spirituel. Car ils buvaient de la pierre spiri- » tuelle qui les suivait, et cette pierre était Jésus-Christ. » Mais cependant, il y en eut fort peu, d'un si grand » nombre, qui fussent agréables à Dieu, étant presque » tous péris dans le désert. Toutes ces choses qui leur * arrivaient étaient des figures, et elles ont été écrites

Le

» pour nous servir d'instruction, à nous autres qui nous » trouvons dans la fin des temps. »

Dans l'état d'innocence, nous n'eussions eu besoin de rien, parce que Dieu nous avait donné dans notre création, tout ce qui nous était nécessaire. Nous n'eussions pas en besoin de travailler, parce que la terre était très-féconde en toutes sortes de biens, où si nous eussions travaillé, c'eût plutôt été par divertissement que par nécessité, Nous n'eussions pas eu besoin d’habits pour couvrir notre corps, parce que la nudité ne nous eût point été honteuse; ni de logis pour nous retirer, parce que nous n'eussions point été sujets aux injures du temps; ni d'armes pour nous défendre, parce que nous n’eussions point eu d'ennemis; ni-de médicaments pour nous guérir, parce que nous p'eussions point été sujets aux maladies.

Mais par le péché, nous avons tout perdu et nous avons besoin de tout. Nous ne pouvons avoir nos nécessités qu'avec le travail : et même quelque travail que nous fassions, nos efforts sont inutiles et sans effet, si Dieu n'y donne sa bénédiction, comme témoigne le Prophète (Ps. 126. 1.) : « Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent » Ceux qui entreprennent de la bâtir. Si le Seigneur ne » garde Ja cité, c'est inutilement que les hommes veillent » pour la garder. » Et même, quoique Dieu favorise nos travaux, il permet qu'ils soient mêlés d'épines et de traverses, pour nous faire ressouvenir de notre lâche inf délité. Car comme il le dit lui-même (Gen. 3. 17.) : «1 » terre sera maudite dans votre travail; vous vivrez tous » les jours de votre vie des travaux de vos mains; la terre » vous produira des épines et des chardons, et vous en » mangerez les herbes; vous mangerez votre pain à la » sueur de votre visage jusqu'à ce que vous retourniez » dans la terre dont vous avez été formés; parce que vous » ôtes poudre et que vous retournerez en poudre. »

Dans la disette donc où nous sommes, Notre-Seigneur

0 UN CO sd pd by

qui nous

esoin de création, 18 pas eu s-féconde travaillé, \écessité.

rir notre honteuse; \'eussions mes pour u d’enneque nous

ous AVOns ésqu'avec fassions, n'y donne 126. 1.):

ravaillent gneur ne s veillent orise nos ot de traâche inf ) «LL ivrez tous : la terre vous en pain à la etourniez que vous ”

Seigneur

nous exhorte de nous adresser à son Père, qui a toujours les oreilles ouvertes pour nous écouter, et les mains étendues pour nous donner ce que nous lui demandons : « Demandez, dit-il (Matth. 7. 7.), et on vous donnera; » jusqu'à cette heure vous n'avez rien demandé en mon » nom : Demandez, et vous recevrez. » Il fait bien plus : il nous met dans la bouche les paroles que nous devons dire au Père céleste : « Donnez-nous aujourd'hui notre » pain de chaque jour (Luc. 11. 8.).

Notre pain.

Par le mot de pain, nous n’entendons pas seulement la nourriture, mais encore tous les secours qui nous sont nécessaires pour l'entretien de la vie corporelle, comme sont le vêtir, le logement, les remèdes dans nos maladies, le feu dans les grandes froidures, et les autres soulage-

‘ments sans lesquels il est impossible ou difficile de con-

server la vie, D'où il faut remarquer que ceux-là se trompent, qui disent que l’on ne doit point demander à Dieu les biens du corps, mais seulement ceux de l'esprit. Dieu est le Père de notre corps et de notre âme, et l’un et l’autre est destiné pour le servir, on peut donc lui demander les secours sans lesquels ils ne peuvent subsister, ni lui rendre ces qu'il demande de nous. Nous en avons tant les dans l'Ecriture que c'est une témérité d'en

ut Le patriarche Jacob fit un vœu en cette sorte (Gen. 28. 20.) : « Si le “eigneur m'accompagne et s'il me cou- » serve dans le voyage que j'entreprends ; s’il me donne du » pain à manger, et des habits pour me couvrir, en sorte » que je retours heureusement à la maison de mon père, » le Seigneur ra mon Dieu, et la pierre que j'ai érigée » en monumen Sera appelée la maison de Dieu. » Salomon demandait la sême chose lorsqu'il disait (frov. 30. &.) :

« Ne me donnez point, Seigneur, ni la pauvreté, ni les CAT. M. INC. 21

» richesses ; donnez-moi seulement ce qui m'est nécessaire » pour vivre. » Dieu est donc le Père commun à qui l'on doit demander, et de qui l’on peut espérer tout ce qui est nécessaire à la vie, ainsi que le Prophète l'explique en ces termes (Ps. 103. 27.) : « Toutes choses attendent que vous » leur donniez la nourriture en leur temps : quand vous » la leur donnez, ils la reçoivent, et quand vous leur ouvrez » votre main, ils sont remplis des effets de votre bonté. » Et ailleurs (Ps. 144. 15.) : « Les yeux de tous vous regar- » dent et espérent en vous, Seigneur, ei vous leur donnez » à manger dans le temps convenable. »

De chaque jour.

Le pain que nous demandons, c'est-à-dire, tout ce que nous demandons pour l'entretien de notre .vie, est appelé journalier, quotidien, de chaque jour; pour nous apprendre que nous ne devons point demander des mets exquis, des vins délicieux, des habits riches et qui ressentent la

vanité ou la sensualité ; mais seulement ce qui est nécessaire et qui nous peut raisonnablementsuffire. Nous demandons le pain de chaque jour, afin de réparer les parties de notre substance corporelle, que la chaleur consume chaque jour et à tout moment, et qui périrait enfin si elle n'était entretenue par de nouveaux aliments.

Donnez-nous.

Nous ne disons pas : Donnez-moi, mais donnez-nous : afin de nous faire . souvenir de la charité chrétienne, qui nous oblige d'aimer notre prochain comme nous-mêmes, et de demander à notre commun Père ses nécessités comme les nôtres propres ; afin aussi que si Dieu par sa bonté nous donne plus que le nécessaire, nous fassions part du surplus à ceux qui sont dans la nécessité.

\écessaire à qui l’on ce qui est jue en ces que vous aand vous ur ouvrez a bonté. »

Jus r'egarur donnez

ut ce que est appelé S apprents exquis, sentent la est nécesus demanparties de ne chaque elle n'était

Page 1