PRET AGEN
céleste, et comme parle un Prophète: (Amos. 8. 11.), d’avoir la famine de la parole de Dieu : « J'enverrai la » famine sur la terre; non la famine de pain et la disette » d'eau, mais la famine et la disette de la parole de Dieu. » Car comme c'est un signe de mort de ne pouvoir prendre de nourriture, ou de ne la pouvoir retenir quand on l'a prise; de même c'est une marque évidente qu'une âme est reprouvése et morte à son salut, auand elle n'écoute point la parole de Dieu, ou si elle l'écrute, qu’elle ne la met point en pratique. Ceux-là sont encore plus désespérés qui.la méprisent, et qui traitent mal de parole et d'effet ceux qui veulent les instruire de la part de Dieu, comme faisaient ceux dont il est parlé au livre de Job (21. 14.), et qui disaient : « Retirez-vous de nous; nous n'avons que » faire de la science qui nous annonce vos voies. Qui est » celui que vous appelez le Tout-Puissant, pour nous » réduire à le servir ? Et qu'avons-nous affaire de le prier? »
La grâce intérieure peut aussi être appelée le pain de l'âme : car c'est elle qui lui donne la vie, qui la soutient, qui la nourrit, qui la fortifie, qui la fait agir; et sans elle l'âme est véritablement morte à Dieu, et demeure sans mouvement et sans force dans tout ce qui regarde son salut. Saint Paul nous enseigne cette vérité quand il demande (Rom. 7. 24.) : « Qui me délivrera de ce corps de » mort; ce sera la gréoe de Dieu par Jésus-Christ Notre- » Seigneur. »
L'on peut dire encore que les larmes et les douleurs de la pénitence sont le pain de l'âme : car c'est ce pain qui fait revivre l’âme après le péché; pain véritablement cuit sous la cendre de la pénitence par la chaleur de la charité; pain par la force duquel nous allons comme fit le prophète Elie (III. Reg. 19. 8.), jusqu’à la montagne sainte, où Dieu se fait voir à ses élus. Le prophète royal a voulu parler de ce pain quand il a dit (Ps. 126. 2.) : « Après que » vous serez demeurés en repos, levez-vous, vous qui